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L'Histoire des Foyers : Fonds documentaire - Liste textes officiels - par NEMO le 01/03/2010 @ 11:36 |

LISTE DES TEXTES REGLEMENTAIRES
1. Organisation et fonctionnement des Cercles et Foyers (y comp ...
LISTE DES TEXTES REGLEMENTAIRES
1. Organisation et fonctionnement des Cercles et Foyers (y compris clubs nautiques des équipages)
Nature du texte (classement par date de parution) |
Objet |
Référence Bulletin Officiel |
Décret du 22 décembre 1924 |
Organisation des foyers pour les marins des équipages de la flotte. |
JORF 1924, p. 11264 |
Décret du 9 mai 1925 |
Foyers des équipages de la flotte. |
JORF 1925, p. 4467 |
Décret du 20 janvier 1940 |
Réglementation des cercles navals, cercles-mess d’officiers mariniers et des foyers des équipages. 1946. 6 juin. Décret (modificatif) (BO/M, 1946/2, p.12). 1981. 29 juillet. Décret n°81-732 (modificatif). ABROGE par décret n°2008-1219 du 25 novembre 2008 (JO n°276 du 27, texte n°56), voir code la défense (3e partie de la partie réglementaire). |
BOEM 145 |
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Création du Service Central des Sports et Foyers. |
? |
Décret du 16 janvier 1947 |
Refonte de la réglementation des clubs nautiques de la marine. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 38/SF2 du 4 février 1947 |
Clubs sportifs et artistiques. Clubs de loisirs socio-éducatifs. |
BOEM 145 |
du 4 août 1947 |
Règlement sur les foyers des équipages de la flotte. 1993. 12 février. Arrêté n°59 modifiant (BOC, p. 2041). ABROGE par arrêté n°270 du 30 novembre 2006 (BOC 9, 2007, texte 37). |
BOEM 145 |
Règlement provisoire n° 434 SF.2 du 2 décembre 1947 |
Gestion des Foyers des Equipages de la Flotte |
? |
du 9 mars 1963 |
Fonctionnement des clubs nautiques des équipages. |
? |
Arrêté du 15 mars 1966 |
Examens pour l'obtention du permis de conduire en mer les navires de plaisance à moteur. 1989. 22 mars. Arrêté modifiant. |
BOEM 145 |
Circulaire n° 1689/M/PM/1 du 27 mai 1966 |
Permis de conduire en mer les navires de plaisance à moteur. 1967. 12 mai. 1er modificatif. ABROGEE par décision du 1er septembre 1999 (BOC, p. 4064). |
BOEM 145 |
du 25 octobre 1966 |
Clubs de loisirs éducatifs et clubs professionnels. |
BOEM 145 |
Circulaire n° 14/EMM/TER du 6 janvier 1967 |
Relative aux installations électroniques destinées à la détente des équipages à bord des bâtiments. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31°. |
BOEM 145 |
Circulaire n° 257/DN/PM/SF/2 du 15 octobre 1969 |
Marque des clubs nautiques des équipages. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Instruction n° 45300/SE/CM/2 du 3 septembre 1973 |
Clubs sportifs et artistiques de la défense nationale. 1974. 15 mai. 1er modificatif. |
BOEM 145 |
Circulaire n° 266/DEF/DPMM/ASS/FC-206/DEF/Cma/O du 3 juillet 1981 |
Suppression du service de vente sport, livres, matériels divers (SLM) des services communs des foyers des équipages de la flotte. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Décret 81-732 du 29 juillet 1981 |
Organisation et fonctionnement des cercles et des foyers dans les armées. 1982. 27 septembre. Erratum (BOC, p. 3806). 1991. 14 juillet. Décret n° 91-681 (modificatif) (BOC, p. 2535). 1994. 9 mai. Erratum (BOC, p. 2138). 1995. 20 avril. Erratum (BOC, p. 2288). 1998. 4 mars. Décret n° 98-154 (modificatif) (BOC, p. 1154). 2007. 19 décembre. Décret n° 2007-1794 (modificatif) (JO n° 296 du 21, texte n° 42). ABROGE par décret n° 2008-1219 du 25 novembre 2008 (JO n° 276 du 27, texte n° 56), voir code de la défense (3e partie de la partie réglementaire). |
BOEM 145 |
Arrêté du 2 novembre 1982 |
Délégation de pouvoirs à certaines autorités militaires en matière d'organisation et de fonctionnement des cercles et des foyers dans les armées. 1984. 30 janvier. Arrêté modifiant (BOC, p. 1023). 1986. 24 janvier. Arrêté modifiant (BOC, p. 651). 1987. 18 mars. Arrêté modifiant (BOC, p. 1407). 1989. 20 juillet. Arrêté modifiant (BOC, p. 3433). 1991. 26 août. Arrêté modifiant (BOC, p. 2816). 1995. 20 avril. Erratum (BOC, p. 2288). 2007. 30 novembre. Arrêté modifiant (BOC n° 1, 2008, texte n° 11). |
BOEM 145 |
Instruction 100 DEF/DPMM/ASS/FC du 2 avril 1983 |
Fonctionnement des foyers de la marine. |
BOC, p.1707 BOEM modifié |
Décision n° 255/DEF/DPMM/ASS/FC du 28 juillet 1983 |
Fonctionnement des foyers de la première région maritime. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Décision n° 147/DEF/DPMM/ASS/FC du 21 mai 1984 |
Fonctionnement des foyers de l'arrondissement maritime de Rochefort. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
du 7 novembre 1984 |
Création des foyers clubs nautiques des équipages. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Arrêté n° 338 du 26 décembre 1984 |
Dissolution du cercle des armées de Rochefort et création d'un cercle mixte à Rochefort. |
BOEM 145 |
Décision n° 9/DEF/DPMM/ASS/FC du 21 janvier 1985 |
Dissolution du cercle d'officiers mariniers de l'arrondissement maritime de Rochefort. |
BOEM 145 |
Décision n° 49/DEF/DPMM/ASS/FC du 29 mars 1985 |
Fonctionnement des foyers de la 3e région maritime et les arrondissements de Brest et Lorient. 1985. 17 juillet. 1er modificatif (BOC, p. 5092). ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Circulaire n° 50/DEF/DPMM/ASS/FC/NP du 29 mars 1985 |
Clubs sportifs et artistiques. Clubs de loisirs socio-éducatifs. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31) |
BOEM 145 |
Circulaire n° 28162/DEF/CAB/SDBC/K du 11 juin 1985 |
Redevances des droits d'auteurs dues à l'occasion des représentations théâtrales ou chorégraphiques organisées par les armées. |
BOEM 145 |
Circulaire n° 28167/DEF/CAB/SDBC/K du 11 juin 1985 |
Redevances des droits d'auteurs dues à l'occasion de diverses manifestations organisées par les armées. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 5/DEF/DPMM/ASS/ARB du 18 septembre 1986 |
Statuts des clubs nautiques de la marine. 1987. 11 décembre. Arrêté modifiant. ABROGEE par arrêté n° 173 du 28 juin 2000 (BOC, p. 2976). |
BOEM 145 |
Directive n° 11062/DEF/DAG/AA/2 du 14 novembre 1986 |
Respect par les armées des droits de reproduction et de représentation d'oeuvres audiovisuelles. |
BOEM 145 |
Décision n° 1/DEF/DPMM/ASS/FC du 13 janvier 1987 |
Dissolution du foyer club nautique des équipages de la marine à Paris. |
BOEM 145 |
Décision n° 5/DEF/DPMM/ASS/FC du 27 janvier 1987 |
Création du foyer commun club sportif et de loisir de Brest. |
BOEM 145 |
Décision n° 9/DEF/DPMM/ASS/FC du 27 janvier 1987 |
Dissolution du cercle d'officiers mariniers de l'arrondissement maritime de Rochefort. |
BOEM 145 |
Circulaire n° 54/DEF/DPMM/ASS/FC du 28 novembre 1989 |
Clubs nautiques des équipages. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Circulaire n° 155/DEF/DPMM/ASS du 16 juillet 1992 |
Assurances des cercles militaires. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Décret n° 92-1166 du 21 octobre 1992 |
Conduite en mer des navires de plaisance à moteur. 1994. 17 mai. Décret n° 94-411 (modificatif). |
BOEM 145 |
Arrêté du 23 décembre 1992 |
Examens pour l'obtention de la carte mer et du permis mer. 1994. 1er juin. Arrêté modifiant. |
BOEM 145 |
Arrêté 59 DEF/DPMM/ASS du 12 février 1993 |
Règlement général des foyers dans la marine nationale 1994. 1er décembre. Arrêté n° 211 modifiant (BOC, p. 4902). ABROGE par arrêté n° 270 du 30 novembre 2006 (BOC 9, 2007, texte 37). |
BOEM 145 |
Instruction n° 29/DEF/EMM/OPL/STN du 1 juin 1993 |
Emploi et organisation des moyens photographiques et audiovisuels de la marine. |
BOEM 145 |
Instruction n° 99/DEF/DPMM/ASS du 13 janvier 1994 |
Organisation et fonctionnement des foyers dans la marine nationale. 1994. 30 novembre. 1er modificatif (BOC, 1995, p.49). 1995. 9 février. Erratum (BOC, p. 936). 1996. 28 février. 2e modificatif (BOC, p. 1304). 2003. 2 avril. 3e modificatif (BOC, p. 3362). ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Instruction n° 105/DEF/DPMM/ASS du 17 janvier 1994 |
Exploitation des moyens audiovisuels de distraction de la marine. 1994. 4 juillet. 1er modificatif. ABROGEE par instruction n° 281/DEF/EMM/RH/CPM du 23 juin 2005 (BOC, p. 4463). |
BOEM 145 |
Décision n° 147/DEF/DPMM/ASS du 30 mai 1994 |
Création d'un foyer d'unité au bataillon des marins pompiers de Marseille. |
BOEM 145 |
Décision n° 158/DEF/DPMM/ASS du 4 juillet 1994 |
Dissolution du foyer de la base aéronautique navale d'Aspretto. |
BOEM 145 |
Arrêté du 3 mai 1995 |
Obtention par équivalence des titres de conduite en mer des navires de plaisance à moteur. |
BOEM 145 |
Instruction n° 152/DEF/DPMM/ASS du 11 octobre 1995 |
Organisation et fonctionnement des cercles navals et des cercles d'officiers mariniers. 1996. 20 février. 1er modificatif (BOC, p. 1136). 2001. 9 juillet. 2e modificatif (BOC, p. 4098). ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Décision n° 162/DEF/DPMM/ASS du 22 septembre 1997 |
Réorganisation des foyers du centre d'instruction naval de Saint-Mandrier. |
BOEM 145 |
Décision n° 109/DEF/DPMM/ASS du 4 février 1998 |
Dissolution des foyers d'unités centre vie Rochambeau, centre vie Blaison et à la création d'un foyer commun Cherbourg centre vie. |
BOEM 145 |
Décision n° 23384/DEF/CAB du 1 juillet 1999 |
Réorganisation du mess du cabinet du ministre de la défense. RETIRE par décision n° 58/DEF/CAB du 3 janvier 2000 (BOC, p. 416). |
BOEM 145 |
Décision n° 58/DEF/CAB du 3 janvier 2000 |
Réorganisation du mess du cabinet du ministre de la défense. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 173 du 28 juin 2000 |
Organisation et fonctionnement des clubs nautiques de la marine nationale. |
BOEM 145 |
Décision n° 194/DEF/DPMM/ASS du 30 novembre 2000 |
Organisation et fonctionnement du club nautique de la marine à Cherbourg. |
BOEM 145 |
Décision n° 101/DEF/DPMM/ASS du 2 janvier 2001 |
Organisation et fonctionnement du club nautique de la marine à Lorient. |
BOEM 145 |
Décision n° 117/DEF/DPMM/ASS du 23 février 2001 |
Organisation et fonctionnement du club nautique de la marine à Brest. |
BOEM 145 |
Décision n° 184/DEF/DPMM/ASS du 13 août 2001 |
Organisation et fonctionnement du club nautique de la marine à Toulon. |
BOEM 145 |
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Mission des cercles de la marine. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 254 du 30 septembre 2002 |
Dissolution du cercle mixte de Rochefort. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 121 du 17 juin 2003 |
Dissolution du foyer d'unité du centre marine Pépinière et création du foyer commun Lutèce. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 145 du 10 juillet 2003 |
Dissolution du foyer commun La Condamine et création du foyer commun centre de ré-oxygénation des sous-mariniers. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 183 du 24 septembre 2003 |
Création du foyer commun club sportif, artistique et de loisirs de la marine à Paris. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 184 du 24 septembre 2003 |
Création du foyer d'unité de la base navale de Papeete. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 213 du 14 octobre 2003 |
Dissolution du foyer du centre d'instruction naval de Querqueville et création du foyer de l'école des fourriers de Querqueville. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 253 du 16 décembre 2003 |
Dissolution du groupe des foyers de Tahiti et création du foyer commun de Tahiti. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 120 du 28 mai 2004 |
Création du foyer commun Téranga de la marine du Cap-Vert. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 263 du 8 décembre 2004 |
Dissolution du foyer club sportif de la marine à Cherbourg et création du foyer commun club sportif artistique et de loisirs de la marine à Cherbourg. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 46 du 3 mars 2005 |
Dissolution du foyer du marin et du cercle des officiers mariniers de Brest et création d'un cercle de la marine à Brest. |
BOEM 145 |
Instruction n° 281/DEF/EMM/RH/CPM du 23 juin 2005 |
Exploitation des moyens audiovisuels de distraction de la marine. ABROGEE par instruction n° 000-11915-2007/DEF/EMM/CPM du 22 mai 2007 (BOC 18, texte 77). |
BOEM 145 |
Arrêté n° 263 du 16 décembre 2005 |
Dissolution du foyer du marin Chazelle à Lorient. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 268 du 22 décembre 2005 |
Dissolution du foyer commun club sportif artistique et de loisirs de la marine à Cherbourg et création du cercle sportif et culturel de la marine à Cherbourg. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 269 du 22 décembre 2005 |
Dissolution du foyer commun club sportif artistique et de loisirs de la marine à Paris et création du cercle sportif et culturel de la marine à Paris. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 270 du 22 décembre 2005 |
Dissolution du foyer commun club sportif artistique et de loisirs de la marine à Toulon et création du cercle sportif et culturel de la marine à Toulon. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 271 du 22 décembre 2005 |
Dissolution du foyer commun club sportif artistique et de loisirs de la marine à Lorient et création du cercle sportif et culturel de la marine à Lorient. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 272 du 22 décembre 2005 |
Dissolution du foyer commun club sportif artistique et de loisirs de la marine à Brest et création du cercle sportif et culturel de la marine à Brest. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 158 du 22 juin 2006 |
Organisation des cercles et des foyers de l'arrondissement maritime de la Méditerranée. 2007. 14 juin. Arrêté modifiant (BOC 18, texte 90). |
BOEM 145 |
Arrêté n° 166 du 28 juin 2006 |
Organisation des cercles et des foyers de l'arrondissement maritime de la Manche et de la mer du Nord. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 167 du 28 juin 2006 |
Organisation des cercles et des foyers relevant du commandant de la marine à Paris. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 169 du 30 juin 2006 |
Organisation des cercles et des foyers de l'arrondissement maritime Atlantique. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 270 du 30 novembre 2006 |
Réglement général du service commun des cercles et des foyers dans la marine nationale. 2007. 5 juin. Erratum (BOC 18, texte 84). |
BOEM 145 |
Instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 |
Organisation et fonctionnement des cercles et des foyers dans la marine nationale. 2007. 16 août. Erratum (BOC 24, texte 22). 2007. 27 novembre. Erratum (BOC 31, texte 18). |
BOEM 145 |
Instruction n° 000-11915-2007/DEF/EMM/CPM du 22 mai 2007 |
Exploitation des moyens audiovisuels de distraction de la marine. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 000-38251-2007 du 14 juin 2007 |
Modifie l'arrêté n° 158 du 22 juin 2006 portant organisation des cercles et des foyers de l'arrondissement maritime Méditerranée. |
BOEM 145 BOC 20, texte 21 |
Arrêté n° 000-38252-2007 du 14 juin 2007 |
Organisation du cercle mixte des marins pompiers de Marseille. |
BOEM 145 BOC 20, texte 21 |
Décret n° 2008-1219 du 25 novembre 2008 |
Dispositions réglementaires de la troisième partie du code de la défense. |
J.O. 27 novembre 2008 |
Arrêté du 24 décembre 2008 |
Dissolution du cercle naval de l'établissement des constructions et armes navales d'Indret. |
BOEM 145 |
Arrêté n° 0-7056-2009 du 11 mars 2009 |
Organisation des clubs nautiques de la marine nationale. Texte abroge : arrêté n° 173 du 28 juin 2000 |
BOEM 145 |
Arrêté n° 0-54212-2009 du 26 octobre 2009 |
Création du cercle mixte interarmées de Tahiti. |
BOEM 145 |
2. Le personnel
Nature du texte (classement par date de parution) |
Objet |
Référence Bulletin Officiel |
Circulaire n° 478 SF du 25 novembre 1946 |
Tenue du personnel |
B.O. p.1289 |
Instruction n° 138 SF.2 du 30 avril 1949 |
Recrutement du personnel de direction des foyers. |
? |
du 15 octobre 1954 |
Statut du Personnel de direction des foyers des équipages de la flotte. 1984. 20 septembre. 4° modificatif. ABROGE par décision n°145/DEF/DPMM/ASS du 14 juin 1996 (BOC, p. 2852). |
BOEM 145 |
Circulaire n° 435 M/PM/SF.2 du 30 octobre 1962 |
Personnel de direction des foyers. |
? |
Circulaire n° 4586 M/2 PM2 du 31 octobre 1963 |
Tenue et régime d'alimentation du personnel militaire de Direction des foyers. |
BO/M p.3559 |
Circulaire n° 330 M/PM/SF/2 du 17 octobre 1966 |
Affiliation des foyers au régime de l'assurance chômage. ABROGE par l'instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Arrêté n° 66 du 13 mai 1975 |
Tenues et uniformes dans la Marine Nationale. Remplacé par l'instruction n° 1/DEF/EMM/RH/CPM du 15 juin 2004 |
BOEM 557-1 |
Instruction n° 210/DEF/DPMM/ASS/FC du 30 mai 1978 |
Attribution au personnel civil de direction des foyers d'une indemnité pour difficultés de logement, et d'indemnités forfaitaires liées au nombre et à la fréquence des mutations. 1986. 19 décembre. 1er modificatif. ABROGEE par décision n° 119/DEF/DPMM/ASS du 10 avril 1997 (BOC, p. 2399). |
BOEM 145 |
Note-Circulaire n° 347/DEF/DPMM/ASS/FC du 8 novembre 1983 |
Formation du personnel non spécialisé, appelé à diriger les foyers. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Circulaire n° 83/DEF/DPMM/ASS/FC du 25 juin 1985 |
Tenue et régime d'alimentation des personnels militaires des foyers. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Arrêté 252 du 22 octobre 1990 |
Tenues et uniformes dans la marine (14e modificatif) |
BOC PP N° 43 |
Instruction n° 199/DEF/DPMM/ASS du 13 décembre 2000 |
Organisation de la spécialité d'assistant de foyer. ABROGEE par instruction n° 111/DEF/DPMM/ASL du 13 février 2003 (BOC, p. 2357). |
BOEM 145 |
Instruction n° 111/DEF/DPMM/ASL du 13 février 2003 |
Organisation de la spécialité d'assistant de foyer. ABROGEE par décision n° 498/DEF/DPMM/DIR du 22 décembre 2005 (BOC, 2006, p. 284). |
BOEM 145 |
Instruction n° 119/DEF/EMM/RH/CPM du 16 janvier 2006 |
Organisation de la spécialité d'assistant de foyer. |
BOEM 145 |
3. Comptabilité - Finances
Nature du texte (classement par date de parution) |
Objet |
Référence Bulletin Officiel |
Arrêté n° 289 SF.2 du 6 juillet 1953 |
Comptabilité des foyers |
BOEM 145 |
Instruction n° 500 SF.2 du 31 décembre 1953 |
Comptabilité des foyers |
n.i. au B.O. |
Arrêté n° 42 du 18 mai 1955 |
Comptabilité des foyers des Equipages de la Flotte |
B.O. p.1771 |
du 25 mai 1955 |
Comptabilité des foyers des Equipages de la Flotte |
? |
Réglement n° 450/SF/2 du 27 juin 1956 |
Gestion et comptabilité des cercles navals et des cercles d'officiers mariniers. 1982. 25 novembre. 2° modificatif. ABROGE par instruction n° 4/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 10 janvier 2002 (BOC, p. 591). |
BOEM 145 |
Instruction provisoire n° 1800 DEF/CMa/1 du 15 novembre 1984 |
Comptabilité des foyers |
n.i. au B.O. |
du 25 juin 1985 |
Crédits des clubs de loisirs socio-éducatifs 1986. 15 avril. 1er modificatif (BOC, p. 2431). 1986. 25 septembre. 2e modificatif (BOC, p. 6248). 1990. 3 mai. 3e modificatif (BOC, p. 2101). ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Instruction n° 930 DEF/CMA1 du 22 septembre 1986 |
Comptabilité des foyers |
BOEM 145 |
Instruction n° 164/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 27 novembre 1992 |
Comptabilité des foyers de la marine 1997. 27 juin. 2e modificatif (BOC, p. 3086). ABROGEE par instruction n° 98/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 29 octobre 1999 (n.i. BO). |
BOEM 145 |
Instruction n° 98/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 21 novembre 2000 |
Comptabilité des foyers de la marine. 2000. 29 décembre. Erratum (BOC, 2001, p. 213). 2002. 1er juillet. 1er modificatif (BOC, p. 5240). ABROGEE par instruction n° 0-57154-2007/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 26 septembre 2007 (BOC n° 29, texte n° 33). |
BOEM 145 |
Instruction n° 176/DEF/DPMM/ASS du 5 juillet 2001 |
Constitution d'un fonds d'entraide au profit des cercles de la marine. ABROGEE par instruction n° 000-83833-2007/DEF/EMM/CPM du 19 février 2007 (BOC 16, texte 31). |
BOEM 145 |
Instruction n° 4/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 10 janvier 2002 |
Comptabilité des cercles navals, des cercles mixtes interarmées relevant de la marine et des cercles d'officiers mariniers. 2002. 19 février. Erratum (BOC, p. 1482). ABROGEE par instruction n° 0-57154-2007/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 26 septembre 2007 (BOC n° 29, texte n° 33). |
BOEM 145 |
Instruction n° 0-57154-2007/DEF/DCCM/ADM/UNITES du 26 septembre 2007 |
Comptabilité des cercles et des foyers de la marine. 2008. 4 juillet. 1er modificatif (BOC 30, texte 11). |
BOEM 145 |
Circulaire n° 0-17604-2009/DEF/DPMM/SCCF du 7 avril 2009 |
Taux de cotisation au fonds commun des cercles et des foyers. Texte abrogé : circulaire n° 0-15282-2008/DEF/DPMM/SCCF du 28 février 2008 (n.i. BO). |
BOEM 145 |

