IN MEMORIAM

GUY SENEGAS

 

Le 22 août 1988, notre ami Guy SENEGAS, directeur de foyers hors classe, nous a quittés.


Retracer sa carrière dans les foyers de la Marine de 1947 à 1983, relater ses états de services, évoquer son action, citer ses bons mots et pourquoi pas ses esclandres, remémorer sa stature... à quoi bon ?


Chacun de ceux qui l'ont connu ou, mieux encore, ont eu la chance de servir avec lui la cause des Foyers, en conserve un souvenir singulier, son regard amical, le son de sa voix, des gestes familiers, ce tutoiement naturel...


Les plus jeunes de la spécialité ASFOY doivent savoir au moins ceci :
en 1959, lorsque fut décidé d'adjoindre au personnel civil de direction des foyers des assistants militaires du contingent, c'est au DF2 SENEGAS que le Département confia la mission d'insuffler l'ESPRIT FOYER à ces jeunes gens.
Il était alors directeur du foyer du C.F.M. d'HOURTIN.
A cette époque des "opérations de maintien de l'ordre en A.F.N." (la guerre d'Algérie, si vous préférez) ce C.F.M. était archicomble en permanence, c'est dire que l'équipe d'animation des loisirs était totalement accaparée par les diverses charges de la fonction : chaque jour, l'imagination débordante de "l'animateur des animateurs" lançait une idée nouvelle qu'il fallait immédiatement concrétiser et obligatoirement transformer en succès. Un rôle supplémentaire venait de lui être attribué, qu'à cela ne tienne, un cocktail de savoir faire, de courage, de pédagogie et d'éclats de rire fut dosé : l'Ecole ASFOY était née et tout à fait viable... et le foyer continuait à tourner à plein régime.


Il réussit cette performance durant cinq ans ! puis passa le flambeau...


Dans une lettre du 26 août dernier (ndlr : 1988), notre aîné dans la profession, le DF1 Francis GARNIER m'écrivait à son sujet :

" Cet esprit "jeune" qu'il avait et dans lequel nous avons toujours baigné, loin de nous faire mesurer l'écart entre générations, a tout au contraire plutôt eu tendance à resserrer les nôtres, voire nous installer dans une sorte d'immortalité "insouciante et juvénile" frisant l'inconscience la plus totale."


Ce grand directeur de foyer hors classe avait gardé l'âme d'un ASFO : il était enthousiaste et généreux.


D.F. MARIE