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L'Amicale : IL ETAIT UN ASFOY... - par NEMO le 27/01/2010 @ 12:26 |

IL ETAIT UN ASFOY... Un récit de Pierre Vieuville
Chapitre 1 : LE DECLIC
Chapitre 2 : L'ECO ...
IL ETAIT UN ASFOY... Un récit de Pierre Vieuville
Chapitre 1 : LE DECLIC
Nous sommes en 1970, je viens d’être affecté à la base sous-marine de Toulon, après une année passée à l’Ecole des Apprentis Mécaniciens et six mois à l’Ecole d’Armes sur le Jean Bart.
Mon premier contact réel avec les Foyers a lieu dès le premier soir de mon arrivée, les copains m’invitent à prendre un pot après le dégagé.
Nous accédons au Foyer Nautilus, par un escalier externe, dominant la darse où sont amarrés les bateaux noirs. La salle est carrelée de damiers noirs et blancs ; vous verrez plus tard l’importance de ce carrelage. A droite, en entrant, il y a la bimbeloterie, tenue de main de maître par Madame Valet Evelyne - ah ! Evelyne, tu es notre petite évasion des tourments de la vie sur la base ; nous n’achetons jamais plus d’un article à la fois, de façon à avoir de nouveau l’occasion de discuter quelques minutes avec toi - puis le comptoir du bar équipage, tenu par un appelé et un « chouf » (ndlr : quartier-maître chef).
« Building », un de mes premiers collègues, commande une caisse de bières. Le barman s’exécute et dépose le casier en plastique rouge avec ses 24 « kro ».
Dans un angle, face au comptoir, il y a le bureau du directeur, un homme rondouillard, toujours souriant, les lunettes à cheval sur le haut de son front qui commence à se dégarnir.
- Pierrot, je te présente : Monsieur Philippi, directeur de son état et ami de surcroît !
- Phil, Pierrot, un normand nouvellement affecté, nous venons fêter son embarquement !
Poignée de main et nous prenons un pot tous ensemble.
Si on faisait une partie de dames ? D’accord, répondent en chœur mes collègues assis autour de deux des six tables de la salle du bar.
« Tugudu » commande deux autres caisses et nous disposons les bouteilles pleines sur les carreaux du sol. Certaines bouteilles conservent leurs étiquettes, on les arrache sur les autres et la partie peut commencer. La règle est simple, chaque bouteille gagnée doit être bue, et l’équipe gagnante boit les pions restants à l’adversaire, il est difficile d’en gagner plus de deux parties, à moins d’avoir un grande capacité de stockage.
Je bosse avec un grand escogriffe, prénommé « Jimmy », il a tout du « Grand Duduche » : de grandes lunettes, les cheveux blonds, longs, pour un militaire, mais pas pour un sous-marinier. Nous sommes affectés au local mécanismes, un aquarium climatisé, au linoléum ciré. Les patins sont obligatoires, dès que vous avez franchi le sas anti-poussière.
A 16 h 30, Jimmy m’entraîne vers le Foyer. Après avoir salué Phil, nous descendons vers un local du rez-de-chaussée dont la porte arbore, pompeusement une plaque : « salle de musique ».
Jimmy entre le premier, je lui emboîte le pas. Deux gars sont déjà là. L’un est derrière une batterie, l’autre est en train d’accorder une guitare. Les présentations faites, Jimmy me dit qu’avec deux ou trois copains, ils sont en train de monter un orchestre et un spectacle comique à base de sketches et d’imitations.
Ils doivent se réunir le soir même après souper. Je décide de venir voir de quoi il retourne et, le soir, je viens à la répétition. L’orchestre est composé de quatre musiciens, deux guitaristes, un batteur et un organiste. Il y a aussi deux gars qui interprètent des sketches : des Frères Ennemis, de Jean Yann, Bedos et quelques autres. Pour ma part, je suis un peu imitateur.
J’ai à mon répertoire le métro parisien, la mobylette, la 4 CV, la tronçonneuse, Bourvil, Fernandel, Yves Montand, Mouloudji, Adamo, Hugues Aufray et quelques autres.
Après une rapide audition, ils décident de m’intégrer à leur troupe. Philippi assure la partie financière et la logistique, nous avons un ou deux électriciens qui s’occupent de la technique et un public fidèle et acquis à notre cause, qui nous suit de Foyer en Foyer, quelle que soit la qualité de la prestation. Mais, elle est généralement de bonne qualité.
Au Vème Dépôt, il y a l’Ecole des Assistants de Foyer, dirigée par Madame Verne. Nous la rencontrons pour préparer le spectacle de fin de cours de la promotion qui termine sa formation à la fin du mois.
Pour mes amis, qui en sont à leur troisième ou quatrième prestation, leur spectacle est déjà bien rodé. Quant à moi, pour mes débuts, j’ai préparé un pot pourri d’histoires paysannes normandes et une ou deux imitations. La vedette revenant aux élèves ASFOY, dont je ne me souviens pas exactement de la teneur de la partie du spectacle qui leur était consacrée.
Ce qui est sûr, c’est que le succès que nous avons remporté, dans l’ensemble, est surtout du à l’orchestre et aux sketches des Frères Ennemis et de Jean Yann.
Ce que j’ignorais, c’est que ce premier spectacle dans la Marine, cette nouvelle montée sur les planches, (j’ai commencé à 4 ans, à la maternelle, j’y tenais le premier rôle), allait être déterminant pour le reste de ma carrière.
Madame Verne, que nous appelions affectueusement : « Mémée », à son insu, s’intéressait de prés à la qualité de la prestation de chacun, et, durant les pots qui suivaient chacun des spectacles, elle n’avait de cesse que de tenter de nous enrôler dans la spécialité d’Assistant de foyer.
Notre spectacle était au point, Philippi, surnommé « la p’tite boule » a décidé de nous faire tourner dans tous les Foyers de l’arsenal de Toulon et des bases alentours.
Pendant plus de deux ans, nous avons écumé les salles des Foyers de la III° région maritime, avec un certain succès. Et je me sentais de plus en plus proche de ces matelots ou seconds qui avaient pour boulot de s’occuper des loisirs des équipages. Je commençais à glisser lentement et de façon incontrôlée vers ce qui allait devenir ma carrière dans la Marine pour les années suivantes.
L’Ecole ASFOY avait été déplacée au CIN St-Mandrier, j’y suis parti faire mon cours de « chouf », en 1972 et j’ai retrouvé de suite mes habitudes de la base sous-marine et du Vème Dépôt.
Le temps passé au CIN m’a paru durer une éternité, les missiles, roquettes, torpilles étaient loin d’être ma tasse de thé. Je me foutais, de plus en plus royalement, de la spécialité de missilier ASM.
Passionné de sport, je jouais au rugby et continuais le hockey surglace à la patinoire de La Garde. Je faisais même parti maintenant de l’équipe première. Le mardi soir, le Foyer organisait une sortie patinoire, ce qui nous permettait de faire un « breack », au milieu de notre semaine de cours.
C’est à l’occasion de l’une de ces sorties que je retrouvais celle qui allait devenir ma femme.
Je suis sorti bon dernier de mon cours, avec la mention : « se désintéresse totalement de la spécialité de missilier, devrait être orienté vers un poste de clown, dans un cirque ».
Début 1973, je suis affecté sur un escorteur rapide, Le Béarnais. Je me suis marié avec Martine durant le cours, car, je devais partir faire un stage Tartar aux Etats-Unis, mais cela n’a pas abouti.
Je passe sur les péripéties survenues à chacune de nos escales pour en arriver à Madagascar. Ile merveilleuse, sauvage, dévastée à notre arrivée, en 1973, par un cyclone.
En tant que vaguemestre, je sortais tous les jours ouvrables pour aller à la poste navale de l’unité marine de Diégo Suarez, et je ne manquais pas de faire un détour par le Foyer, dont le directeur, Jean René Gonidec ne tarda pas à devenir un ami.
Quelquefois, pour ne pas dire à chaque fois, je m’arrêtais au Foyer Surcouf. Il dominait la rade de Diégo, et son directeur, l’assistant de foyer Thomas, était aussi poilu qu’un œuf. Qu’à cela ne tienne, il ajoutait à l’exotisme du lieu et les « ramas » qui bossaient au Foyer étaient charmantes. Toujours souriantes, comme leur directeur, il ne m’en souvient pas de l’avoir vu un jour faire la gueule. Ses « Ray-Ban » constamment sur le nez, il me faisait penser à ces pilotes de chasse américains de la seconde guerre mondiale. Il avait un « ninas » au coin des lèvres, sa tenue blanche mettait en valeur son bronzage parfait, les reflets du soleil, sur son crane chauve, me rappelaient Yul Brunner.
Le séjour à Madagascar fut des plus agréables, Martine m’y avait rejoint avec quelques autres femmes mariées à des gars du bord. Nous mangions à « La Caravelle », où le potage était souvent agrémenté d’insectes, projetés dans nos assiettes par de grands ventilateurs qui brassaient l’air chaud et humide, jour et nuit.
Après les matches de rugby, contre la Légion, ils étaient les seuls à accepter de nous rencontrer, nous prenions un pot alternativement à l’UM ou à la popote de la Légion.
Jean-René et Thomas nous ont organisé, une fois, un voyage au lac sacré d’Anivoran. Cet épisode ne manque pas de sel, nous avons embarqué à une trentaine dans des camions Citroën bâchés et dans deux 2CV commerciales.
Les pistes étaient défoncées par le cyclone et impraticables au franchissement des rivières jalonnant le parcours.
Une fois arrivés au lac, Jean-René nous a raconté la légende. Il s’agirait, de l’histoire d’un vieil homme, allant de village en village. Arrivé à Anivoran, il a demandé à boire aux habitants qui le lui ont refusé, à l’exception d’un seul. En guise de représailles contre ces mauvais hôtes, il a fait pleuvoir durant des jours et des nuits, engloutissant le village et ses habitants qu’il transforma en crocodiles, tous, sauf celui qui lui avait donné à boire, afin qu’il puisse raconter aux nouveaux habitants ce qui s’était passé.
Et, c’est pourquoi, quand des voyageurs passent dans le, village, ses habitants les accueillent en tuant un zébu et en leur offrant l’hospitalité.
Nous avons donc assisté au sacrifice et à la distribution des bas morceaux aux crocodiles qui hantent les eaux sombres du lac sacré, puis, nous avons dégusté, tous ensemble, les bons morceaux et le cochon grillé. Le tout arrosé de bière et de vin du bord avant que de « savourer » la « betsa-betsa » (ndlr : alcool local).
Le retour vers Diégo ne fut pas plus agréable que l’aller. Il s’en fallut de peu, que nous ne restions bloqués au beau milieu d’une rivière en crue. Resté au volant de la 2 CV, Jean-René nous encourageait de la voix, tandis que nous poussions la voiture, afin de la sortir de sa mauvaise posture. Dès que les roues avant ont accroché le dur, la voiture a fait un bon et je me suis retrouvé à plat ventre dans la boue, sous les éclats de rire des occupants des camions, tranquillement assis pour assister au spectacle, se gardant bien de venir nous aider.
De Toulon à Madagascar, nous avions comme commandant le C.C. Turcat, frère du pilote de Concorde, mais son temps de commandement finissait durant notre voyage.
Son remplaçant était le C.C. Remy, la prise de commandement se fit à Diégo et le repas dansant était organisé par le foyer Surcouf et son directeur : Thomas.
Le buffet froid fut un succès, l’orchestre alternait les musiques locales et les chansons à la mode en métropole. Au cours d’un « sega » endiablé, Martine se retrouva à danser entre les deux pachas. Nous avons passé une excellente soirée, même si elle présageait le retour.
Par trois fois, nous avons chanté : adieu Diego ; les deux premières, nous fîmes demi tour dans les passes. Les bateaux dont le nom commence par un « B » ont tous eu du mal à quitter Madagascar : le Balny, le Brestois, le Béarnais et j’en ignore sûrement d’autres.
Quand ce fut la bonne, nous avons tous eu un pincement au cœur, en voyant : les amis, les familles, les ramas agiter leurs mouchoirs sur la terrasse du Foyer Surcouf.
« Adieu Diégo, nous n’irons plus,
A Tanambo, le soir venu,
Pour y chiquer une anisette,
Avec cent sous de cacahuètes, … »
Un jour, le pacha en second me convoqua dans son bureau. Sur son bureau, il y avait la liasse de messages que nous recevions chaque jour à bord.
- Vieuville, je viens de voir passer un message qui devrait vous concerner.
Il me tend un papier vert où il est écrit que :
" L’Ecole des Assistants de Foyer recrute du personnel de toutes les spécialités, pour suivre un cours débutant début 74."
" Que dois-je répondre" me demande le CC Cerisier, en prenant un bloc messages ?
- Commandant, vous pouvez répondre que je suis partant pour faire ce cours d’Asfoy.
- Vous débarquerez à notre arrivée, car votre candidature est d’ores et déjà retenue par la directrice de l’école, Mme Verne.
- Vous serez affecté temporairement à la B.S.M. Toulon, où vous assurerez la formation des sous-mariniers Pakistanais, aux torpilles et tubes.
- Vous êtes bien interprète d’anglais, n’est-ce pas ?
- Bonne chance et continuez d’animer « radio Béarnais » et d’assister l’officier de relations publiques durant les escales du retour.
Il me serre la main et je sors en effectuant le salut et le demi-tour réglementaires.
A suivre...

Chapitre 2 : L'ECOLE DES ASSISTANTS DE FOYER
Nous sommes début 1974, je rejoins avec sept autres élèves le C.I.N., je connais déjà les lieux pour y avoir séjourné plusieurs mois en 1972, pendant mon cours de Formation d’officier marinier missilier. Le centre est toujours aussi impersonnel, les bâtiments sont en éternelle finition.
L’Ecole des Assistants de Foyer est située au niveau le plus bas du Foyer. Dans le hall d’entrée, des cages à oiseaux et de grands aquariums occupent deux murs, en face des cages, un autre aquarium, destiné celui-là aux animateurs de loisirs et à la distribution des boules, clés de clubs et autres jeux de société.
Je redécouvre un Foyer qui commence à trouver sa personnalité. Nous sommes accueillis par l’adjudant de compagnie ; Bernard Linder, l’Asfoy Poisson (instructeur photo), et deux autres membres de l’école.
La matinée est réservée aux diverses présentations : locaux, salle de cinéma, clubs de dessin, poterie, maquettisme...
Nous sommes dirigés vers la salle où nous ferons nos cours.
Vers dix heures, Madame Verne fait son entrée, un large sourire aux lèvres, elle avance d’un pas décidé et sûr. Nous nous présentons, tour à tour, sans souci de l’étiquette, ni des conventions.
Le premier à s’y atteler est Jean-Luc Richard, il fait un rapide compte rendu de son expérience dans la Marine et de ce qu’il attend de sa future spécialité d’Asfoy.
Dans le désordre, il y a : Alain Pascal, Renault, Pascal Soubeyran, Graignic, Frezel, Garrofe, Jean-Luc Richard et moi, Pierre Vieuville.
Je suis le plus ancien dans la Marine et j’ai le grade de second maître, mais je ne suis pas le plus âgé.
Après un petit apéro, nous allons déjeuner au mess O.M. L’après midi est consacré à la présentation de nos divers instructeurs et professeurs. Nous complétons nos dossiers et nous avons une discussion personnelle avec les instructeurs, nous apprenons enfin ce que va nous réserver notre temps de formation. Il y a des maths, du français, du calcul mental, de la comptabilité, de la formation aux divers arts plastiques, à la photo, au théâtre, à l’organisation de soirées, de concours de toutes sortes, projectionniste, enfin de tout ce qu’il nous faudra connaître et maîtriser dans notre future spécialité.
Le soir, nous sommes de service dans l’un des clubs ou dans les diverses salles du Foyer ou nous avons quartier libre à partir du dégagé.
Tous les matins, nous avons des cours de formation générale, l’après midi étant consacré aux autres types d’activités liées à l’animation et aux arts plastiques.
En parallèle à notre B.A.T., il y a un cours de B.E.; ce sont des appelés du contingent qui suivent une formation d’Adjoint au directeur de foyer dans les unités à terre, il n’y a pas encore de poste Asfoy embarqué.
Que dire des cours, magistraux, ciblés, il y a peu de part à l’improvisation. Cela aurait du me faire réagir et attirer mon attention sur le fait que le boulot d’Asfoy, est avant tout celui d’un comptable, d’un administrateur et seulement après d’animateur.
Qu’à cela ne tienne, l’ambiance est sympa, les instructeurs fermes mais tolérants. Les après-midi nous amènent un peu de détente, Jeanne « Véronique » Vaschetto, une superbe femme blonde assure les cours d’arts plastiques. Nous apprécions ses cours, nous y participons avec plus ou moins de réussite, mais, de bon cœur.
Bernard Poisson nous fait découvrir la photo et ses ficelles. Prises de vues, développement des pellicules dans la chambre noire, où il règne un certain nombre de mystères, tirage des clichés en noir et blanc.
Pour le théâtre, c’est un appelé qui assure la formation de base, il a de bonnes connaissances et beaucoup de pratique, on sent bien qu’il maîtrise son sujet.
Pendant une semaine, Madame Verne fait venir une de ses vieilles connaissances : Georges-Robert Deshougues qui est professeur d’art dramatique au CREPS de Boulouris. Nous découvrons diverses méthodes de concentration, respiration, mémorisation, bases du métier d’acteur. Les conseils avisés et précis de G-Robert nous font découvrir les ressources insoupçonnées que nous avons en nous.
Les jours, semaines et mois passent très vite, les « œuvres » que nous avons réalisées en art plastique vont être exposées, notées, jugées. Une anecdote à ce sujet, nous avons fait des poteries, des sculptures et il faut maintenant les cuire. Mise au four des diverses réalisations, cuisson et ouverture du four. Là, la surprise est de taille, toutes les poteries et sculptures ont explosé, toutes sauf : un moine tibétain et une vierge devenue noire par l’excès de température.
Nous avons fait un stage super 8 avec un technicien de Kodak. Une fois encore, je ne suis pas à la caméra, mais j’interprète un jeune marié avec la femme de Graignic , il se déroule, en partie : à la Sainte Baume et au club nautique de St-Mandrier. Le scénario ne vole pas haut, mais le but étant d’apprendre à manier la caméra et les appareils photo, l’ensemble de notre œuvre est assez réussi, même, si elle ne restera pas dans les annales cinématographiques des Armées.
Nous avons aussi appris à barrer un dériveur, les règles de sécurité et de navigation, juste ce qu’il faut pour tenir un club nautique.
Chaque mois, à la fin du cours de B.E., une soirée cabaret est organisée. Les B.E. assurent la grande partie du spectacle, quant à nous et divers intervenants extérieurs, nous complétons le programme de façon à tenir deux heures.
Je dois dire qu’il y a eu de grands moments : partie de cartes de Pagnol, sketches et imitations à la mode, l’orchestre du C.I.N. se produit et assure les enchaînements.
Nous sommes en juillet 1974, Madame Verne m’appelle dans son bureau.
- Pierrot, tu es le plus ancien dans la Marine, tu vas sortir deuxième du cours et il me faut un volontaire pour partir en Corse, prendre le poste de directeur du Foyer La Magicienne de la B.A.N. Aspretto. Nous avons pensé à toi, nous en avons discuté longuement avec les instructeurs et nous ne voyons que toi. Martine, ta femme est enceinte de cinq mois et nous comprendrions tes réticences. Vous en parlez et tu me donnes ta réponse demain.
Le lendemain matin, je donne une réponse positive à « Mémée ».
- Merci, je savais que tu accepterais.
- Tu ne vas pas finir le cours, tu prends l’avion à Hyères, lundi matin, Monsieur Hibschele t’attendra à Campo Del Oro. En juillet, tu le remplaceras pendant ses permissions. Tu reviendras pour recevoir ton insigne et tu prendras sa suite courant août.
- Tu as trois jours avant de partir, profites-en bien, m.... et bonne chance.
Ce qui fut dit fut fait et c’est avec une affectation en poche que je revins au CIN pour quelques jours.
Toutes les bonnes choses ayant une fin, après une dernière séance de calcul mental, un dernier devoir de français, et des contrôles de connaissances de ce que nous avions appris pendant notre cours, l’heure du bilan a sonné.
La cérémonie des insignes représente un moment important, je quitte le corps des équipages de la flotte pour devenir agent militaire. Plus question de porter des galons, mais un insigne doré sur la poitrine et des épaulettes arborant l’insigne or des Foyers.
A suivre...

Chapitre 3 : LA CORSE ET LA B.A.N. ASPRETTO
C’est donc fin août 1974, que ma prise de fonction a lieu. Après un rapide vol Hyères-Campo Del Oro, une heure environ sur un Nord 262 de la 55 S, la haute silhouette massive d’Hibschele se détache sur le goudron gris du tarmac.
La chaleur est étouffante, à certains endroits, le bitume est même fondu, la piste laisse voir des taches d’eau, un mirage bien sûr.
Les deux canadairs de la Sécurité civile sont prêts à partir, leur allure de gros oiseau de mer, souligné par leurs couleurs jaune et rouge, les font se détacher sur la route qui passe en bout de piste.
Rapide passage par le bureau escale et direction la base vie, distante de quelques kilomètres. Nous passons devant le légionnaire de garde au C.I.N.C. (Centre d’Instruction des Nageurs de Combat), puis nous entrons dans la base en passant devant le roulage, les pompiers et la salle de cinéma, attenante au Foyer.
Georges stoppe devant le perron, je prends ma valise, à la volée, nous gravissons les quelques marches et après avoir franchi la terrasse, nous entrons dans le Foyer La Magicienne.
A gauche, se trouve le bureau du directeur. Zerbib, l’Asfoy appelé son adjoint, est à la machine à calculer, attelé à faire les comptes du week-end. Rapide échange de poignée de main, Georges pose ses Ray Ban sur son bureau, moi ma valise dans un coin et nous allons vers le bar, pour y prendre un café et quelques croissants.
La fenêtre au bout du comptoir est ouverte et pendant qu’un barman finit son inventaire, l’autre vend petits pains au lait, croissants et pains au chocolat. Je suis heureux de voir que mon initiative de lancer cette vente de viennoiseries le matin, Georges l’a conservée pendant mon absence.
Cela marche bien, ton truc de petits pains le matin, le boulanger de Mezzavia a du nous livrer deux fois de plus ce matin.
Le petit déjeuner avalé, nous revenons au bureau, le barman a fini son inventaire et il remet la recette à Zerbib.
Petite recette, Monsieur Hibschele, mais avec la fin de la deuxième bordée de permission, ça devrait repartir.
Pierre, Monsieur Santoni, le président du club de rugby a appelé deux fois, il t’attend ce soir, à 19 heures au siège.
Il t’appelle par ton prénom et te tutoie, lance Georges !
Les recettes encaissées, nous attaquons la passation de suite. Aujourd’hui, ce matin, nous faisons le matériel et le casernement, cet après-midi, direction le chalet de Vizzavone, de suite après que tu ais déjeuné au mess OMS. N’oublie pas ton rendez-vous avec ton président, ce soir. Tu joues au rugby, toi ?
En Corse, on ne compte pas en kilomètres, mais, en heures de route. 13 h 30, direction le chalet. 15 h 30, arrivée, une heure de comptage de lits, couvertures, gamelles et bidons et nous revenons à la base. Change toi, je t’emmène en ville, ce n’est pas sur ma route mais je vais faire un détour.
Je réponds à Georges de ne pas s’inquiéter, j’ai un chauffeur qui vient me chercher à 18 h 45. Eh, monsieur a une voiture avec chauffeur à sa botte, il doit t’avoir à la bonne, le président. A demain, 7 heures, pour l’inventaire de la coop.
Le second-maître mécaé Maillot m’attend devant le poste OM, je grimpe dans sa voiture et nous allons au siège de l’Ajax XIII. Pierrot Santoni est au comptoir avec quelques joueurs et dirigeants, un large sourire éclaire son visage en m’apercevant. Eh ! les gars, voilà le hockeyeur, tu as amené du renfort, c’est bien ! Non, c’est un collègue de la BAN, il m’a véhiculé jusqu’ici, car j’étais à la bourre.
Vous me direz que le fait de jouer au rugby dans un club civil n’a rien à voir avec les Foyers. A première vue, c’est vrai, mais, vous comprendrez plus tard que cela à son importance dans une ville comme Ajaccio et la fière mentalité Corse. Les indépendantistes commencent à faire des vagues et le fait de m’intégrer à la vie sportive locale va m’aider dans ma fonction de directeur.
Après une rapide réunion avec présentation des nouveaux joueurs aux anciens, Pierrot Santoni nous annonce les objectifs de la saison : monter en Fédérale 1.
Repas, arrosé comme il se doit de vins corses. L’un des joueurs est viticulteur, un autre fait de la charcuterie et des olives. L’ambiance est festive, on refait le dernier match qui nous a fait rater la montée. J’en profite pour faire plus ample connaissance avec les membres du club et les joueurs. On parle rugby, hockey sur glace, sport en général en évitant d’aborder le sujet indépendantiste. Je leur parle de mon boulot, ils me parlent du leur.
M’adressant au président, je risque une question :
- Pourquoi n’y a-t-il pas de militaires dans votre club, il y a de bons joueurs à la base et ils sont en condition physique ?
- Ca ne c’est jamais fait, à ma connaissance, tu es le premier. La légion a une équipe à Corte et elle évolue dans notre poule, à Bastia, je sais qu’ils ont quelques légionnaires, mais sans plus.
Demain 19 heures, entraînement au stade de Mezzavia, soyez à l’heure, un tour de terrain supplémentaire par tranche de cinq minutes de retard. Ainsi parle notre joueur entraîneur.
Je reviens à la base avec Gerolami, troisième ligne de l’équipe et qui habite non loin de la base.
7 heures, Georges est déjà dans son bureau, Zerbib a ouvert sa boutique et commencé le comptage des petits articles. A 11 heures, l’inventaire est terminé, à midi, le bilan de la bimbeloterie est fait, il y a une légère différence, Zerbib recompte les articles qui pourraient correspondre à la différence. L’erreur trouvée, nous mangeons un en-cas et à la fermeture du bar, inventaire et chiffrage.
Là, surprise de taille, dans les caisses de bouteilles censées être pleines, il y en a des vides. Explication de texte et remontage de bretelles, tout le monde en prend pour son grade, moi y compris.
Devant le manque d’explication des barmen, solidaires qui ne se rejettent pas la faute l’un sur l’autre, Georges leur annonce que ce mois ci, ils vont s’asseoir sur leur gratification.
Le lendemain midi, le bilan mensuel est terminé, au centime prés. Balance parfaite, il ne reste plus qu’à le signer et le contre signer, avant de le transmettre à la direction du FEF de Toulon. Georges téléphone à Monsieur Gautier pour lui annoncer la nouvelle et avoir l’autorisation de continuer la passation de suite.
Le lendemain, je termine mes mouvements d’embarquement et nous rencontrons le « croc » (ndlr : le commissaire) et les diverses autorités de la base.
Le vendredi matin, à 7 heures, je suis au Foyer pour le poste de lavage, j’en profite pour cuisiner les barmen au sujet des bouteilles, résultat nul, ils restent solidaires dans le mutisme.
Qu’a cela ne tienne, aujourd’hui, l’ambiance est à la fête. Après les dernières signatures à la poste, j’aurai pris la suite de Georges Hibschele.
Nous faisons un pot commun, Georges pour son départ et moi pour mon arrivée.
L’état-major de la base et de la 55 S sont présents, les nageurs du CINC, les gars de la Sécurité civile, quelques fournisseurs et deux dirigeants de l’Ajax XIII.
Le midi, la fête continue au mess OM, j’ai fait mettre le vin sur table et en ce début de week-end, peu se soucient de l’après-midi, le départ des permissionnaires étant avancé à 14h30.
Zerbib part en permission pour trois semaines, je me retrouve donc seul pour tenir la maison. J’organise mes journées de façon à ne pénaliser personne. La bimbeloterie est ouverte entre 13h30 et 14h00, et le soir, à la demande. Martine est toujours sur le continent, j’ai trouvé un appartement cité Livrelli, le déménagement se fera début septembre.
A force de questions et de recoupements, je finis par apprendre que les barmen se font racketter. Dans la salle du bar, il y a une demi-douzaine de tabourets en fer. Un soir, je les enlève, ça renâcle un peu, mais comme nous sommes en été ce n’est pas grave. Avant la fermeture, je me glisse dans la réserve et j’attends. Le barman commence à fermer, il ramasse quelques bouteilles çà et là, et nettoie son comptoir. C’est alors que surgit un matelot, il se campe devant le barman et lui dit de faire comme d’habitude. Je vois le barman prendre quelques billets dans la caisse et s’approcher du matelot, c’est alors que je pointe mon nez, un tabouret à la main.
- Tu laisses la monnaie sur le comptoir et on va discuter tous les deux.
Le matelot a un geste de recul, il est sur la défensive, il cherche désespérément un tabouret pour se défendre. Je pose le mien et je m’approche de lui.
- Bon, ça fait un bout de temps que vous rackettez mes barmen, toi et deux autres de tes copains, voilà comment on va faire : demain à onze heures, tu me ramènes tes deux collègues et la totalité du fric que vous avez piqué ou alors, « Bidel » (ndlr : capitaine d’armes). Si, vous ramenez l’argent sans faire d’histoire, je n’en parle pas au Bidel et comme punition vous me nettoierez le foyer tous les jours pendant un mois.
- Si vous envisagez des représailles contre mes barmen, je serai là et pas seul, sur la base comme en ville.
Onze heures, le lendemain, le matelot et un de ses complices étaient là, un sachet à la main.
- Je vois que vous acceptez mon marché, je ne tiens pas à jouer les « Sacos » (ndlr : fusilier marin) dans mon Foyer, mais je n’ai pas l’intention de me laisser emmerder par des branleurs de votre genre.
Il faut dire qu’à ce moment là, je pèse le quintal et que je pratique le sport de façon intensive.
Je n’aurai plus aucun problème de ce genre durant mon affectation à Aspretto.
Les permissions passées, la vie reprend ses droits sur la base. A l’appel du matin, j’aperçois, de mon bureau la cérémonie des couleurs, les grandes lignes de la feuille de service sont lues par le maître de garde et ensuite, c’est la mise au travail.
Sous le prétexte de la vente des viennoiseries, les barmen ne vont plus à l’appel, seul un membre du Foyer va rendre l’appel.
Cette semaine, j’organise un concours de belote ouvert à tous, une première, généralement le Foyer organisait ses concours et les OM les leurs. C’est un succès, plus de 40 équipes inscrites et victoire du vaguemestre et du commis.
Et ainsi, chaque semaine, j’organise un tournoi, un concours, une animation.
De par mes contacts avec la société civile ajaccienne, grâce au rugby, je peux organiser des soirées avec des intervenants extérieurs à la base : musiciens, conteurs corses, chanteurs...
J’ai réussi à ramener deux ou trois joueurs de rugby au club, nous sommes bien intégrés et la sauce commence à prendre. Les victoires succèdent aux défaites, mais à l’avantage du nombre de victoires, ce qui nous amène dans le quatuor de tête du championnat.
Martine est arrivée, nous sommes maintenant installés dans la cité Livrelli occupée par des civils et des militaires de la BAN.
La dernière semaine d’octobre, une frégate anglaise fait escale à Ajaccio. Au cours des réceptions en leur honneur, deux matches de rugby sont organisés. Un à quinze l’autre à treize. Ils gagnent la première partie et nous la seconde, le bateau est au port et le 30 octobre, il y a cocktail à bord. Ma femme est invitée ainsi que des femmes d’autres joueurs, elle est enceinte de neuf mois et le toubib du bord, lui dit dans un français approximatif : « vous allez nous faire un petit anglaise» !
Le lendemain, dans la soirée j’emmène Martine à la clinique Guglielmi, où elle accouche de notre premier enfant. C’est un garçon, Hervé. Je reste quelque temps avec Martine et Hervé, puis, la nuit avançant je me décide à rentrer à la maison.
Je reviens dans une petite heure, ma chérie.
Il reste un bar d’ouvert sur le port, c’est le siège du club, je fais un détour et tombe sur une demi-douzaine de joueurs anglais et français qui chantent et boivent. J’annonce la nouvelle, je reçois les félicitations d’usage et un anglais me dit : "come on boy, we have to go to the ship !" Nous prenons la direction du bateau, nous n’avons pas encore franchi la coupée que la moitié du bord est réveillée. Les coupes succèdent aux verres de whisky et ce n’est que vers neuf heures du matin que je reviens à la clinique, penaud mais si fier de ma femme et de mon fils.
A suivre...

Chapitre 4 : LE TOUR DE CORSE
Il est un événement important dans la vie de l’île, le tour de Corse. Avec cinq membres du club photo du Foyer, nous avons décidé de faire un reportage sur la course.
Ayant obtenu les accords nécessaires des autorités de la base, pour que nous soyons couverts de façon officielle durant notre aventure, je me suis attelé aux autorisations de l’Automobile Club Corse. Grâce à l’appui de Pierrot Santoni et du fait que je jouais à l’AJAX XIII, cette démarche fut une formalité aisée.
Six badges presse, trois jeux d’autocollants officiel et presse pour les voitures, trois caméras super 8 et six appareils photo, nous sommes prêts.
Le départ a lieu à Bastia, deux voitures couvrent le départ, la 3e se rend sur la première spéciale. Nous avons repéré les bons endroits durant les deux week-ends précédents et nous sommes parés pour couvrir toutes les spéciales.
Et ainsi, trois jours et deux nuits durant nous suivons, précédons, anticipons sur le déroulement des épreuves pour les couvrir, aussi bien en super 8 qu’en diapo et photo.
Andretti et sa "Stratos", les "Berlinettes" Renault Gordini, enfin toutes les marques en compétition pour le championnat des rallyes sont là.
Dès notre retour à la base, le lundi matin, j’envoie tous les films à mon collègue de chez Kodak qui nous a fait le stage durant le BAT. Je sais que les films seront suivis et bien exploités, ne reste plus qu’à attendre le retour des pellicules et les commentaires.
Nous avons prévu une expo photo au Foyer, mess OM, cafetaria et une projection diapos et films dans la salle de cinéma. Nous espérons tous les six que le résultat sera à la hauteur de notre engagement, si ce n’est pas le cas, nous aurons quand même vécu une sacrée aventure.
Quinze jours plus tard, je reçois un colis de chez Kodak. Les pellicules noir et blanc que nous avons développées et tirées, au labo de la 55 S, sont bonnes mais…
J’appelle mes compagnons d’aventure et rendez-vous est fixé : ce soir à 5 heures, pour que nous découvrions ensemble le résultat.
Je joue le jeu et je n’ouvre pas le colis, à 5 heures pétantes, ils sont tous là.
Nous commençons par les diapos, les résultats sont bons voire même excellents pour certains clichés. Les photos couleurs vont devoir faire l’objet d’une sévère sélection, car elles sont très bonnes, elles aussi. Arrivent, les films super 8, ils ne sont pas montés et nous enchaînons le visionnage. Il faut se rendre à l’évidence, il ne va pas être facile de choisir et sélectionner les images que nous allons montrer.
Après avoir montré les clichés au Commandant de la 55 S, et obtenu son autorisation d’utiliser le labo de l’escadrille pour peaufiner nos travaux, nous sommes fin prêts cinq semaines plus tard pour lancer notre exposition.
Un week-end durant, nous collons, affichons, installons les cimaises, dans tous les points stratégiques de la base et le lundi matin, nous pouvons apprécier le résultat de notre travail, au vu de la réaction des gens de la base.
Nous pouvons passer à la phase diapo et super 8, durant un mois, les soirs où il n’y a pas séance de cinéma, nous projetons les films et les diapos.
Cela fera l’objet d’un article dans Corse Matin.
A suivre...

Chapitre 5 : LE SPORT DANS ET HORS DE LA BASE
Nous avons un club nautique composé de quelques dériveurs et d’un quillard, type "Muscadet", le "Petrel". Notre moniteur de voile est un excellent barreur, il participe aux différentes régates du coin et a de bons résultats.
Sur son insistance, nous organisons une sélection d’équipiers en vue, non plus de participer, mais de gagner les courses. La saison des régates s'étalant sur plusieurs mois, nous avons le temps de nous préparer et nous inscrivons notre bateau à toutes les régates de la saison.
La première est le triangle du golfe d’Ajaccio, première participation, première victoire. Les courses se suivent et nos résultats sont excellents, cinq courses, quatre victoires et une place de second. Il ne reste plus que le triangle des trois golfes qui s’étale sur deux jours.
Nous finissons avec deux heures d’avance sur le second, la saison es terminée et nous terminons premier : de notre classe et toutes classes confondues.
Nos résultats sont si bons que le Yacht Club d’Ajaccio nous met hors compétition pour la prochaine saison, ou alors, avec handicap.
Quant au rugby, il y a de plus en plus de joueurs de la base au sein de l’AJAX XIII, au point que nous avons de quoi constituer deux équipes avec des remplaçants.
L’équipe fanion est en phase de réussir son challenge, accéder à la fédérale 1. Il faut penser à la saison prochaine. Le président décide de réunir : joueurs et dirigeants en vue de fourbir ses armes et inventorier ses effectifs.
Nous avons de quoi jouer les deux championnats, si nous passons, à condition de constituer une équipe BAN, vivier de l’équipe première, avec des joueurs pouvant prétendre à jouer l’un ou l’autre des championnats.
Le dernier match gagné, contre Corte, nous sommes en fédérale 1.
Il faut maintenant que l’état-major de la BAN soit d’accord sur le principe. Nous organisons une réunion entre les dirigeants de l’AJAX XIII et le service des sports de la base au grand complet. Un mercredi à onze heures, les dirigeants arrivent à la base, la réunion se tient au Foyer. Pierrot Santoni fait l’éloge des joueurs de la base qui ont largement contribué au succès de cette saison, il cite quelques noms qui suscitent un moment d’étonnement des militaires, ils ignorent visiblement à quel point la BAN est intégrée à la vie sportive de la ville. Devant tant d’arguments, les autorités de la BAN donnent leur feu vert, à la condition, que cela n’entrave pas le bon fonctionnement des services. Les matches ayant lieu le dimanche, le problème est réglé avant de se poser, de plus, les rencontres se tiendront sur l’île. Plus tard, les bons résultats des joueurs de la base me permettront d’obtenir un bus pour certains déplacements, le chauffeur devant être volontaire.
Le PM Devaux, chef du service des sports, est un ancien canonnier, et ça a tout de suite collé entre nous.
C’est ainsi que le sport, encore une fois, permettait de rapprocher deux collectivités qui gardaient leurs distances jusqu’alors.
A suivre...

Chapitre 6 : LES EVENEMENTS
La tension monte sur l’île, les nationalistes multiplient les attentats, toutes les autorités représentant l’Etat sont visées. Des chevaux de frise sont dressés aux entrées de la base, la tenue civile est obligatoire pour les permissionnaires, bref, ce n’est pas la joie.
Nous avons déménagé de Livrelli, j’hérite d’un logement de fonction, une petite villa au sommet de la colline surplombant la BAN. De la haut, nous avons une vue imprenable sur le golfe de Porticcio d’un côté et celui d’Ajaccio de l’autre.
Nous avons même un potager, des amis corses du club sont venus le labourer, ils m’ont donné deux cents plants de tomates, des haricots, des patates et bien d’autres légumes.
Particularité, nous sommes au dessus de la soute à munitions et face au poste de garde.
Une nuit, alors que nous sommes dans notre chambre, un bruit sourd et lointain nous réveille. Avec Martine, nous pensons à un attentat du côté des cabanons sur la plage de Porticcio. Je sors voir si je peux distinguer quelque chose. Un incendie vers l’aéroport de Campo del oro, les gyrophares des camions de pompiers déchirent le ciel. Je reviens vers la maison pour appeler la base, il s’agit bien d’une explosion à l’aéroport, ils auraient fait sauter un Nord 262 « EVASAN ».
J’en saurai d’avantage dans quelques heures.
A 7 heures, lorsque j’arrive au Foyer, l’excitation est à son comble. Les gendarmes maritimes sont sur le pied de guerre, ils ne sont pas les seuls. Devaux me tire à l’écart et me dit : "Le CSG veut armer les sentinelles le jour et la nuit".
Le CSI me prend à part :
- Je sais que ce n’est pas dans tes attributions, mais, à problème exceptionnel, solution exceptionnelle.
Ta première spécialité, c’est bien armurier, tu vas prendre en charge avec Devaux : la distribution des armes et des munitions, vous aurez trois fusiliers avec vous.
Vous vous chargerez de contrôler le niveau de connaissance des gens à qui vous remettrez les armes.
Au cours de l’appel qui suit, le ton est austère. Le PM Devaux, officier de garde, dirige la cérémonie, le Pacha en second nous dit que le Commandant va s’adresser à nous.
L’attente est de courte durée, le Pacha arrive escorté : du Commandant de la 55 S, du Cdt du CINC et du Major Gendarme Maritime. Cette fois, les affaires sont sérieuses, nous passons à un degré d’alerte proche de nos actuels plans vigie pirate.
Avec Devaux , nous allons à l’armurerie. Il faut préparer les armes et les munitions qui vont être distribuées aux factionnaires et fusiliers marins qui seront armés en permanence.
J’éprouve un certain plaisir à retrouver les contact froid des armes. Sais-je encore démonter et remonter un MAC 50, une AA 52 , MAS 49/56 ou une MAT 46 ?
Je tente l’expérience sur un MAC 50, Devaux me regarde d’un œil amusé et me dit : "c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas".
Après avoir dégraissé et préparé les différentes armes pour la distribution, aidé de trois commandos de la base, Devaux me dit : "il faut voir si ils savent s’en servir, en attendant les renforts de la compagnie de protection de Toulon, tu vas me donner un coup de main".
Par palanquée de dix, nous vérifions la bonne connaissance de l’utilisation des armes et des consignes de sécurité des matelots, QM et OM à qui nous allons les confier.
Les niveaux sont différents, mais, dans l’ensemble c’est plutôt satisfaisant.
Le fait est que, tous les soirs, je passe à l’armurerie y prendre un MAC 50 et une MAT, puis je regagne la villa pour y passer la soirée et la nuit.
Au bout de trois jours, les premiers renforts venant du continent arrivent. Il s’agit d’élément de la Cie de Protection de Toulon. Ils sont répartis sur l’ensemble de la base et de l’escadrille. L’aéroport civil étant sous la protection des gendarmes mobiles. Tout ce beau monde vit sur la base, le Foyer prend des airs d’unité de campagne. On y croise : des marins, des gendarmes mobiles, des légionnaires appelés en renfort au CINC, la base a pris de l’ampleur. Les contrôles d’identité sont fréquents, les accès de plus en plus réglementés.
Nous faisons des projections de films tous les soirs, la coop est prise d’assaut, j’ai deux barmen en supplément et les salles de télé sont devenue trop petites.
Le poste de garde du dépôt de munitions est maintenant armé par de jeunes fusiliers marins, mais il n’y a pas de chef de poste, cette fonction m’est dévolue. Ce qui fait que toutes les nuits, je suis bon pour deux ou trois rondes et quelques réveils en sursaut.
- Chef, on a entendu du bruit, vous pouvez venir voir ?
Je prends mon pistolet et je sors faire un tour avec les jeunes. En effet, depuis quelques temps, on entend des bruits suspects à l’aplomb du grillage donnant sur le CINC.
Mon chien passe les nuits dehors et chaque fois qu’il entend un bruit inhabituel, il se précipite vers la source en aboyant, ce qui ne manque pas de donner la frousse aux jeunes.
Ce n’est qu’au bout de quelques nuits agitées que nous trouvons l’origine de ces bruits. Il y a un figuier qui est planté prés de la clôture, ses branches surplombent la petite falaise et quand une figue se détache, elle rebondit dans les buissons, réveillant mon chien qui y va de sa séance d’aboiements.
Une nuit, où Devaux est de service, il effectue une ronde des différents postes de garde avec sa chienne, une superbe bergère allemande, qui obéit au doigt et à l’œil aux ordres de son maître. Nous prenons deux jeunes avec nous et entamons une ronde de vérification de la clôture donnant sur la partie civile de la colline. Tout à coup, la chienne s’arrête, DEVAUX nous stoppe avec son bras en portant son index à la bouche. Ce signal est international, nous arrêtons notre progression. Devaux met sa main sur le grillage. Il vibre. Quelqu'un est en train de le couper avec des pinces. Nous nous déployons dans le maquis, sans bruit, tous les sens en éveil. Devaux lance sa chienne et nous nous précipitons vers le lieu d’où proviennent les bruits. De l’autre côté du grillage, les buissons s’agitent, visiblement nous avons dérangé des intrus. En effet, des ombres se faufilent entre les genêts et les arbousiers. Nous tirons une petite rafale en l’air de façon à leur faire comprendre, que, le cas échéant nous ferions usage de nos armes de façon moins dissuasive.
Le lendemain, à l’appel, nous recevons les félicitations du CSD, accompagnées d’un bémol pour usage de nos armes, sans avoir été attaqué. Qu’à cela ne tienne, nous avons fait sensation et nous aurons de quoi alimenter les discussions du jour.
Les jours se suivent sans autre anicroche, petit à petit, le climat se détend et la vie reprend ses droits.
A suivre...

Chapitre 7 : LES ENNUIS COMMENCENT
Zerbib arrive à la fin de son temps, nous faisons une dernière fois, ensemble, l’inventaire de la bimbeloterie. Ce vendredi est le dernier jour du mois, je termine mon bilan et prépare un versement CCP, il est assez conséquent, les affaires marchent plutôt bien avec tout ce monde sur la base.
Le vaguemestre, un « pays » débarque lui aussi ce week-end, il part au cours de BAT mécano. Je lui confie le mandat, il me fait un reçu provisoire et je rejoins mon bureau, nous sommes en début d’après-midi et je décide d’accompagner Zerbib pour l’aider dans ses préparatifs de départ.
Il y a deux vols de permissionnaires, chaque vendredi, Zerbib est sur le premier, après l’avoir déposé au bureau des passages, je reviens à la base vie.
Je dois sortir de bonne heure, car ce soir, j’ai entraînement de rugby. J’en oublie donc mon mandat.
Le bilan mensuel étant fait, je ne reviens pas sur la comptabilité du mois précédent et le temps passe.
Seulement, les relevés CCP ne correspondent pas à mon grand livre. Je vois donc le problème avec le nouveau vaguemestre. Nos recherches nous amènent à découvrir que le mandat n’a jamais été envoyé, j’ai donc un trou conséquent dans ma caisse. Plusieurs milliers de francs. Je signale le problème au FEF qui m’envoie Monsieur Gautier pour vérification.
Ne pouvant justifier, de façon irréfutable, ma bonne foi, je me retrouve à Toulon, avec toute ma comptabilité, pour tirer les choses au clair. Je comble le trou de mes deniers et comme punition, je suis affecté au CIN St-Mandrier , à la comptabilité, avec Silvestri et Ludovic Le Page.
Je fais contre mauvaise fortune bon cœur, je vais quand même pouvoir faire de l’animation en grand.
A suivre...

Chapitre 8 : UNE AGREABLE PUNITION
J’arrive en numéro 3, en 1975, dans une grande boutique, vous connaissez presque tous ce Foyer du CIN St-Mandrier, qui bizarrement n’a jamais eu de nom (ndlr : devenu Foyer Elisabeth Boissat après fusion avec le Foyer de l'ex GEM).
Les journées commencent par l’incontournable inventaire des bars et réserves. Puis vérification des recettes, enfin la routine. Le bureau de Mr Le Page jouxte le nôtre, la porte de communication est rarement fermée et nous pouvons entendre en direct ses réactions ; aux coups de téléphone, interminables (pour aller de Toulon à Hyères, Ludovic passe volontiers par Brignoles et St-Maximin). Quelquefois, un cinglant : Vieuville, qu’est ce que c’est que ce merdier ? Viens dans mon bureau, le ton redevient très vite cordial, le « merdier » étant généralement une pécadille.
Je me plais bien ici, le travail en équipe me convient parfaitement, j’en arriverais presque à apprécier la comptabilité.
Et puis, il y a le sport, je retrouve ma place dans l’équipe des guêpes, nos maillots sont jaune et noir. Je joue pilier droit, "Nounours" Demeurs s’occupe de ma préparation physique : musculation, assouplissement, entraînement aux lancers en touche… Je prends du muscle et du poids, 102 kilos, mais le 100 mètres en 12,4 secondes. Le PM Lagorio est adjudant, Labbe est instructeur avec Jean-Luc Richard, puis il y a deux ASFOY du contingent et un Aspi en charge de l’instruction générale.
Souvent, le midi, nous faisons un tennis avec Benoît Martin, Nounours, Bellanger et moi.
Le soir, après le dégagé, je passe toujours par le mess OM, j’y rencontre les gradés de service et je les informe du programme du soir au Foyer.
J’ai de nombreux contacts avec Bernard Porcon (Bernard Phane pour la scène).
Nous avons la même idée du « travail » d’ASFOY, un bon Assistant de foyer devrait être, avant tout, un animateur, il n’y a qu’à mettre des fourriers ou des comptables à la gestion.
Fort de cet état d’esprit, il est sur que je ne vais pas me faire que des amis. Le rôle d’animateur, bien qu’important, ne vient pas en première place pour la plupart du personnel civil ou militaire des Foyers, si la gestion est bonne, que les bénéfices sont suffisamment importants, on peut penser à dépenser de l’argent pour faire se produire des groupes civils, plus ou moins professionnels, et assurer ainsi les divertissements de l’équipage.
Pour ma part, je suis du genre créatif, il existe des talents dans la marine : musiciens, chanteurs, comiques, acteurs. Il faut les découvrir, les faire s’épanouir et constituer une troupe permettant de produire ces divers talents dans les unités à terre et embarquées.
Tout vient à point à qui sait attendre, dit le proverbe. La fin d’un cours de BAT, va provoquer un bouleversement dans ma carrière. Benoît Martin me remplace à la comptabilité et je descend d’un étage pour devenir instructeur au cours de BE. J’ai d’avantage les coudées franches, Mme Verne sait que je boue d’impatience de monter un spectacle.
Un ASFOY appelé est affecté à l’école, spécialité : l’art dramatique. Il ne m’en faut pas plus pour démarrer mon projet. Jeanne « Véronique » fait réaliser des affiches dans son club.
Il commence à y avoir des PFAM au CIN, et quelques unes fréquentent de façon assidue le Foyer. Une, deux, trois, six candidatures arrivent sur mon bureau, il commence à y avoir matière à constituer les bases de la troupe. Nous organisons des auditions. Des talents existent, ils sont là. L’orchestre du CIN est toujours opérationnel, il tient bien la route.
Nous avons les bases pour démarrer. Nous choisissons quelques pièces : En Attendant Godot, Des Souris et des Hommes, Du Vent dans les Branches de Sassafra, Les Boulingrins, La Peur des Coups…
Après des heures de répétition, nous sommes prêts. Nous décidons de tester une pièce lors d’une soirée cabaret, La Peur des Coups. Roseline Prieur tient le rôle féminin et moi celui du mari. Le fait que tout au long de la pièce, Roseline se déshabille pendant que nous avons une scène de ménage, ne laisse pas l’auditoire masculin indifférent. A chaque fois qu’elle ôte : sa veste, un chemisier, une crinoline, un jupon, des sifflets et des encouragements ponctuent son effeuillage. Elle finit en culotte et juste au corps sous les applaudissements de la salle.
Les décors sont réalisés au club arts déco, les costumes sont récupérés ou réalisés par le tailleur de l’arsenal et la technique est assurée par l’équipe permanente du foyer, équipe qui verra ses rangs grossir au fur et à mesure que nous assurerons nos prestations.
Notre entreprise est sur la bonne voie. Le reste du spectacle est assuré par Bernard Phane, l’orchestre du CIN, les élèves BE et des intervenants extérieurs en fonction du thème retenu pour la soirée.
Bientôt notre notoriété franchit les limites du CIN, nous sommes demandés dans d’autres Foyers de la III° région. C’est ainsi que nous écumons les trois foyers de la presqu’île, ceux de l’arsenal, les BAN de Cuers, Hyères, Saint-Raphaël, Nîmes-Garons.
Il ne reste plus que France Sud, Les Marins Pompiers de Marseille et Aapretto où ne sommes pas allés.
Pour les deux premiers, c’est une affaire de temps, quant à Aspretto, le problème est plus épineux. Pas question d’y aller en semaine. Ce ne peut se faire que sur un week-end.
Il faut transporter les décors, même si ils ne sont pas très encombrants, il faut au moins un petit camion. La traversée en bateau prendrait trop de temps, il ne reste que l’avion.
Tout le monde me dit de laisser tomber, que c’est irréalisable, utopique, pas sérieux.
Il suffit que l’on me dise que je ne peux pas faire pour que je mette tout en œuvre pour y arriver. Je prends contact avec le commandant de la 55 S, à Aspretto. Je sais que tous les vendredis deux Nord 262 font la navette entre la Corse et Hyères. Le commandant me dit qu’il va étudier l’affaire et me rappeler dans la semaine.
Quelques heures pus tard, il m’appelle pour me donner son accord de principe. Je lui demande d’adresser un message à l’école ASFOY , de façon à avoir une base de travail pour m’organiser.
Reste à obtenir du Directeur des cours et des divers capitaines de compagnie, l’autorisation de débaucher trois jours durant le personnel qui doit se déplacer.
Une fois toutes ces démarches effectuées, il reste à définir une date. Ce qui n’est pas le plus difficile.
J’obtiens du roulage ; un camion pour les décors et un bus pour le personnel, le vendredi après-midi à l’aller et le lundi matin au retour, pour le CIN et pour la BAN.
Et, c’est ainsi que nous sommes allés, contre toute attente, passer un week end en Corse en assurant deux prestations, l’une le vendredi soir pour le personnel de la base, l’autre le samedi pour le personnel civil, militaire et les familles.
Pas mal, pour un truc irréalisable et pour un petit second-maître ASFOY.
A suivre...

Chapitre 9 : LES SOIREES EXCEPTIONNELLES
Entre toutes les animations que nous avons pu organiser, il en est une que nous ne maîtrisons pas, il s’agit des rencontres interarmées de R.M.C.
Le but du jeu étant de faire se rencontrer : des bases, des unités, des régiments des trois armées.
La presqu’île de Saint-Mandrier est opposée en phase éliminatoire à la base aérienne de Saintes, le première manche a lieu au G.E.M., la marine est représentée par l’orchestre du C.I.N. et la chanson Diana, le bagad du G.E.M., le jazz de la flotte et quelques autres prestations qui ne m’ont pas suffisamment marquées pour que je m’en souvienne. Ce que je n’ai pas oublié, c’est l’invitée d’honneur : Jeane Manson. Elle interprète "Faisons l'amour avant de nous dire adieu", devant un millier de marins et aviateurs massés sur le stade du G.E.M.. Le succès qu’elle remporte ce soir là, frise l’émeute, les bâchis et les calots volent sur la scène, il y a sept ou huit rappels.
Après le spectacle, un pot est organisé dans le bâtiment commandement, Jeane y va du refrain de sa chanson fétiche. Je profite de cet attroupement pour faire chanter aux aviateurs et marins attroupés sur l’esplanade : "C’est nous les gars de la marine". Ce ne fut pas un triomphe, mais cela permit aux deux clans de se rapprocher, oubliant l’échec pour la marine et renforçant le succès pour l’aviation.
Nous allons voir ce que nous allons voir, la prochaine fois à Saintes.
Je ne sais plus à quelle occasion, j’ai rencontré Dominique Khim et Jean-François Mattei, de l’Albatros, mais ce dont je me souviens, c’est de la rencontre magique avec le groupe Wapassou. Leur style musical est précurseur, le groupe est composé d’une guitariste, d’un violon et d’un organiste. Ils sont alsaciens et sont les protégés de Jeff et Dominique. Frédéric Fizelson leur fabrique le matériel : laser, baffles de plus d’un mètre de haut avec une puissance phénoménale, une console de mixage à faire pâlir de jalousie n’importe quel studio d’enregistrement.
Les cheveux, très longs, de Freddy Brua, organiste et leader du groupe ; la souplesse surprenante du violoniste dont la longueur de cheveux est similaire à celle de Freddy ; la sveltesse et le regard angélique de la guitariste, font littéralement fondre les spectateurs.
A cette époque, ils ont trois œuvres à leur répertoire : Messe en ré mineur, Louis II de Baviere et Salambo. Pendant qu’ils jouent, des diapos sont projetées en toile de fond, visiblement, leur style musical plait aux marins, il leur plait tant que je décide de leur organiser une série de concerts dans quelques mois.
Nous ne faisons que les grandes unités, et je suis le premier, bien avant Johnny, à las faire passer sur les deux P.A. : Foch et Clémenceau.
Martine et moi, participerons à l’enregistrement de Salambo, au studio "Les pieds dans l'eau", à Juan-les-Pins. Notre nom figure sur la pochette du disque, dont le graphisme a été réalisé par Jeanne Vaschetto.
A ce moment là, les repas étaient constitués de pâtes et de nouilles, quelquefois agrémentés de sauce bolognaise.
Depuis ce jour là, j’ai entretenu des relations particulières avec l’Albatros et Frédéric Fizelson. C’est ainsi que Frédéric nous a fourni la sono pour la radio du C.I.N., les éclairages mobiles pour la troupe de théâtre et divers autres matériels techniques.
Nous avons ainsi produit et fait tourner : Les Sales Gosses, Les Chasquis, Le Jazz de Luis Fontana et Yvonne Apennini, Daniel Darden…
Cette organisation va durer jusqu’à fin 1977.
A suivre...

Chapitre 10 : MA SOIREE D'ADIEU
Au mois de décembre 1977, je reçois une nouvelle affectation, je change de région et de C.I.N., direction Cherbourg et Querqueville.
Mais avant de partir, je me dois de faire quelque chose d’exceptionnel. Je vais organiser la plus grande soirée jamais vue au Foyer du C.I.N. Saint-Mandrier.
Je contacte tous les groupes, tous les artistes, tous les talents qui sont déjà passés dans les Foyers de la IIIe région maritime.
Nous allons faire, en semaine, une soirée regroupant tous les gens à qui je tiens et avec qui j’ai pu travailler durant mon séjour au C.I.N., ce qui représente un sacré panel d’artistes en tous genres.
Tous les clubs du Foyer sont de la partie, beaux arts pour les décors et les affiches, photo pour les reportages et la sérigraphie.
La soirée aura lieu dans la salle de cinéma du Foyer, la tenue bourgeoise sera de rigueur, seuls les pompiers et le personnel de service sera en uniforme, les familles sont invitées. Obtenir du commandement que la tenue bourgeoise soit de rigueur, pour une soirée en semaine, ordinairement destinée au personnel présent sur la base, ne fut pas chose aisée.
Mais, je ne lâche pas facilement le morceau, quitte à mettre dans la balance ma crédibilité et ma carrière.
Donc, en ce mercredi du mois de décembre, les invités civils et militaires arrivent à l’aubette. Un ASFOY est présent pour l’accueil et l’aiguillage des invités vers les parkings mis en place au plus prés de la salle de cinéma.
Un vestiaire est dressé dans la salle de jeux, une ambiance musicale est diffusée par la radio du Foyer, du personnel en tenue assure le placement des invités au fur et à mesure de leur arrivée.
Les huit cents places de la salle sont occupées, un bon quart d’heure avant le début du spectacle. Nous allons jouer à guichet fermé.
La première partie du spectacle est réservée aux numéros amateurs du personnel militaire du C.I.N.
A un numéro se déroulant devant le rideau succède un numéro à rideau ouvert.
La soirée débute par un numéro de magie de Bernard Phane, suivi par la Peur des Coups, chanteurs et sketches alternent.
Entracte, j’assure la présentation de la soirée, Les Chasquis, Le Jazz de la Flotte, Daniel Darden, Les Sales Gosses, François Deguelt puis Les Wapassou composent la deuxième partie du spectacle.
Vers 23 heures, la soirée se termine par la présentation de tous les artistes ayant participé au spectacle. J’ai la gorge serrée, les applaudissements nourris accompagnent les artistes au fur et à mesure de leur entrée sur scène.
On m’offre un bouquet de fleurs et j’ai même droit à une « standing ovation ».
Les lumières s’allument, à voir les sourires qui illuminent les visages, les gens ont du passer une bonne soirée. Je serre des mains, reçoit des tapes dans le dos, certaines personnes m’embrassent, je savoure ce moment étant certain de ne pas en revivre d’aussi fort avant longtemps.
Le Commandant et son épouse ont assisté à a soirée, en civil, ainsi qu’une grande partie de son état-major. Je ne crois pas qu’il y ait déjà eu une telle soirée organisée dans une enceinte militaire, où matelots, quartier-maîtres, OM, OMS, et officiers en civil se soient retrouvés côte à côte pour assister à un spectacle, qui n’aura pas coûté un centime au Foyer, tous les artistes étant venus gracieusement pour me témoigner leur amitié.
Une page importante de ma vie d’ASFOY vient de se tourner, début janvier 1978, je serai à Querqueville.
A suivre...

Chapitre 11 : LE CIN QUERQUEVILLE
Le 4 janvier 1978, j’arrive en gare de Cherbourg, c’est la première fois que je suis affecté dans cette région.
Un appel en gare dit que Monsieur Vieuville est invité à se présenter au buffet de la gare. Je traîne ma valise à roulettes et entre au buffet, un maître attend à une table, il me semble le reconnaître.
Janssen, qu’est ce que tu fous là ? - Je viens te chercher, je suis affecté au foyer du C.I.N. Querqueville, en tant qu’adjudant.
Nous prenons un café ensemble, il attend un autre ASFOY appelé et il nous ramènera ensemble au C.I.N.
J’ai connu Janssen à la base sous-marine de Toulon, il était alors second. Le jeune ASOY attendu arrive, il a un air jovial, les yeux malicieux et un épi rebelle dénature ses cheveux blonds.
- Je vous présente Monsieur Vieuville, vous allez bosser avec lui au service animation.
Nous faisons un rapide détour par le Foyer Chantereyne et direction Querqueville.
La silhouette inquiétante d’un vieux remorqueur, qui sert maintenant de terrain d’entraînement voie d’eau et incendie aux « Sécuritards », se détache sur la plage. Nous franchissons la porte d’entrée, salué par une marinette, puis après avoir contourné deux bâtiments, la voiture stoppe devant le Foyer.
Un grand îlot compose le Foyer, je garde très peu de souvenirs des lieux, pour n’y êtres resté que quelques mois, une douzaine pour être plus précis.
Nous gagnons de suite le bureau du Directeur, Monsieur ?, c’est un homme rondouillard d’où émane la bonne humeur, il ne doit chercher un cheveu sur une coquille d’œuf. Rapides présentations, il est au courant de mon problème en Corse et a décidé de m’affecter à l’animation.
- C’est votre tasse de thé, non ?
Ici, c’est simple, vous avez une idée, vous la développez, vous la chiffrez, vous me la présentez et si elle n’est pas trop tordue, je vous donne mon accord. On fait comme ça ?
- Ben, oui, pas de problème, on va faire comme ça.
Nous visitons le Foyer de fond en comble, de grands couloirs carrelés assurent la jonction entre les divers locaux. Janssen me conduit ensuite au B.S.I. pour y retirer ma feuille de mouvements. Il m’indique les principaux bâtiments où je dois me rendre pour compléter ma liste. Tu as rendez-vous chez le Commandant à 14 heures, on mange à onze, comme ça tu auras le temps de te préparer.
Sur ma liste de mouvements, il y a le bureau sport. Le moniteur qui me reçoit, sort une fiche et me demande quels sports je pratique. Le hockey sur glace ne figure pas sur ses tablettes, en revanche le rugby est en bonne place.
Il faudra que vous rencontriez le LV Mikowsky, c’est lui qui entraîne l’équipe, vu votre gabarit, il aura sûrement besoin de vous.
Le premier soir, je le passe sur la base, Janssen est de service au Foyer, c’est pour moi l’occasion de prendre la température du C.I.N..
Je reste quelques temps au bar, à discuter avec les uns et les autres ; je visite les clubs, seul l’auditorium a une bonne fréquentation, le club art déco se limite à deux ou trois matelots affairés à préparer leur quille.
A 20 h 30, je vais au cinéma, grande salle, sièges peu confortables mais en bon état, là encore, les couleurs des murs sont à ch…
J’accompagne le gradé de service pour la fermeture, le sergent d’armes est là, lui aussi.
Le lendemain, je termine mes mouvements. Ce qui me donne l’occasion de rencontrer le LV Mikowsky, effectivement mon gabarit l’intéresse, mais plus que ma carrure, c’est de mon expérience rugbystique dont il a besoin.
A la question : voulez-vous prendre en main l’entraînement et le capitanat de l’équipe ? Je réponds qu’il me faut rencontrer les joueurs. Ce sera ce soir, a 17 h 30, rendez-vous sur le terrain et vous jugerez sur pièces.
A l’heure dite, je suis sur le terrain avec Miko. Les joueurs arrivent au compte goutte, ils portent presque tous un survêtement et des chaussures à crampons.
Je suis en short, mon maillot fétiche de l’AJAX XIII sur le dos. Le regard des joueurs en dit long sur leur façon de penser ; quel est ce demeuré qui arrive en short, sans KWAY à l’entraînement ? Il est vrai que la température est loin d’être aussi clémente qu’à Toulon.
Miko. fait les présentations et leur annonce que je serai leur joueur entraîneur dès ce soir. Je ne fais pas de laïus, je me mets devant et j’invite les gros à me rejoindre, après une dizaine de tours de terrain, le souffle manque à beaucoup ; seuls les trios-quarts ont suivi le rythme, les avants marchent presque tous sur leur langue. Une pluie fine et glaciale nous cingle le visage. Ceux qui portent un survêtement sont trempés, je leur conseille de les enlever, l’entraînement est loin d’être fini, il reste les fractionnés et les combinaisons de jeu à effectuer. Miko. me regarde en souriant et en grimaçant, pour lui aussi, c’est dur. A 19 h 30, l’entraînement se termine, les joueurs râlent car ils ont loupé le repas. Je les rassure. Bon, tous à la douche et dans un quart d’heure, rendez-vous au mess OM, le commis nous a gardé à manger. C’est notre première troisième mi-temps, nous mangeons tous ensemble : équipage, OM, officier, cela permet de mieux se connaître. Même les joueurs qui ne sont pas de service ou qui sont mariés et qui ont l’habitude de rentrer chez eux, l’entraînement fini, sont restés.
Les commentaires vont bon train, je dois être un peu fêlé pour demander aux avants de courir comme des trois quarts, pour jouer en short par un temps pareil, de remettre en question toutes les bases acquises avec l’ancien entraîneur, en l’occurrence Miko.
Je leur fais remarquer que : le rugby se joue à quinze ; que lors des matches, il n’auront pas de survêtement et que c’est Miko. qui m’a dit de faire comme je l’entendais au niveau des séances d’entraînement.
A suivre...

Chapitre 12 : LES MOUSTACHETTES
En dehors des animations traditionnelles couramment pratiquées dans les Foyers : concours divers, soirées crêpes, excursions au Mont Saint-Michel et plages du débarquement, l’animation à Cherbourg n’est pas aussi fournie qu’à Toulon.
Ce n’est pas du à un manque de compétence du service récréatif, mais plutôt à un manque de spectacles, artistes, locaux , régionaux ou nationaux.
Il existe cependant au C.I.N. une particularité unique dans les annales des Foyers : ce sont Les Moustachettes.
Il s’agit d’un groupe de garçons et de deux filles qui ont monté un groupe de majorettes. Les deux Marinettes, portant jupette, très bien faites, mènent la danse, suivies par une vingtaine de mecs ; barbus, ventrus, moustachus, portant guêtres et jupettes.
Un tricot rayé marine et un chapeau complètent le costume, sans oublier le célèbre bâton.
Cette troupe va ainsi, de ville en ville, de village en village, assurer des prestations qui sont toujours très remarquées. Nous remportons toujours un franc succès, je dis nous, car j’ai bien évidemment intégrer la troupe.
Il existe trois autres figures au C.I.N. ; le MP Sud, magicien de son état, illusionniste et manipulateur.
Les PM Barreau et le PM Jean, eux sont des clowns. Jean-Louis Barreau est le clown blanc, l’autre l’Auguste, il ne manquait que Monsieur Loyal. J’endosse volontiers le costume et je m’investis dans leurs numéros.
Nous suivons généralement les Moustachettes dans leurs déplacements, nos prestations sont gratuites et nous sommes très demandés.
La direction du F.E.F. est située dans les murs du Foyer Chantereyne ainsi que le cercle Officiers Mariniers. Il ne m’en souvient que de Daniel Larcher, que nous appelions, pardon Daniel, Darry Cawl.
Je suis célibataire géographique, Martine est restée à Toulon. Je passe mes soirées sur la base ou bien, je rends visite à la patronne d’une petite pension familiale : « le cabernet ». Elle est veuve et gère seule sa boutique, elle pourrait être ma mère. J’ai fait sa connaissance grâce à Janssen, qui m’a amené déjeuner chez elle un jour où j’avais le blues. La pluie, le vent, l’absence de ma famille me minent le moral.
Au mois de février, Martine vient passer trois semaines à Cherbourg. Daniel Larcher nous accueille au Foyer, le temps est vraiment trop pourri pour envisager de camper. Ce sera pour le mois de juillet, nous campons dans une canadienne, sur un terrain proche du C.I.N.
Le temps est exécrable, il pleut quasiment tous les jours, sans discontinuer.
La nuit, les vêtements ne peuvent pas sécher à cause de l’humidité de la nuit, nous avons tenu quelques jours, puis nous avons rendu les armes. Direction « Le Cabernet », en échange d’un petit coup de main de Martine, au restaurant, la patronne nous héberge.
Puis, le mois terminé, je commence mes permissions. Du jour où nous quittons Cherbourg, un soleil radieux nous accompagne jusqu’à Toulon.
Un fait nouveau va précipiter les choses.
Tous les mois, je vais chez mes parents qui habitent à Alençon, cela me fait moins loin que Toulon et me permet de souffler un peu.
Le propriétaire de mes parents vient à décéder, ses enfants sont décidés à vendre ; mes parents étant trop âgés pour obtenir un prêt et acheter la maison, ma sœur vient juste de faire construire, je me retrouve donc le seul à pouvoir acheter, sans quoi, mes parents qui ont toujours habité cette maison vont se retrouver à la rue.
Je me porte volontaire campagne dans l’espoir de partir assez vite. Avec ma prime de départ et ma solde campagne, ça devrait coller. Ma foi, la chance est avec moi, à peine deux mois plus tard, je suis désigné Mururoa.
J’ai juste le temps de concrétiser l’affaire et c’est le grand départ. Je ne connais pas la Polynésie, c’est donc une bonne occasion de le faire.
Je fais un bref passage par Toulon, quelques contacts avec des collègues qui ont déjà fait Tahiti. Je glane de bonnes adresses et de précieux conseils.
Puis, c’est le départ, la séparation est difficile, je pars pour un an, sans possibilité de retour.
A suivre...

Chapitre 13 : MURUROA
1978/1979
Escale à Mirabelle, aéroport de Montreal, puis Los Angeles et arrivée à Faaa.<:p>
La première chose qui me frappe, à l’ouverture de la porte, hormis la chaleur, c’est l’odeur enivrante du Tiare.
Au bas de l’échelle, une foule de civils et militaires, les bras chargés de colliers de fleurs nous attend. Les colliers en plus, j’ai déjà vécu cette scène en Corse. Georges Hybschele m’attend, il n’a pas changé, si ce n’est qu’il arbore fièrement une casquette et des épaulettes portant deux ficelles.
Je dois rester deux jours à Papeete, le temps de remplir quelques formalités. Georges est là pour la réunion mensuelle des directeurs de foyers du C.E.P.
Nous prenons ensemble la Caravelle qui assure la liaison entre Tahiti et Muru.
Parmi les nombreux hommes présents sur le tarmac, je reconnais un barbu ; Olivier Ducastel, il est affecté au Foyer Martine, en tant que responsable animation et bureau des voyages.
C’est le poste que devrait occuper l’adjoint du directeur, mais, Georges a du en décider autrement. Jacques Soubeyran, avec qui j’ai fait mon BAT et que je remplace est à la comptabilité. Ce qui n’est pas une mince affaire, quand on connaît l’importance du Foyer de MURU.
Le foyer est situé sur le bord du lagon, la plage affleure la terrasse, un tané s’occupe de planches à voile, Georges me le présente comme le moniteur de voile et de Wind-surf, il est champion de Polynésie.
Nous passons devant le bar interarmes. C’est une construction semi traditionnelle, les toits en Pandanus, les fenêtres à louves, des barreaux me font penser que, bien que nous soyons sur un atoll essentiellement militaire, il n’en n’existe pas moins des risques de délinquance.
Le bureau du directeur est situé entre le bar et la coopérative. J’occuperai la chambre attenante au bureau. 4 mètres sur 2 et demi, une douche et un frigo. Un lit en fer et une armoire en bois blanc composent, avec une table et deux chaises, l’essentiel du mobilier.
Le commandant de Muru est un marin, la loi de l’alternance est en vigueur sur ce cailloux où se côtoient : aviateurs, biffins, légionnaires, marins et civils du C.E.A.
Georges me laisse entre les mains d’Olivier Ducastel qui va me guider dans mes démarches administratives et me faire découvrir les endroits stratégiques de l’atoll.
Avant d’aller déjeuner, nous passons à la coop. Le PM Berrou en a la charge, avec deux appelés aviateurs. Nous récupérons, au passage, le SC Abiven, un biffin qui fait office d’adjudant de compagnie.
Après un rapide apéro, nous passons à table. L’intendance est assurée par la marine, ce qui est un bon point. Le déjeuner est excellent et copieux. Olivier me présente quelques gens importants avec qui j’aurais à travailler au quotidien.
De retour au Foyer, je termine la visite des divers clubs, salles de cinéma, studio de télévision, bureau des voyages...
Nous sommes soumis au régime campagne, c’est-à–dire que nous travaillons de 6 heures à 13 heures, les après-midi sont libres.
Olivier me fait visiter tous les coins et recoins du Foyer et me mène à la Légion.
Comme partout, la Légion est une entité à part, elle à sa popotte, ses cuisines, sa boutique. Il me présente aux responsables avec qui nous bossons. Puis nous allons à la popotte. Pierrot, je te présente l’adjudant-chef président des sous-officiers de la légion.
L’AC se retourne. Quelle n’est pas ma surprise en reconnaissant « Halte au feu », il était déjà le président des sous-off à Diégo. Je me fais reconnaître : l’inauguration de la popotte de Tanambo, le Béarnais, les matches de rugby. Le regard perçant, bleu acier, du légionnaire s’illumine à l’évocation de cette période de notre vie commune.
Tu sais qu’il y a Martinez, qui s’occupait de l’équipe de rugby de Diégo, c’est lui qui gère la popotte, ici.
Vous mangez avec nous, ce soir, il y a un méchoui. C’est le genre d’invitation qu’il ne vaut mieux pas refuser. Pas question de dire non à ce genre de demande, et puis, nous pourrons parler de Madagascar.
A 19 heures, nous arrivons à la légion. 4 moutons sont en train de rôtir sur d’immenses broches. Une buvette est dressée à l’écart, elle est destinée aux hommes du rang. Le bar de la popotte étant, quant à lui situé prés des tables où nous allons manger.
Les tournées de Vahine (ndlr : bière produite à Tahiti) succèdent aux rasades de Chivas, l’alcool aidant, l’ambiance se détend peu à peu. Nous passons une bonne soirée, mais il nous faut rentrer, sinon le réveil va être difficile. Le chemin du retour me semble plus long qu’à l’aller et c’est avec un plaisir certain que je m’affale sur mon lit.
A mon réveil, je sors prendre l’air sur la terrasse devant le Foyer, des centaines de crabes courent sur la plage entre les cadavres de bières et de jus de fruits. C’est une véritable poubelle. Chaque matin, les barmen se tapent le ramassage des bouteilles et des détritus avant de s’attaquer au nettoyage du bar.
Quand Georges arrive, je lui dis que je pense avoir une solution au problème des bouteilles vides sur la plage. Il m’écoute puis me dit : ça ne marchera jamais ici, entre la Légion, l’Aviation, les biffins et la Marine, tu ne feras pas ramasser les cadavres, comme ça, de but en blanc ! On ne risque rien d’essayer.
Je fais des affiches disant qu’aucune consommation ne sera délivrée quinze minutes après l’ouverture sans que les bouteilles vides ne soient ramenées.
La première consommation étant délivrée en échange du badge.
Au début, certains ont du mal à se soumettre à la nouvelle règle, et quelques uns font du tapage. Comme je passe fréquemment au bar, les barmen me signalent les récalcitrants.
Je leur donne alors le choix entre : se plier au règlement ou être de corvée à la fermeture pour ramasser les derniers cadavres restant sur le sable.
Au bout d’une semaine, le soir, la plage est propre comme un sou neuf.
J’ai en partie réussi mon pari, il reste toujours quelques récalcitrants pour faire la forte tête, mais une certaine forme d’auto discipline se met en place. J’ai obtenu qu’un légionnaire soit détaché au Foyer pour surveiller le bar et la plage. Et de ce fait, il y a de moins en moins de récalcitrants ; les arguments, de poids, avancés par le soldat de surveillance étant très dissuasifs. En quelques semaines, la plage et le lagon sont propres le soir.
Les semaines et les mois passent, les fêtes de fin d’année arrivent. La DIR FEF de Papeete a prévu un spectacle venu de métropole. Illusionnistes, contorsionniste, Les Sales Gosses sont aussi au programme, ainsi qu’une jolie présentatrice. Tout ceci venant compléter les traditionnels chants et danses polynésiens.
Le spectacle a lieu dans le cinéma, ouvert, prés du Foyer Martine. Je suis en charge de l’organisation des soirées, je renoue enfin avec l’animation de grande envergure ; cela va me changer des concours de boules, flippers, cartes et autres lotos visant à écouler les rossignols de la coopérative.
L’accueil des artistes se fait en grandes pompes, tout le gratin du caillou est sur le pied de guerre. Mes retrouvailles avec les Sales Gosses sont émouvantes, visiblement ils sont heureux de trouver un visage familier en ce bout du monde et je suis touché par leur dynamisme et le plaisir qu’ils ont à me revoir.
Georges se charge de l’accueil des personnalités, je lui laisse volontiers cette partie de l’organisation. En ce début d’après-midi du 23 décembre, il pleut sur Muru. Une collation est servie au restaurant du CEA, puis les artistes sont dirigés vers leurs « appartements ». Ils sont logés dans des "Algeco" dans le secteur civil de l’atoll.
En début de soirée, je leur fais visiter les lieux où va se dérouler la soirée. La grande scène est décorée des feuilles de palmiers et d’une multitudes de coquillages, paréos, Tikis.
Les artistes sont invités dans les divers restaurants ; la présentatrice est bien sur retenue par les officiers supérieurs et les pontes du personnel civil du CEA.
Les Sales Gosses, quant à eux, déjeunent au mess sous-officiers. Nous revenons sur tous les spectacles que nous avons faits ensemble à Toulon.
A suivre...

Chapitre 14 : LA VOILE ET AUTRES SERVICES DU FOYER
LE CLUB VOILE ET WINDSURF
La flotte du club se compose de dériveurs, planches à voile et pédalos. Le tahitien qui s’en occupe, MAURICE, si mes souvenirs sont bons, tient le club de mains de maître.
Le matériel est superbement entretenu, les locaux sont nickels et les cours de planche qu’il dispense sont très fréquentés.
Le C.E.A. possède, lui aussi, un club de voile et de ski nautique. Nous organisons quelquefois des régates.
Que dire de plus sur un truc qui marche, le climat favorable, du bon matériel et un responsable compétent, le succès est assuré.
LA BIMBELOTERIE
Les dimensions de la coop sont impressionnantes, d’énormes étagères sur plusieurs niveaux, sont alignées par types de produits.
Le PM Berrou qui en a la charge, un petit moustachu, brun, sec et toujours en mouvement, dirige sa boutique de mains de premier-maître. Ses deux appelés, des aviateurs bossent bien et sont très à l’aise dans leur rôle de vendeur.
On trouve de tout dans la bimbeloterie : de la lessive, des produits d’hygiène, des bijoux, des montres (toutes plus sophistiquées les unes que les autres), des radios aux dimensions extravagantes, des T-shirts, du linge de corps, des chaussures de toutes sortes, des téléviseurs et même des vélos pliants.
Une anecdote à ce sujet : un légionnaire qui avait du abuser d’un cocktail explosif, "voile de soie-bière", entre dans la boutique et achète un vélo. Le paie et sort. Il l’enfourche, fait quelques tours de roues en zigzagant sur le sable, attaque le lagon et s’y enfonce.
Quelques minutes plus tard, dégoulinant, il entre en criant dans la boutique, avec un fort accent alsacien ou allemand :
- il flotte pas ton pédalo ! et il part en laissant son vélo sur la terrasse...
Je n’ai jamais vu un stock aussi impressionnant de T-shirts, débardeurs, shorts, casquettes et autres vêtements de loisirs qu’à MURU.
Chaque fin de mois, l’épouvantail « inventaire » pointe son nez. Le soir, à peine la porte fermée, la course contre la montre commence. Tout le personnel du Foyer est sur le pont :barmen, adjudant, coopérateurs, moniteur de voile, directeur et ses adjoints.
On ira se coucher que lorsque l’inventaire sera terminé et que le stock réel collera au stock théorique et aux recettes. J’en ai vu durer toute la nuit ; et recompte les chaussettes, les shorts, les montres… il faut que cela tombe juste, au centime prés.
L’AGENCE VOYAGES
C’est le domaine réservé d’Olivier Ducastel, il gère sa boutique tout seul, il faut dire qu’il n’a qu’une billetterie qui lui est adressée par la DIR FEF de Tahiti à gérer.
Réservations d’hôtels, billets d’avion et carnet d’adresses concernant essentiellement les locations de voitures.
Quand Olivier part en permission ; 7 jours toutes les 7 semaines, la billetterie est tenue par son adjoint.
A suivre...

Chapitre 15 : LES PERMISSIONS
Pour ceux qui ont connu MURU, cette semaine de permissions toutes les sept semaines est attendue comme le Messie. Retrouver un tant soit peu de civilisation et revoir des femmes, des touristes, un autre genre de vie que celle du cailloux est nécessaire à la vie et à l’équilibre pour supporter cet éloignement et cette vie en vase clos.
Mes semaines de permissions sont assujetties à celles de Georges. Comme il a cumulé des semaines pour faire venir son épouse à Papeete, je pars comme je peux. De plus, tous les mois, il y a une réunion des directeurs de Foyers à Tahiti. D’ordinaire, le directeur jouait l’alternance et un mois sur deux l’un de ses adjoints allait à la réunion, ce qui permettait à tout le monde de souffler un peu entre les permissions. Georges n’applique pas cette règle, il va à toutes les réunions, Olivier et moi nous nous assoyons sur ces quelques jours de détente.
Ma première semaine de permission, je la prends dix semaines après mon arrivée sur l’atoll. L’adjudant chef Martinez m’a donné les coordonnées d’un de ses amis, ancien légionnaire qui tient l’hôtel Aimeo à Moorea.
« Va le voir de ma part, tu seras reçu comme un prince ! ».
Arrivé à l'escale militaire de Faaa, je franchis les quelques dizaines de mètres et je me rends à l’aéroport civil. Je prends un billet pour Moorea, l’île est située à quelques dizaine de milles de Papeete et il n’y a que quelques minutes de vol pour s’y rendre.
Le petit bi-moteurs se pose en douceur sur la piste. Des dizaines de vahinés en costume traditionnel distribuent des colliers de fleurs aux arrivants, un tané tient une pancarte sur laquelle est mentionné : Hôtel Aimeo.
Je m’approche de lui et me présente, visiblement il m’attendait. Martinez a bien fait les choses.
Deux touristes américains se joignent à nous, nous grimpons dans une jeep Volkswagen jaune sable, le chauffeur commente le paysage qui défile doucement, dans un anglais approximatif. Quelquefois, je prends le relais et traduit de façon un peu plus correcte les paroles du chauffeur. Lorsque nous arrivons à l’hôtel, j’ai sympathisé avec le couple.
Deux employés de l’hôtel se chargent des bagages et nous dirigent vers l’accueil.
Le personnel est nombreux, pas d’uniforme, mais une harmonie dans les couleurs des paréos. Les vahinés arborent une splendide fleur de tiare à l’oreille et porte un soutien-gorge fait de deux demi noix de coco, dans la plus pure tradition de cartes postales.
Le chauffeur me tire à l’écart, il me dit : « Gérald t’attend dans son bureau ! ».
Vous l’aurez compris, Gérald est le copain de Martinez, il m’apparaît comme un baroudeur, cheveux blonds bouclés, un torse puissant bronzé, il n’a plus rien du légionnaire dont m’a parlé son ami. En m’apercevant, son visage arbore un large sourire, ses dents sont blanches et deux canines en or ajoutent à son charme.
- Pierre, tu es bien Pierre ? Marti m’a parlé de toi, il t’aime bien, il m’a dit que tu aurais pu faire un bon légionnaire ! Tu es ici chez toi, viens, on va prendre un Maitai !
Le bar est situé prés du lagon, des clients de l’hôtel nous font de grands signes, Gérald leur répond d’un geste de la main.
- C’est la première fois que tu viens à MOOREA ? Tu verras, l’île n’est pas très grande, mais elle est superbe.
Je vais te donner une chambre qui donne sur le lagon, elle est proche du bar et de l’accueil.
Je l’en remercie, mais lui fait remarquer que mes moyens sont toutefois limités et que je ne veux pas abuser. Sa réaction ne se fait pas attendre.
- Je t’ai dit que tu étais chez toi, tu n’auras rien à payer et je ne veux plus entendre parler d’argent !
On ne répond pas à de tels arguments. Je me garde bien de le remercier et nous sirotons notre cocktail. Ce soir, il y a un Tamara en l’honneur des nouveaux arrivants.
Le Tamara est un repas traditionnel tahitien composé de porc, patates douces, bananes "Fei", cuits dans un four enterré dans le sable corallien. On déguste aussi le "Fafaru", espèce de fromage de poisson faisandé et de poisson cru. Ce repas est accompagné de chants et danses traditionnels. Le lagon est éclairé par des torchères et les rares personnes qui ne sont pas sur la plage ont pris d’assaut le bar.
Gérald a l’œil à tout, il houspille son personnel pour que la soirée se déroule dans les meilleures conditions. J’ai retrouvé mon couple d’américains, visiblement le soleil ou, et le Maitai leur ont donné des couleurs. En m’apercevant, Gérald me décoche un clin d’œil et lève son pouce. Je hoche la tête et lui renvoie son signe. Les plats se succèdent accompagnés de chants et de danses. Les clients sont aux anges, les anciens tentant d’expliquer aux nouveaux la signification d’une telle soirée.
Gérald vient se joindre à nous en fin de soirée, je suis en pleine discussion avec mon couple d’américains et deux autres touristes australiens, notre conversation tourne autour du foot américain et du rugby, chacun défendant son bout de gras à grand renfort d’exemples mettant en cause de grands joueurs de l’un ou l’autre de ces sports.
Mon aisance en anglais semble intéresser notre hôte qui me fait une proposition.
- Je te fournis une voiture, si tu acceptes de faire visiter notre île aux clients de l’hôtel et comme ça, tu paieras ton séjour.
Le deal m’intéresse et je donne mon accord à Gérald.
Dès le lendemain, au petit déjeuner, Gérald vient me donner les clés d’une voiture, il s’agit d’un petit 4X4 Suzuky, plus haut que large et peu stable. Aujourd’hui, tu as quatre anglais pour la journée, le plan du voyage est à l’accueil, départ à 8h45.
Un quart d’heure avant le départ, je suis à l’accueil, l’hôtesse me donne le planning de la journée. Au programme : visite d’une ferme d’élevage de bovins, exploitation d’ananas, temples et cascades. Nous déjeunerons dans un petit restaurant chinois prés de l’exploitation d’ananas. Retour pour 19 h 00 et dans la soirée, nuitée au club de vacances sur le bord du lagon.
A l’heure dite, mes « clients » arrivent, le moins que l’on puisse dire, c’est que leur tenue vestimentaire ne manque pas à la désinvolture anglaise. Les deux filles portent des mini jupes, des soquettes blanches, des chemisiers club et des bobs. Les garçons portent bermudas, bas de sport, tricots de golf et des chapeaux de brousse à faire pâlir de jalousie n’importe quel aventurier.
N’ayant pas eu le temps d’étudier le parcours dans le détail, avant le départ, je pars en pleine improvisation. Le respect du parcours est facilité par le peu de routes desservant l’île, un axe principal en fait le tour et quelques pistes mènent aux sites stratégiques à visiter.
La ferme pédagogique nous surprend agréablement, de splendides vaches rousses paissent dans un vallon herbeux comparable aux alpages. L’exploitation d’ananas étonne mes anglais, ils cherchent désespérément les arbres où poussent les fruits charnus. La surprise est de taille quand ils découvrent qu’ils poussent comme les artichauts.
Le repas chinois est excellent, la plage n’étant jamais loin, nous allons piquer une tête dans le lagon. L’après-midi est déjà bien entamé quand nous arrivons au temple, je tente de leur expliquer au vu de la brochure que m’a fourni le patron du restaurant, en quoi consiste et ce que représente pour les polynésiens ces temples. Je reste suffisamment évasif pour ne pas avancer d’énormités mais tellement persuasif qu’aucune question embarrassante ne vient ternir mon exposé. En redescendant du temple, nous passons devant les deux ou trois cascades déjà vues à l’aller.
Nous sommes de retour à l’hôtel vers six heures et demie, douche rapide et direction le bar. Maitai, repas rapide et direction le village de vacances pour une soirée dansante. Sur la piste, les couples se sont formés et de grands sourires sont sur tous les visages.
Quant à moi, j’ai le mal du pays, mon épouse et mon fils me manquent. Plutôt que de me remonter le moral, cette permission loin de Muru me fout le bourdon.
Heureusement, les journées passent vite et je regagne mon cailloux, sans plaisir mais sans regret. Je renouvelle une fois cette expérience sans plus grand succès. Que ce soit sur l’atoll ou durant les permissions, le temps est long, trop long, petit à petit je me renferme sur moi et je commence à déprimer. Tant et si bien qu’au bout de six mois, je suis tellement dépressif que mon comportement va nécessiter mon rapatriement en métropole.
Au départ de Muru, colliers de coquillages, idem à Faaa, je me retrouve avec un stock impressionnant de ces souvenirs. Au retour, comme à l’aller, nous faisons escale à Los Angeles, pour une paire d’heures. Lorsque nous atterrissons à Mirabelle, aéroport de Montreal, la température est largement en dessous de zéro. Je suis en short et débardeur, l’escale dure plusieurs heures. Je me rue vers les « Free Shops » pour y acheter pull, pantalon et chaussettes.
Après une vingtaine d’heures de vol, au total, nous atterrissons à Paris. Direction la gare de Lyon et Toulon.
A suivre...

Chapitre 16 : LE SERVICE RECREATIF DE TOULON
1979
Après une courte période de permission, je suis affecté au service récréatif de Toulon. Ma fonction sera essentiellement celle de préparer le festival de théâtre de Chateauvallon.
Je m’attaque donc à la tache, il y a environ trois semaines avant le début du festival. La troupe de théâtre de l’USAM en constitue l’épine dorsale, il y a peu d’acteurs et
seulement deux pièces au répertoire : Le songe d’une nuit d’été de Sheakspeare et un duo qui se déroule en vase clos dans une cabine téléphonique.
Nous sommes prêts à la date prévue et notre participation au festival ne restera pas dans les annales.
Je ne fais pas de vieux os au service récréatif, un beau matin, je suis appelé dans le bureau du directeur du FEF.
- Vieuville, vous allez partir pour quelques mois à Brest, ou plutôt à l’île longue, à la base sous-marine sur la presqu’île de Crozon. Vous continuerez à être géré par la III° région maritime et à la prochaine sortie de cours, votre remplaçant sera désigné et vous reviendrez à Toulon.
Encore une fois, je me retrouve dans la peau de l’homme de la situation, l’homme indispensable, celui qui correspond en tous points aux nécessités et impératifs du poste à pourvoir.
A l’île longue, il faut impérativement quelqu’un qui comprenne la mentalité des sous-mariniers, et qui mieux qu’un ancien sous-marinier peut les comprendre...
Je me retrouve en partance pour Brest, temporairement. Depuis que je suis parti à Querqueville, je suis célibataire géographique, Martine est restée à Toulon car mes affectations étaient provisoires.
A suivre...

Chapitre 17 : L'ILE LONGUE, LA BOFOST ET LANDIVISIAU
Août 1979
Je débarque en gare de Brest sous un soleil d’été, personne à la gare pour m’accueillir.
Je gagne la direction des Foyers, proche de la gare, je n’ai aucun souvenir des personnes en poste à ce moment là.
J’ai du faire mes mouvements de façon restreinte, car mon affectation n’est que temporaire, je suis en subsistance. Une voiture m’a conduit à l’arsenal pour y prendre la navette de l’île longue.
La rade de Brest est immense en comparaison de celle de Toulon. La navette pousse de la D.P. (ndlr : direction du port)proche du pont de Recouvrance vers la presqu’île de Crozon. La mer est formée et ça bouge pas mal, après une nuit de train, j’avoue qu’il y a mieux qu’une traversée de rade houleuse.
Nous touchons le quai de la B.S.M. (Base des Sous-Marins), la sécurité est maximum. Gendarmes maritimes, contrôle d’identité, fusiliers marins en armes, maîtres chiens, je suis temporairement parqué au poste de garde, le temps que le directeur du Foyer, Gleyze Bourras, vienne me chercher.
C’est un jeune ASFOY du contingent qui vient me délivrer, nous montons dans la 4L du Foyer et direction la base vie.
Nous franchissons les différents points de contrôle pour déboucher dans la zone vie.
Petits bâtiments, espaces verts, en haut d’une petite colline, le Foyer. La voiture s’immobilise devant la porte. Je prends ma valise et nous entrons dans le Foyer. Tout respire le neuf, le Foyer est d’une propreté irréprochable, nous passons devant la coopérative et arrivons au bureau du directeur. Gleyze Bourras est à son bureau, il fait ses comptes.
«Bonjour, je finis et je suis à vous ! ». L’appelé m’emmène vers le bar pour y prendre un café et le directeur nous rejoint quelques minutes plus tard.
Les présentations sont rapides, visiblement Gleyze est un homme pressé.
- Tu vas faire tes mouvements ce matin, il te conduira dans la base. Nous avalons notre jus et direction le BSI (ndlr : Bureau du Service Intérieur), le bureau des mouvements, le bureau administratif, enfin la routine. Je rencontre le "Bidel" (ndlr : surnom donné au "capitaine d'arme", officier marinier chargé de la discipline) entre deux portes puis le CSI (ndlr : Chef du Service Intérieur). Les mouvements sont réduits au minimum nécessaire pour que l’on sache que j’existe. Il est déjà 11 h 30, nous allons vers le mess des officiers mariniers, passage obligatoire par le bar puis, déjeuner. Après le repas nous retournons au bar pour y prendre le café. Là, il me semble reconnaître quelques visages. Je me présente à quelques officiers-mariniers et effectivement certains viennent de Toulon.
13 H 30, retour au Foyer, Gleyze me dit que nous avons rendez-vous avec le commissaire dans trente minutes.
Après notre visite chez le "Croc" (ndlr : diminutif pour désigner l'officier chef du service commissariat), je peux enfin m’installer dans ma chambre, je la partage avec un patron SACO (ndlr : fusilier marin), moniteur de sport.
Il est célibataire, nous faisons connaissance et après une petite bière au Foyer il me demande si je connais Crozon Morgat. Je lui réponds que non et il m’invite à une sortie au restaurant. Nous prenons sa voiture, un cabriolet Fiat rouge, en quelques minutes nous sommes au village. C’est l’été et de nombreux touristes déambulent dans le centre. Nous entrons dans une crêperie, l’endroit est sympathique, impersonnel mais sympa.
Nous dégustons quelques galettes, mon collègue est connu comme le loup blanc, en fin de soirée nous sommes une dizaine attablés autour de bouteilles de cidre. L’ambiance est bonne, les gens du cru et ceux de la base font bon ménage.
Nous rentrons vers minuit, demain nous commençons la passation de suite et les inventaires. Nous n’avons que trois jours avant que Gleyze Bourras ne quitte son poste.
La bimbeloterie n’est pas très grande et, en dehors du bar, la suite ne va pas prendre beaucoup de temps. En effet, le soir même les inventaires sont terminés, il ne reste plus qu’à faire le bilan. Nous nous y attaquons de suite et vers 23 heures, il est bouclé.
Demain, nous irons le faire signer au commissaire et contre signer à la direction des Foyers. Ces dernières formalités effectuées, signature chez le vaguemestre et je prends mes fonctions le soir même.
Je ne suis là que pour trois mois, je ne vais donc pas refaire le monde et je décide d’assurer la continuité administrative sans lancer de projet d’animation.
L’ambiance sur la base est loin de ressembler à celle de la B.S.M. Toulon. Les sous-mariniers nucléaires n’ont pas les mêmes valeurs que ceux du soutien logistique.
Donc, nous vivons sur la même base, mais pas sur le même bateau. Les équipages bleus et rouges se croisent, les missions se succèdent, mais pour les marins de la base vie, nous ne servons que de faire valoir aux navigants et ils ne se privent pas de nous le faire sentir.
Les trois passent assez vite, et je me préoccupe de connaître ma nouvelle affectation.
Je me verrais bien au Foyer du marin Castigneau, une belle salle de spectacle, un bar suffisamment vaste pour y organiser des soirées cabaret et une ouverture sur le civil non négligeable.
Mon successeur est enfin désigné, il sort du BAT (j’ai oublié son nom). Il prend ses fonctions rapidement et j’attends toujours ma désignation. Ce sera une base sous-marine, mais celle de Brest (BOFOST). Ma déception est grande, d’autant que je serai toujours géré par le CA III.
Je prends la direction du Foyer en me disant que je serai plus prés de la ville et de la patinoire, je vais pouvoir reprendre le hockey sur glace. Je n’ai pas le moral, je ne sais pas pour combien de temps je suis là, une chose est sûre, c’est temporaire. Ce sera pour six mois au maximum, le temps qu’un nouveau cours de BAT se termine. Martine fait grise mine pour ne pas dire la gueule. Le temps passe et je ne vois pas de retour vers Toulon avant six mois.
Je ne m’occupe pas du tout d’animation, je fais le strict nécessaire. Je m’investis dans le rugby et le hockey.
Le directeur de la patinoire est un ancien ASFOY et l’entraîneur de l’équipe est canadien, je m’entends bien avec les deux.
Je compense mon manque d’intérêt pour mon travail à la base par un énorme investissement dans le sport. Je joue au rugby à la BOFOST, dans l’équipe région, je renforce quelquefois l’une ou l’autre des équipes des sous-marins pour des matches amicaux.
Je suis pratiquement à la patinoire tous les soirs, hormis, ces contacts sportifs, je n’ai pas d’ami. La séparation d’avec ma famille me pèse de plus en plus, je descends très rarement à Toulon, le trajet en train est un véritable cauchemard. Les places sur les vols militaires Brest-Hyères sont distribués au compte goutte et généralement réservés aux titulaires d’ordre de mission.
Je commence à broyer du noir et je sens que notre couple est en train de se disloquer.
Ma vie quotidienne se résume à gérer le Foyer sans m’investir dans aucune animation. Je n’aspire qu'à une chose, revenir en III° région maritime, une lueur d’espoir surgit
sous la forme des affectations à la sortie des cours. Un nouveau directeur est désigné pour la BOFOST, je vais donc être muté, mais où ?
La réponse ne se fait pas attendre, un message m’informe que je suis désigné, provisoirement, à la BAN Landivisiau, comme adjoint au Directeur.
Je prends donc acte de cette décision avec une certaine amertume. Je pensais en avoir fini avec ces affectations semi disciplinaires, qui, me punissaient personnellement mais aussi ma famille. Après avoir pris rendez-vous avec la direction du FEF Brest, afin d’avoir de plus amples renseignements sur la durée du provisoire, je prévenais le directeur, que si fin juillet 1980, je n’étais pas de retour à Toulon, je mettais ma casquette au clou.
Autrement dit, je rempilerais sous cette condition.
Une dernière anicroche à la BOFOST, concernant le rugby, vint mettre un peu plus de tension. Un SNLE me demande de faire un mach amical contre un bâtiment de surface, comme à l’accoutumée, j’accepte. Sans tenir compte que le lendemain j’avais un match avec l’équipe de la base, en championnat.
Je fais donc mes deux matches. Au retour du second, un barman me dit que le CSI voulait me voir d’urgence, il n’en connaissait pas le motif. Je prends rapidement ma douche et je me rends chez le CSI. Il a une double casquette, CSI et officier des sports.
Le sujet qui fâche est rapidement abordé.
- Vieuville, êtes vous joueur de rugby professionnel, hockeyeur sur glace ou directeur du Foyer ?
Je lui réponds que je suis directeur, joueur de rugby pour l’équipe de la base, accessoirement je viens renforcer un sous-marin lors de matches amicaux, quand au hockey, je le pratique dans un club civil, durant mes loisirs.
En l’occurrence, ce qui m’est reproché, c’est d’avoir privilégié le sport au détriment de ma fonction première de directeur. Je suis donc sur le cahier et je passerai devant le Pacha en second (ndlr : commandant en second) demain matin.
Le lendemain, je me rends à l’appel en tenue de sortie, un sac de sport à la main.
A 9 h 00, je suis devant le bureau du commandant en second (CSD). Le Bidel me fait entrer.
Lecture des motifs de punitions : manque d’assiduité au travail, participe à diverses compétitions sportives pour le compte de la base et de certaines unités sans autorisation de son chef de service, en l’occurrence, le CSI.
Une punition de trente jours dont quinze fermes est demandée et la sanction tombe.
Je demande la permission de sortir ce que j’ai dans mon sac, j’en extrais un short, une paire de chaussettes et un maillot, que je dépose sur le bureau. Le CSD me demande ce que cela signifie, je lui réponds qu’à compter de ce jour, je ne ferai plus de sport dans la marine.
Le mois suivant, se déroulaient les épreuves du BATIVAP, séances de sport obligatoire, visant à évaluer le niveau de condition physique de chaque marin, quel que soit son grade et son âge.
Je ne me présente pas aux épreuves et le lendemain, je suis de nouveau sur la peau de bouc. Là, la sanction est plus importante, trente jours, plus les quinze en sursis. Je viens de me prendre soixante jours de trou avant de quitter la BOFOST, cela va sûrement m’aider dans ma prochaine affectation.
Je passe rapidement sur la descente aux enfers que va représenter mon affectation à Landivisiau. Je suis logé dans une chambre du Foyer, étant célibataire géographique je fais le maximum de jours de service, la BAN est loin de Brest, je ne m’y rends que pour les entraînements et les matches de hockey.
Mon prédécesseur portait ses galons et sa casquette, il allait à l’appel. D’entrée, je m’y refuse. Lorsque je suis convoqué pour la première fois chez le CSI et qu’il me demande pourquoi je me refuse à ces deux mouvements militaires, je lui réponds que je porterai mes galons et ma casquette quand l’Aumônier le fera (ndlr: précédemment, bien qu'ayant un grade, les ASFOY ne portaient pas de galons sur leur tenue d'uniforme) et que j’irais à l’appel quand mon directeur y viendra.
J’ai ainsi végété durant plusieurs semaines, allant de tours de consignes en jours de taule, jusqu’à ce qu’un jour, le Médecin Major m’envoie en détentes morales.
Ayant refusé de me réengager, je termine le temps qu’il me reste entre l’hôpital Sainte-Anne de Toulon et ma famille enfin retrouvée.
Nous sommes en juillet 1980.
A suivre...

Chapitre 18 : EN GUISE DE CONCLUSION
De toutes les activités dont j’ai pu m’occuper au cours de mes différentes affectations, je ne dirais pas que le théâtre arrive en première place, néanmoins figure-t-il en bonne position. Au départ, ce sont les sketches, les imitations, les improvisations, que j’ai pu faire seul ou « mal accompagné » qui m’ont apporté de grandes satisfactions.
Il est vrai que les spectacles que nous avons pu monter, aussi bien à la BSM Toulon qu’avec le concours de l’école ASFOY du Dépôt des équipages, n’avaient rien à envier de ce qui se faisait dans le civil : troupe du Splendid, Café de la gare…
Tout au long de ma courte carrière dans la Marine et dans les Foyers, je n’ai jamais renié ce que j’avais pu monter comme spectacle dans le style « cabaret », de mes débuts.
Puis, je suis passé à la vitesse supérieure quand je suis rentré dans les Foyers. J’ai pu, enfin, prendre des cours de théâtre, apprendre le métier d’acteur, de réalisateur, de producteur.
En grande partie grâce à G.R. Deshougues, le stage théâtre au CREPS de Boulouris, avec la participation et la confrontation avec des animateurs civils, m’a permis de voir que ce que nous faisions dans la Marine n’avait rien à envier à ce qui se faisait dans le civil, bien au contraire.
Le défi le plus important que j’ai eu à relever fut de diriger la troupe du CIN Saint-Mandrier, sous la houlette de Madame Verne, et avec le concours d’un ASFOY du contingent qui ne vivait que pour le théâtre.
C’est ainsi que nous avons pu monter plusieurs pièces, dont :
- En attendant Godot ;
- Des souris et des hommes ;
- Du vent dans les branches de Sassafras ; - Manuel de Falias.
Puis, des pièces plus légères telles que :
- La peur des coups ;
- Les Boulingrins…
Avec ces deux dernières, nous avons eu la chance de nous produire dans la plupart des
Foyers de la III° région, dont, en particulier, le Foyer La Magicienne d’Aspretto.
Là, il m’a a fallu déployer une grande logistique :
- obtenir des divers directeurs des cours les autorisations pour que la troupe, une
dizaine de personnes, puisse s’absenter du vendredi au lundi inclus ;
- les camions et bus pour le transport des acteurs et du matériel ; - deux avions Nord 262, assurant la navette entre la BAN Hyères et la BAN Aspretto.
Et tout ceci, sans aucun appui officiel, juste sur ma motivation et pour prouver à tous
mes détracteurs qu’il était possible de monter une telle tournée.
Le service animation du CIN gérait et organisait des tournées de spectacles dans toute la région. C’est ainsi que de nombreux groupes ont pu se produire au sein des différentes unités de la III° région maritime, dont :
- Daniel Darden ;
- Les Chasquis ;
- Luis Fontana et son Jazz Band ;
- Les Wapassous.
Pour ces derniers, une mention spéciale puisqu’ils ont été le premier et le seul groupe de hard rock à se produire sur le porte-avions Clémenceau et sur le Foch, et ce bien avant Jonnhy Halliday.
Enfin, un dernier témoignage qui résume, à lui seul, ce qu’aura été mon cheminement théâtral au sein de la Marine et des Foyers.
Si j’ai appris les bases du théâtre grâce à G.R. Deshougues, c’est aussi avec lui que j’ai réalisé un phantasme : celui d’interpréter un homme célèbre.
La ville de Saint-Tropez avait demandé à G.R. de monter un spectacle sur la vie de son bailly.
Spectacle grandiose, avec des centaines d’acteurs, de tous âges et de toutes provenances.
C’est ainsi que les élèves des écoles de la presqu’île représentaient la mer et la cité du bailly.
La troupe du CIN, la période noire de la vie de Suffren, prisonnier des anglais.
J’interprétais le Bailly dans la force de l’âge, révolté, meneur d’hommes et se refusant à accepter sa condition de prisonnier.
Monsieur Fouques, de l’Escolo de la targo, et son imposante stature, le Bailly vieillissant et sur le déclin.
Tout ceci, dans les ruines de la citadelle surplombant le port de Saint-Tropez, à grand renfort de bombardes et de coups de canons et « tout ceci, bénévolement ».
FIN
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L'Amicale : Archives 2009 - Lettre de liaison Amicale Toulon - par NEMO le 11/01/2010 @ 13:07 |

Lettre de liaison n°1-2009
Lettre de liaison n°2-2009
Lettre de liaison n°3-2009
Lettre de liai ...
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Lettre de liaison n°1-2009
Chers Amis,
Notre dernière rencontre du 08 décembre de l’an passé a été marquée par l’intérêt et le côté studieux des amicalistes présents dans le salon Amiral du cercle naval de Toulon pour assister, en fin de matinée à un premier exposé sur la spécialité d’assistant de foyer d’aujourd’hui et les métiers de demain. Après un très agréable repas pris en commun, j’ai eu le plaisir d’animer un second exposé sur la création des futures bases de défense dans le cadre des grandes réformes de la défense.
Un merci tout particulier au PM Hamadache, au MP Arcelin, et à l’EV1 ® Magnoli qui nous ont accueillis très cordialement en leur cercle.
(...) la bonne humeur a prévalu sur les inquiétudes de chacun quant au devenir de nos cercles et foyers et de ceux qui les animent au sein de la marine pour la deuxième décennie de ce siècle, et les débats furent passionnés et empreints d’histoire.
En attendant de vous retrouver, je vous adresse mes vœux les plus chaleureux de santé, de bonheur, de réussite pour vous et ceux qui vous sont chers. Que l’an « neuf » soit un merveilleux millésime pour tous et pour notre maison « foyers ».
Bonne année 2009…
Notre prochain rendez vous est fixé au lundi 26 janvier 2009 en salle verte du cercle naval Vauban. Nous y serons accueillis en salon par la direction du cercle à l’occasion de notre premier rendez de l’année 2009 pour notre repas qui sera, je l’espère, présidé par l’Amiral, adjoint territorial, si son agenda particulièrement chargé le lui permet. Nous tirerons traditionnellement les rois à l’issue d’un repas spécial (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°2-2009
Chers amis,
Le rendez-vous du lundi 26 janvier dernier a été le premier d’une longue série pour l’année 2009, c’est en tout cas l’un de mes voeux pour l’amicale.
Il aura été aussi un moment fort puisque le contre-amiral Dominique Balmitgère, adjoint territorial, a répondu à l’invitation de notre président, Jean-Philippe Noblet et de moi-même, et nous aura fait l’amitié et l’honneur de partager quelques heures avec nous.
Il m’a confié, quelques jours après, le plaisir sincère qu’il a eu à écouter les témoignages et anecdotes qu’ont pu lui faire partager certains d’entre nous.
L’occasion était bien sûr trop belle pour passer quelques messages sur la vie de l’amicale, la section histoire des foyers, le lendemain de nos cercles et foyers … mais nous aurions pu discourir sur ce sujet des jours entiers.
Grâce à notre photographe officiel, Raymond Mourcel, les moments forts de la vie de l’amicale en 2008 sont réunis en près de 300 superbes photos sur un CDRom qui sera mis en vente dès notre prochaine réunion.
Merci également à Myriam Zerdani d’avoir réalisé la jaquette.
Compte-tenu des périodes de vacances
scolaires, notre prochain rendez vous est fixé (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°3-2009
Chers amis,
De notre précédent rendez-vous du mois de mars au cercle du marin, je retiens la présence de nos camarades de CSF dont le commandant, le CF François Monteil – les directeurs des EPAs, Dathima Hamcha et Michel Audigane – le directeur délégué
du cercle du marin, Nicolas Chamoulaud, qui outre leur accueil, nous ont accordé un peu de leur temps pour échanger avec les membres de l’amicale.
Adhèreront-ils aussi à l’amicale ?................
Nous profitons toujours de ces réunions pour transmettre à la section « histoire des foyers » documents, photos, anecdotes, qui alimentent, grâce à ses adhérents, le site de l’amicale.
N’hésitez donc pas à confier vos souvenirs qui permettront de
perpétuer ce que sont et ont été les foyers de la marine.
Grâce à notre photographe officiel, Raymond Mourcel, les moments forts de la vie de l’amicale en 2008 sont réunis en près de 300 superbes photos sur un CDRom qui sera mis en vente dès notre prochaine réunion.
Merci également à Myriam Zerdani d’avoir réalisé la jaquette.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°4-2009
Chers amis,
Trois événements auront ponctués cette journée du
06 avril au cercle des officiers mariniers :
- la présence des trois majors, correspondants des
présidents du personnel non officiers de CECMED,
d’ALFAN (force d’action navale) et d’ALAVIA
(aéronautique navale) qui ont pu témoigner de
l’intérêt qu’ils portent aux cercles et foyers ;
- la présence d’un des premiers directeurs de foyer
d’après-guerre parmi nous (voir ci-dessous) ;
- enfin la visite durant l’après-midi du site de
l’Oratoire, dernier bâtiment annexé en avril 2008 au
cercle de la marine à Toulon pour devenir un
bâtiment réservé aux cadres célibataires (plus de 60
chambres aménagées et louées au mois ou à
l’année). Ce bâtiment était auparavant un centre de
convalescence spécialisé en balnéothérapie et
ergothérapie rattaché au service de santé des
armées.
Surprise :
André Mora nous a fait la surprise d’être accompagné de Norbert Vialet, résidant à Neuilly S/seine, de passage à
Sanary/mer et doyen de notre assemblée puisque entré dans les foyers en 1948.
Des retrouvailles très appréciées de nos camarades de l’APCFM de Toulon.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Adhésion :
Vous n’êtes pas encore membre de
l’amicale… Il n’est pas trop tard, remettez moi ou
envoyez moi le bulletin d’adhésion ci-joint
accompagné de votre règlement à l’adresse
suivante :
BCRM - Amicale du personnel des cercles et foyers
Cercle de la marine à Toulon – Boîte postale 59 –
83800 Toulon cedex 9
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°5-2009
Chers amis,
Magnifique journée sous le soleil de Saint-Tropez
pour notre précédent rendez-vous… L’amicale a
une fois encore apprécié l’accueil chaleureux que lui
a réservé l’équipe du cercle naval et son directeur,
Philippe Wallois. L’occasion pour les membres de
découvrir les derniers aménagements (rénovation
des chambres, mobiliers de terrasse, décoration du
bar…) mis en place pour la nouvelle saison.
La journée a été sportive pour certains qui ont osé,
malgré la chaleur, faire le tour de la presqu’île en
vélo. D’autres ont pu redécouvrir les charmes du
marché provençal au coeur du village, ses boutiques,
et déjà les premiers yachts amarrés sur le port. Tous
se sont retrouvés pour l’apéro avant de déjeuner à
l’ombre des platanes.
Scoop :
Le cabinet de l’amiral de la
force d’action navale m’a fait
savoir vendredi dernier que
ma demande de visite du
BPC Tonnerre au profit de
l’Amicale, était retenue.
Rendez-vous nous sera fixé
un samedi à partir de
Septembre en fonction de
l’activité du bateau.
A suivre….
Notre prochain rendez vous est fixé au (...). Nous
clôturerons ainsi la saison avant les vacances
d’été.
Adhésion :
Vous n’êtes pas encore membre de
l’amicale… Il n’est pas trop tard, remettez moi ou
envoyez moi le bulletin d’adhésion ci-joint
accompagné de votre règlement à l’adresse
suivante :
BCRM - Amicale du personnel des cercles et foyers
Cercle de la marine à Toulon – Boîte postale 59 –
83800 Toulon cedex 9
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°6-2009
Chers amis,
Notre dernier rendez-vous fin juin au Fort Saint-
Louis avait des allures très estivales et nous nous
souhaitions mutuellement de passer de très bonnes
vacances… A l’heure où je rédige ces quelques
lignes, il me faut déjà évoquer des mots très durs
pour certains tels que rentrée, reprise, faisant vite
oublier les précédentes semaines et la torpeur dans
laquelle on se glisse si facilement. Mais la rentrée,
c’est aussi pour les ami(e)s que nous sommes
l’occasion de se retrouver. Et pour prolonger des
sensations de vacanciers, je vous propose le site du
Cap Brun. Attention : le site étant fermé tous les
lundis pour entretien, nous nous y réunirons le
mardi.
Happy Birthday :
La timidité légendaire de
notre camarade Ludovic
Lepage lui a interdit de
claironner publiquement les
années qu’il a déjà
consommées mais sa date
anniversaire coïncidant avec
celle de notre rendez-vous
mensuel, nous avons été très
heureux de lui rappeler son
jeune âge … en ce 29 juin
2009.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°7-2009
Chers amis,
Nous étions une douzaine d’amicalistes à profiter
d’un agréable repas sur la terrasse du centre de
détente du Cap Brun. Et telle une cohorte des
légions romaines, nous nous sommes empressés de
former la tortue sous les parasols pour nous
préserver d’un ardent soleil. Entre quelques
anecdotes « audacieusement » contées par
Véronique, la conversation s’est tour à tour engagée
sur des sujets aussi glissants mais passionnants que
les effets de la crise sur la retraite des directeurs de
foyers, les cours d’initiation à la bourse en ligne par
Richard et Patrick pour pallier la crise,
l’employabilité de CF® au CIN Saint Mandrier et
quelques anecdotes du temps passé, présent et à venir.
Visite d’un bâtiment :
Je vous l’avais annoncé
avant l’été. L’amiral
commandant la force
d’action navale a validé
notre demande de visite
d’un bâtiment nouvelle
génération. Les démarches
sont bien avancées puisque
le cabinet d’ALFAN m’a
contacté la semaine dernière.
Nous sommes préinscrits
pour une visite du Forbin
(ou BPC) le (...). Je ferai un appel des candidats à
la visite de l’un ou l’autre de ces
bâtiments très prochainement
pour anticiper les démarches
administratives. Le nombre est
limité à 30 et sera réservé en
priorité aux membres adhérents.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°8-2009
Chers amis,
Presque vingt à ce rendez-vous d’automne au cercle
des officiers mariniers de Toulon. Merci au
directeur délégué, Jean-Vincent Ladislas pour son
accueil toujours cordial et pour avoir su partager
quelques instants avec nous. Ce fut pour certains
l’occasion d’échanger à nouveaux des documents
qui viendront alimenter le site de l’amicale grâce à
son webmaster (Jean-Philippe). Surfez, il y a toujours de
nouvelles pages à consulter.
Depuis maintenant trois ans, nous essayons
d’organiser une visite annuelle de bâtiment. En
2007, le PA Charles de Gaulle, en 2008, le sous-marin
Casabianca ; en 2009, ce sera un des dernier né
de la flotte française : la frégate Forbin. Compte
tenu des calendriers d’activité des bateaux, il n’a pas
été facile de caler un créneau de visite pour
l’APCFM. Grâce au cabinet d’ALFAN et au
commissaire du bord, nous aurons ce privilège. La
visite est limitée à 30 personnes et sera réservée en
priorité aux adhérents de l’amicale. Les conjoints,
enfants (plus de 8 ans) et amis seront donc inscrits
en liste complémentaire. Je vous adresse un
formulaire d’inscription qu’il faudra me retourner
au plus tôt pour permettre les accès à la base navale
et à bord. Le déjeuner se fera à l’issue de la visite au
cercle du marin Castigneau.
Ce lundi 05 octobre, nous avons eu le plaisir de compter
parmi nous le père Christophe Boudereaux, récemment
désigné aumônier de la force d’action navale. Le père
Christophe a été assistant de foyer du contingent dans les
années 88-89 au CIN Saint-Mandrier avec Gérard Kerhoas
et Daniel Kobusewski. Cet été, il a célébré le mariage de
notre camarade Gérard et a ainsi pu renouer les liens avec
la maison « Foyers ». Nous sommes particulièrement
heureux de pouvoir le compter parmi nos futurs adhérents
à la section de Toulon.
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°9-2009
Chers amis,
Trente membres et sympathisants de l’amicale à
bord de la frégate de défense aérienne Forbin, vingt-six
au cercle du marin pour poursuivre le
programme de la journée.
Malgré la pluie matinale, nous étions de fiers marins
(anciens, actuels et futurs peut-être) à avoir voulu
franchir la coupée de la FDA Forbin, dernière née
mise en service actif. Son sister ship, la FDA
Chevalier Paul, est encore entre les mains de DCNS
et devrait rejoindre prochainement le Forbin.
Impressionnant par ses nouvelles technologies, son
équipage restreint mais suffisant pour assurer
l’ensemble des missions, là ou les FLM Duquesne et
Suffren nécessitaient des effectifs de 450 hommes,
nous avons pu ainsi mesurer les progrès acquis.
Accueillis à bord comme la marine sait le faire par
l’officier de garde et son équipe, nous avons eu tout
loisir de partager nos expériences avec les jeunes
marins affectés sur ce bâtiment. Une séance apéro
plus tard, nous avons pu à nouveau échanger le
temps d’un déjeuner convivial au Cercle du Marin.
Notre prochain rendez-vous sera précédé de
l’assemblée générale de l’APCFM organisée par J-P
Noblet qui nous adressera les documents utiles.
Le saviez-vous : La première Ecole des Mousses avait
ouvert ses portes en 1856, sous Napoléon III. Durant 132
ans, elle avait formé plus de 14 000 matelots, restant
toujours fidèle à sa devise « Mousse, que le vent te pousse ».
Fermée en juillet 1988, l’école a ouvert à nouveau en
septembre 2009. Le mois dernier, une cérémonie a eu lieu
en présence de M. Morin, ministre de la défense, de l’amiral
Forissier, chef d’état-major de la marine et de l’acteur et
écrivain Bernard Giraudeau. Cet événement a été
particulièrement bien accueilli par l’actuelle Maistrance.
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon

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L'Amicale : Présentation - Les statuts - par NEMO le 11/07/2009 @ 23:21 |

AMICALE DU PERSONNEL DES CERCLES ET FOYERS DE LA MARINE
A.P.C.F.M.
(Déclaration de modific ...
AMICALE DU PERSONNEL DES CERCLES ET FOYERS DE LA MARINE
A.P.C.F.M.
(Déclaration de modification de l’association en date du 1er décembre 2008 - récépissé n° W561000215 établi par la Sous-Préfecture de Lorient le 24 février 2009 - parution au J.O. Associations du 20 juin 2009 ; p. 2985).
TITRE I : PRESENTATION DE L'AMICALE
Article premier – DENOMINATION
Article 2 – BUT
Article 3 – SIEGE SOCIAL
Article 4 – DUREE
Article 5 – AGREMENT
TITRE II : COMPOSITION DE L’AMICALE
Article 6 – ADHERENTS
Article 7 – ADHESION
Article 8 – PERTE DE LA QUALITE D’ADHERENT
TITRE III : ADMINISTRATION ET ORGANISATION DE L’AMICALE
Article 9 – CONSEIL D’ADMINISTRATION
Article 10 – ROLE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
Article 11 – REUNION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
Article 12 – INDEMNISATION
Article 13 – ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE
Article 14 – ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE
Article 15 – REGLEMENT INTERIEUR
Article 16 – SECTIONS LOCALES
Article 17 – REPRESENTANTS LOCAUX
Article 18 – VALIDITE DES DECISIONS
TITRE IV : LES RESSOURCES DE L’AMICALE
Article 19 – MOYENS D’ACTIONS
Article 20 – RESSOURCES
TITRE V : DISPOSITIONS DIVERSES
Article 21 – EXERCICE SOCIAL
Article 22 – OBLIGATIONS DES ADHERENTS
Article 23 – ASSURANCES A SOUSCRIRE
Article 24 – MODIFICATION DES STATUTS
Article 25 – DISSOLUTION DE L’AMICALE
Article 26 – FORMALITES LEGALES
TITRE I : PRESENTATION DE L’AMICALE
Article premier – DENOMINATION
1. L’Amicale du personnel de direction des foyers de la marine, régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, prend la dénomination de : « Amicale du personnel des cercles et foyers de la marine », son sigle est : « A.P.C.F.M. ».
2. Par commodité, le terme « Amicale » est utilisé dans les présents statuts à la place de la dénomination littérale ci-dessus.
Article 2 – BUT
1. L’Amicale a pour but :
- d’établir, d’entretenir ou raviver entre ses adhérents des liens de solidarité et de camaraderie ;
- d’exprimer sa solidarité par toute forme qu’elle jugera utile envers ceux de ses adhérents dans le besoin ;
- de recueillir, traiter et diffuser par quelque moyen qu’elle juge approprié, toute information ou donnée relative à l’histoire des Cercles et Foyers de la Marine nationale afin de valoriser cette histoire auprès du public ;
- de garder des contacts privilégiés avec la Marine nationale et de contribuer à mieux faire connaître la spécialité d'Assistant de foyer.
Article 3 – SIEGE SOCIAL
1. Le siège social de l’Amicale est fixé à Lorient : Cercle Mixte de la Marine, BP 44, 56998 Lorient Armées.
2. Il peut être transféré en tout autre endroit par décision du Conseil d’administration qui est habilité alors à modifier le présent article des statuts.
Article 4 – DUREE
L’Amicale est constituée pour une durée illimitée.
Article 5 – AGREMENT
(Disponible)
TITRE II : COMPOSITION DE L’AMICALE
Article 6 – ADHERENTS
L’Amicale se compose des adhérents suivants :
6.1. « Membres » :
. Tout personnel civil de direction des foyers (PCDF), tout personnel militaire en activité de service ou non, attributaire de l’insigne de spécialité « Foyers » ;
. Toute autre personne dirigeant ou ayant dirigé un Cercle, un Foyer de la Marine nationale ou tout autre organisme rattaché à un Cercle mixte de la Marine nationale. ;
. Tout autre militaire ou personnel civil de la Défense servant ou ayant servi dans un cercle, un foyer ou tout autre organisme rattaché à un Cercle mixte de la Marine nationale ;
. Les conjoints, concubins ou partenaires légaux et/ou les descendants directs à charge.
6.2. « Membres associés » :
1.Toute personne ne pouvant prétendre à la qualité de « membre » qui souhaite s'intégrer dans les activités de l'Amicale, sous condition qu'elle soit parrainée par au moins deux membres.
2. Les membres associés sont invités aux assemblées générales, participent aux délibérations, mais ne disposent pas du droit de vote et ne sont pas éligibles au Conseil d’administration, ni au Bureau d’une Section locale.
6.3. « Membres d’honneur » :
1. Le titre de « membre d’honneur » est accordé par le Conseil d’administration à des personnes physiques qui adhérent aux présents statuts et qui rendent ou ont rendu d’éminents services à l’Amicale. Il est tacitement reconduit d’année en année sauf décision contraire du Conseil d’administration.
2. Les membres d’honneur ne sont pas tenus d’acquitter de cotisation statutaire annuelle, ni de s’affilier à une section locale. Ils sont invités aux assemblées générales, participent aux délibérations, mais ne disposent pas du droit de vote et ne sont pas éligibles au Conseil d’administration.
S’il le désire, un membre d’honneur peut aussi être reconnu au sein de l’Amicale comme membre ou membre associé. Pour ce faire, il doit simplement se conformer aux dispositions prévues à l’article 7. Il dispose alors des droits et obligations afférents à l’une ou l’autre des catégories d’adhérents.
Article 7 – ADHESION
1. La qualité d’adhérent de l’Amicale est acquise par les personnes physiques qui remplissent les conditions d’appartenance énumérées à l’article 6 et qui font acte d’adhésion individuelle.
La signature de la fiche d’adhésion à l’Amicale emporte acceptation des dispositions des présents statuts.
2. L’adhésion est accordée par le Conseil d’administration. La décision d’un éventuel refus n’a pas à être motivée.
3. La qualité d’adhérent est assujettie :
- d’une part, au versement d’une cotisation statutaire annuelle dont le montant peut tenir compte de la situation morale et sociale des intéressés. La cotisation court du 1er janvier au 31 décembre. Son montant est fixé par l’Assemblée générale ordinaire de l’Amicale sur proposition du Conseil d’administration.
Le renouvellement de la cotisation statutaire est exigible au cours du premier trimestre de l’exercice suivant. En cas de dépassement de ce délai, l’adhérent est réputé démissionnaire.
- d’autre part, à l’affiliation à une Section locale que l’adhérent choisit librement (cf. art.16).
4. Les adhérents doivent être majeurs, ou fournir pour les mineurs une autorisation écrite des parents ou responsables légaux.
Article 8 – PERTE DE LA QUALITE D’ADHERENT
8.1. La perte de la qualité d‘adhérent intervient par démission, décès, suspension ou radiation. Elle ne donne lieu à aucun remboursement de cotisation.
8.2. La suspension
1. La suspension est prononcée par le Conseil d’administration suite à une infraction aux présents statuts ou autre motif portant préjudice aux intérêts moraux et matériels de l’Amicale.
2. La suspension interdit à l’adhérent sanctionné de participer au fonctionnement de l’Amicale pour une durée maximum de cinq années. Le sursis est applicable si la suspension est prononcée à titre de première sanction disciplinaire.
8.3. La radiation
1. La radiation est prononcée par le Conseil d’administration suite aux évènements suivants :
- infraction grave aux présents statuts ou pour tout autre motif grave portant préjudice aux intérêts moraux et matériels de l’Amicale ;
- condamnation définitive pour manquement aux bonnes mœurs, à l’honneur et la probité.
Elle est définitive.
8.4. Tout adhérent qui fait l’objet d’une procédure disciplinaire doit être averti de la date de la réunion du Conseil d’administration prévue pour statuer et invité à y présenté sa défense.
Il peut se défendre lui-même ou avoir l’assistance d’un défenseur adulte de son choix.
TITRE III : ADMINISTRATION ET ORGANISATION DE L’AMICALE
Article 9 – CONSEIL D’ADMINISTRATION
1. L’Amicale est dirigée par un Conseil d’administration constitué :
- d’au moins trois membres élus pour deux ans à l’occasion d’une Assemblée générale ordinaire.
- des membres « ès qualité » que sont les présidents en exercice des section locales reconnues. Au sein du Conseil d’administration ils ont les mêmes pouvoirs décisionnels que les membres élus.
2. Le renouvellement des membres élus du Conseil d’administration s’effectue sur la base des candidatures individuelles présentées par les membres de l'Amicale, à jour de leur cotisation statutaire, et reçues par le Secrétaire Général durant une période de 15 jours, close avant l’envoi des convocations à l’Assemblée générale ordinaire (*).
(*) Les candidat(e)s doivent certifier avoir accès à l’Internet depuis leur domicile et déclarer une adresse de messagerie électronique.
3. Il est procédé au vote à la majorité relative. En cas d’égalité de suffrage l’élection est acquise au bénéfice du plus âgé.
4. Immédiatement après son renouvellement, le Conseil d’administration se réunit et élit en son sein le Président, le Secrétaire Général et le Trésorier de l’Amicale. Les membres du Conseil d’administration prennent part au vote les nommant étant précisé qu’un président de section locale ne peut pas faire acte de candidature à la présidence de l’Amicale.
5. Les membres sortants du Conseil d’administration sont rééligibles. La perte de la qualité de membre de l’Amicale entraîne la démission d’office au Conseil d’administration. Les mineurs ne sont pas éligibles au Conseil d’administration.
6. En cas de vacance d’un poste (démission, décès ou autre empêchement permanent), le Conseil d’administration pourvoit provisoirement au remplacement du titulaire manquant.
Cette nomination porte sur le siège à pourvoir, indépendamment des fonctions exercées par le prédécesseur. Au besoin, le Conseil d’administration décide en interne d’une nouvelle répartition des fonctions. Le remplacement prend fin à l’époque où devrait normalement expirer le mandat du membre remplacé.
Article 10 – ROLE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
10.1. Le Conseil d’administration est l’organe exécutif de l’Amicale.
10.2. En son sein :
1. Le Président veille au respect des statuts et à la sauvegarde des intérêts moraux de l’Amicale.
A ce titre :
. il supervise la conduite des affaires de l’Amicale et veille au respect des décisions du Conseil d’administration et des assemblées générales qu’il préside ;
. il assume les fonctions de représentations légales de l’Amicale dans tous les actes de la vie civile ;
. il présente à l’Assemblée générale ordinaire le rapport moral et d’activités de l’Amicale.
2. Le Secrétaire Général est chargé de l'administration courante de l'Amicale.
A ce titre :
. il expédie les convocations et rédige les procès-verbaux des séances du Conseil d’administration et des assemblées générales et en effectue la transcription sur les registres des délibérations prévus à cet effet ;
. il tient le registre spécial prévu par la loi du 1er juillet 1901 ;
. il prépare le rapport moral et d’activités de l’Amicale.
3. Le Trésorier est le responsable financier et comptable de l'Amicale et veille sur son patrimoine.
A ce titre :
. il tient les comptes, effectue tous paiements et perçoit toutes recettes ;
. il présente à l'Assemblée générale ordinaire le rapport financier de l’exercice et le projet de budget ;
. il dispose, par délégation du Président et conjointement avec lui, de la signature sur le compte bancaire ou postal de l’Amicale.
Article 11 – REUNION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
1. Le Conseil d’administration se concerte aussi souvent que l’intérêt de l’Amicale l’exige mais au moins une fois par semestre sur convocation du Président ou à la demande de deux autres membres.
2. Les convocations aux réunions du Conseil d’administration peuvent être faites par tous moyens écrits et notamment par courrier électronique.
3. Les réunions sont présidées par le Président, ou en son absence, par le Secrétaire Général.
Les décisions sont prises à la majorité simple des voix. En cas d’égalité de voix, la voix du président de séance est prépondérante.
4. La participation de la moitié au moins des membres du Conseil d’administration est nécessaire pour la validité des délibérations.
5. Les membres du Conseil d’administration peuvent participer à distance par téléconférence, IRC (Internet Relay Chat) ou toute autre technologie similaire permettant la communication simultanée.
6. Les membres participant à distance sont réputés être physiquement présents à la réunion.
7. Pour chaque réunion du Conseil d’administration il est établi un compte rendu paraphé par le président de séance et un des membres présents.
Article 12 – INDEMNISATION
1. Toutes les fonctions sont bénévoles et, à ce titre, ne peuvent donner lieu à rémunération.
2. Seuls, les frais et débours occasionnés dans le cadre de déplacements ou de représentations peuvent être remboursés, au vu des pièces justificatives, aux membres du Conseil d’administration ou à toute autre personne préalablement missionnée. Le rapport financier présenté en Assemblée générale ordinaire en fait obligatoirement mention.
Article 13 – ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE
1. A l’initiative du Président de l’Amicale, les adhérents se réunissent une fois par an en Assemblée générale ordinaire pour entendre, entre autres, la lecture des rapports préparés par le Conseil d’administration sur la situation morale et financière de l’Amicale, et le projet de budget de l’exercice social suivant.
En outre, le Conseil d’administration peut convoquer une Assemblée générale ordinaire chaque fois qu’il le juge utile et nécessaire.
2. La convocation est obligatoire quand elle est demandée, soit par le quart au moins des membres de l’Amicale, soit par la majorité absolue des membres du Conseil d’administration.
3. Les adhérents sont convoqués par tous moyens écrits, notamment par courrier électronique, adressés quinze jours au moins avant la date fixée (sauf urgence impérieuse), La convocation doit faire état de la date, du lieu de réunion et de l’ordre du jour.
4. L’Assemblée générale ordinaire se tient au siège social ou en tout autre lieu indiqué par l’auteur de la convocation.
5. S’ils ne peuvent se rendre physiquement au lieu de réunion, les adhérents peuvent se rassembler en d’autres lieux définis par le Conseil d’administration et notamment au siège de chaque Section locale pour participer à distance par téléconférence, IRC (Internet Relay Chat) ou toute autre technologie similaire permettant la communication simultanée.
Les membres participant à distance sont réputés être physiquement présents à l’Assemblée générale ordinaire.
6. Les questions soumises à l’Assemblée générale ordinaire sont arrêtées par le Conseil d’administration. En vue de permettre au Conseil d’administration d’étudier et de décider de leur inscription éventuelle à l’ordre du jour, les vœux et propositions émanant des adhérents peuvent parvenir par écrit au Secrétaire Général tout au long de l’année et jusqu’à un mois de la date de l’Assemblée générale ordinaire.
7. Seuls les adhérents ayant qualité de membres ont droit de vote. Ils se prononcent notamment sur l’approbation :
- des comptes de l’exercice clos ;
- du projet de budget de l’exercice social suivant ;
- du montant de la cotisation statutaire annuelle ;
- des résolutions inhérentes à l’ordre du jour.
Les votants pourvoient également, si nécessaire, au renouvellement des membres du Conseil d’administration.
8. Pour délibérer valablement, le quorum est fixé au quart des membres de l’Amicale à jour de leur cotisation statutaire.
Les décisions sont prises à la majorité relative à main levée, excepté pour l’élection des membres du Conseil d’administration pour laquelle le scrutin secret est requis.
Les participants à distance adoptent la même procédure sur les lieux de rassemblement. Le résultat de chaque tour de vote est ensuite transmis par le responsable du lieu désigné par le Conseil d’administration.
9. Chaque votant dispose d’une voix et d’autant de voix supplémentaires qu’il a de procurations écrites données par les membres de l’Amicale n’assistant pas à l’Assemblée générale ordinaire dans la limite de cinq procurations.
10. Le vote par correspondance n’est pas admis.
11. Si le quorum n’est pas atteint, une deuxième Assemblée générale ordinaire est convoquée dans un délai de 24 heures et délibère valablement à la majorité des membres présents ou représentés ce jour-là.
12. Les adhérents sont admis à l’Assemblée générale ordinaire sur présentation d’une pièce justificative de leur qualité et signent à leur entrée la feuille de présence.
Sur les autres lieux de rassemblement il est procédé de la même manière par le responsable du lieu désigné par le Conseil d’administration.
13. Les décisions prises en Assemblée générale ordinaire obligent tous les adhérents.
Article 14 – ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE
1. Le Conseil d’administration, sur la demande du quart au moins des membres à jour de leur cotisation dans les cas d’urgence impérieuse, ou de sa propre initiative en vue de statuer sur la modification des statuts ou la dissolution de l’Amicale, doit convoquer une Assemblée générale extraordinaire.
2. Cette assemblée est convoquée et délibère selon les principes qui régissent l’Assemblée générale ordinaire sauf dispositions contraires portées à l’article 25.
Article 15 – REGLEMENT INTERIEUR
1. Pour préciser et compléter les statuts, le Conseil d’administration peut décider d’établir un règlement intérieur qu’il fait alors approuver par l’Assemblée générale ordinaire.
Article 16 – SECTIONS LOCALES
16.1. Structure
1. Les Sections locales constituent la structure de base de l’Amicale. Toute nouvelle Section locale peut être créée sur proposition d’un certain nombre d’adhérents présents dans un port ou une même zone géographique afin de faciliter des activités communes et promouvoir l’Amicale.
2. La proposition de création est transmise au Conseil d’administration qui statue sur la suite à donner. En cas d’accord, il arrête les modalités de création de la nouvelle Section locale.
3. Une Section locale n’a pas de personnalité morale ni de patrimoine propre.
4. La création, la dissolution d’une Section locale sont votées par l'Assemblée générale ordinaire sur proposition du Conseil d’administration.
5. Conformément à l’article 7, tout adhérent peut demander à être rattaché à la Section locale de son choix pour convenance personnelle, indépendamment de son lieu de résidence.
16.2. Fonctionnement
1. Dans chaque Section locale une assemblée annuelle réunit les ressortissants. A cette occasion, un Bureau est élu pour administrer pendant un an la Section locale. Il comprend au minimum : un Président et un Trésorier.
2. Cette élection se fait à scrutin de liste, secret, à la majorité relative des membres présents de l’Amicale rattachés à la Section locale.
Le vote par procuration ou par correspondance n’est pas admis. Les sortants peuvent être candidats à leur propre succession.
3. Les fonctions au sein d'un Bureau ne sont pas cumulables entre elles mais sont cumulables avec celles du Conseil d’administration, hormis celle de Président de l’Amicale (cf. art. 9.4).
4. Au cours de l’assemblée annuelle, le Bureau rend compte de sa gestion. Le projet de budget de l’exercice social suivant qu’il a devoir de présenter est soumis au vote des membres présents en tenant compte des éventuelles réserves émises par le nouveau Bureau élu.
5. En outre, le Bureau peut convoquer en Assemblée les ressortissants de la section chaque fois qu’il le juge utile et nécessaire.
6. Une Section locale peut avoir un règlement intérieur qui doit être approuvé par le Conseil d’administration.
16.3. Activités
1. Chaque Section locale est autonome pour toutes les questions n'engageant pas l'Amicale. Toutefois, le Président d’une Section locale doit rendre compte de sa gestion au Conseil d’administration, à qui il adresse notamment copie des publications émises par sa section ainsi qu’un relevé trimestriel des avoirs de trésorerie.
2. Chaque Section locale a son propre budget. Sa comptabilité financière est tenue par le Trésorier, sous la responsabilité du Président.
En cas de dissolution, l’actif net revient de droit au siège de l’Amicale.
3. Une Section locale, en accord avec le Conseil d’administration, peut :
- collecter des fonds et recevoir des financements à destination d’une action spécifique y compris de la part du siège de l’Amicale ;
- demander à ses adhérents une cotisation, indépendante de la cotisation statutaire annuelle due à l'Amicale, dont le montant est fixé par son Bureau et dont elle assure elle-même le recouvrement ;
- faire ouvrir un compte bancaire ou postal dont le libellé comportera l'indication : « APCFM – Section locale de … (nom de la localité) ». Son Président en est titulaire et son Trésorier mandataire exclusif.
4. Les Sections locales sont chargées de collecter pour le compte de l’Amicale la cotisation statutaire annuelle due par les adhérents qui leur sont rattachés.
Chaque Trésorier reverse ensuite trimestriellement au siège de l’Amicale les sommes ainsi perçues avec à l’appui les fiches d’adhésion renseignées et signées par les adhérents.
5. Tout adhérent peut, de plein droit, participer à toute activité organisée par une Section locale sous réserve d’en respecter les modalités de participation.
Article 17 – REPRESENTANTS LOCAUX
1. Quand la création d’une Section locale n’est pas envisagée, le Conseil d’administration peut désigner des Représentants locaux chargés de coordonner les activités de l'Amicale au niveau d’un port ou d’une zone géographique déterminée en métropole et outre-mer.
2. Leur aide est bénévole, et chacun participe à sa manière à la promotion de l’Amicale autour de lui.
3. La désignation des Représentants locaux est établie au vu des volontariats émanant d’adhérents de l’Amicale. Il en est rendu compte à l’Assemblée générale ordinaire.
4. Un budget destiné à la mise en œuvre d’actions de terrain pourra être mis à la disposition des Représentants locaux par le Conseil d’administration.
Article 18 – VALIDITE DES DECISIONS
1. Seules sont valides les décisions prises au cours d’une réunion ou d’une assemblée ayant fait l’objet d’une convocation régulière ou portant sur les questions figurant à l’ordre du jour.
TITRE IV : LES RESSOURCES DE L’AMICALE
Article 19 – MOYENS D’ACTION
1. L’Amicale pourra mettre en oeuvre tous les moyens et techniques propres à la réalisation de son objet, établir des conventions avec tous organismes publics, semi-publics ou privés, personnes physiques ou morales, réaliser toutes opérations avec les tiers liées directement ou indirectement à son objet.
2. A ce titre, elle peut notamment :
- participer, collaborer ou organiser des rencontres, colloques, forums, expositions, concours, ou toute autre manifestation ayant trait à son domaine d’activité ;
- mettre en œuvre un site Internet permettant, entre autres, la diffusion d’informations et de données relatives à l’histoire des Foyers et Cercles de la Marine nationale ;
- recourir à la vente occasionnelle de tous produits ou services entrant dans le cadre de son but ou susceptible de contribuer à sa réalisation.
Article 20 – RESSOURCES
1. Les ressources de l’Amicale se composent :
- des cotisations statutaires de ses adhérents ;
- de la vente de produits, de services ou de prestations fournies par l’Amicale ;
- de subventions éventuelles ;
- de dons manuels ;
- de tout autre ressource qui ne soit pas contraire à la législation en vigueur.
TITRE V : DISPOSITIONS DIVERSES
Article 21 – EXERCICE SOCIAL
1. L’exercice social commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre de chaque année.
Article 22 – OBLIGATIONS DES ADHERENTS
1. Les adhérents de l’Amicale s’interdisent, en son sein ou en son nom, toute discussion ou manifestation politique, confessionnelle ou syndicale.
2. Les adhérents peuvent être tenus pour responsables de propos qu’ils tiendraient ou d’engagements qu’ils prendraient au nom de l’Amicale sans avoir été mandatés par le Conseil d’administration ou par une assemblée générale.
Article 23 – ASSURANCES A SOUSCRIRE
1. Le Conseil d’administration est chargé de souscrire auprès de la compagnie de son choix une police d’assurance couvrant la responsabilité civile des dirigeants et des adhérents du fait des activités de l’Amicale.
Article 24 – MODIFICATION DES STATUTS
1. La modification des statuts est prononcée par une Assemblée générale extraordinaire spécialement convoquée à cet effet.
Article 25 – DISSOLUTION DE L’AMICALE
1. L’Amicale ne peut être dissoute que par un vote d’une Assemblée générale extraordinaire spécialement convoquée à cet effet, et si la résolution de dissolution acquiert en sa faveur la majorité des deux tiers du nombre des voix des membres présents ou représentés.
Le quorum est fixé à la moitié plus un des membres de l’Amicale à jour de leur cotisation.
2. En cas de dissolution, l’Assemblée générale extraordinaire désignera alors un ou plusieurs liquidateurs dont elle déterminera les pouvoirs.
Elle attribuera l’actif net à toute association déclarée ou à une oeuvre d’intérêt général à caractère social, agréée par le ministère de la Défense.
3. A défaut de dissolution, une « mise en sommeil » peut être décidée pour permettre une réactivation ultérieure de l’Amicale ; dans ce cas, un ou plusieurs membres seront désignés avec les pouvoirs dévolus à cet effet.
Article 26 – FORMALITES LEGALES
1. Les présents statuts annulent et remplacent ceux déclarés le 22 juillet 1994 à la sous-préfecture de Lorient.
2. Tous pouvoirs sont donnés au Secrétaire Général aux fins de remplir les formalités de déclaration et de publicité requises par la législation en vigueur.
Fait à Toulon, le 12 novembre 2008.
Le Président Le Secrétaire Général

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L'Amicale : Fonds documentaire - Les dossiers - par NEMO le 04/06/2009 @ 12:42 |

L'ECOLE DES ASSISTANTS DE FOYER – Période 1994/1995Par le CF(er) Jean-Philippe Noblet (mars 2008) Ce ...
L'ECOLE DES ASSISTANTS DE FOYER – Période 1994/1995 Par le CF(er) Jean-Philippe Noblet (mars 2008)
Ce document rapporte l'organisation et le fonctionnement de l'école au cours de sa première année d'existence au CIN de Querqueville.
1. ORGANISATION DE L'ECOLE 1.1. Historique En tant qu'organisme de formation de personnel militaire, on peut considérer que "l'Ecole des assistants de foyer" est née du regroupement d'un cours réservé au personnel appelé, ouvert au CFM Hourtin en 1959 et transféré de Hourtin vers Toulon en 1965, et du cours du certificat d'assistant de foyer, créé en 1963 au Dépôt des équipages de Toulon au profit d'officiers mariniers voulant servir dans les Foyers. Installée au Centre d'Instruction Naval de Saint-Mandrier depuis 1972, elle s'implante, à l'été 1994, au Centre d'Instruction Naval de Querqueville où elle prend l'appellation officielle de "Département de Formation du Personnel des Foyers" (DFPF). 1.1.1. Calendrier lié au transfert de l'école 19 octobre 1993 : Annonce du transfert de l'école aux chefs de services locaux des foyers à l'occasion de la réunion annuelle à Rochefort. 29 octobre : Signature de la décision (Cf. note n° 389 DEF/DPMM/FORM/DR). 09 novembre : Préparation du transfert de l'école, visite du directeur en exercice au CIN de Querqueville (LV Raude).
27 janvier 1994 : Confirmation de la nouvelle implantation, visite au CIN de Querqueville du chef du bureau PM/ASS (CV Allory) accompagné du directeur de l'école et du futur remplaçant (LV Noblet). 13 juillet : Enlèvement du matériel au CIN de Saint-Mandrier (2 camions avec 8 conteneurs). 18 juillet : Réception et déchargement du matériel au CIN de Querqueville. 1.2. Missions La mission principale du DFPF est de former le personnel de tous grades et à tous les niveaux d'emploi de la spécialité. Les objectifs de formation sont fixés par la Direction du Personnel Militaire de la Marine pour chaque cours et stage. Le DFPF assure ainsi les cours de : - Brevet provisoire d'assistant de foyer ; - Brevet d'aptitude technique d'assistant de foyer ; - Brevet supérieur d'assistant de foyer ; - Formation de spécialité des officiers directeurs de foyer (OSM/ORSA) ; et les stages de formation à : - la réalisation vidéo ; - la comptabilité informatique de foyer. Par ailleurs, ce département est chargé de l'organisation des stages : - d'animateur de radio et télévision de bord ; - de formation du personnel non spécialisé appelé à diriger les foyers. 1.3. Moyens 1.3.1. Personnel Pour remplir ses missions le DFPF s'appuie sur un effectif de cinq personnes. L'organigramme fonctionnel et le plan de ventilation sont précisés ci-après. 1.3.2. Infrastructure Le DFPF dispose dans le bâtiment Duguay-Trouin des installations suivantes : - deux salles de classe; - trois salles de travaux pratiques : . audiovisuel/communication ; . arts décoratifs ; . informatique ; - trois bureaux pour les gradés d'encadrement ; - une salle d'honneur et de documentation. La disposition de ces locaux est portée sur le plan ci-après. Par ailleurs, le bureau du chef du département est situé au premier étage du bâtiment de commandement Tourville. Du fait de l'éloignement entre les deux bâtiments, cette disposition engendre de nouvelles habitudes de travail par rapport à la pratique antérieure.
Organigramme du DFPF 
Plan des locaux du DFPF

2. CARACTERISTIQUES DE L’ACTIVITE
2.1. Journal historique
| DATES |
ACTIVITES |
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JUILLET 1994
11
12
18
22
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Ralliement d'un OM instructeur.
Ralliement d'un OM instructeur.
Ralliement de l'officier chef du DFPF.
Réception et déchargement du matériel en provenance du CIN de St-Mandrier.
Fin de l'activité - Gardiennage d'été du CIN.
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AOUT
29
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Reprise de l'activité.
Début de la première session CBP ASFOY (94/09).
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SEPTEMBRE
05
16
20
26
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Ralliement d'un OM instructeur.
Fin de la première session CBP ASFOY (94/09).
Ralliement d'un ASFOY CTG.
Début CBP ASFOY (94/10).
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OCTOBRE
03
13
14
18
21
|
Début CBAT ASFOY.
Visite de l'école par CV Allory (PM/ASS) et officiers DIRFO dans le cadre de la réunion annuelle des chefs de SLF.
Fin CBP ASFOY (94/10).
Ralliement d'un ASFOY CTG.
Fin de l'activité. Permissions du personnel.
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NOVEMBRE
02
21
23
25
28
|
Reprise de l'activité.
Début CBP ASFOY (94/11).
Début stage "COMPTAFOYER".
Fin CBP ASFOY (94/11).
Fin stage "COMPTAFOYER".
Début CBP ASFOY (94/12).
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DECEMBRE
13
16
22
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Inspection formation du CIN de Querqueville. Fin CBP ASFOY (94/12).
Fin de l'activité. Permission du personnel.
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JANVIER 1995
03
04
19
24
30
|
Reprise de l'activité. Début CBP ASFOY (95/01).
Livraison d'un voilier monotype "Surprise". (Dotation PM/ASS).
Fin CBP ASFOY (95/01).
Début CBP ASFOY (95/02).
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FEVRIER
01 au 05
10 au 12
17
27
|
Stage élèves CBAT dans Foyers Cherbourg.
Déplacement élèves CBAT ASFOY à Paris.
Fin CBP ASFOY (95/02).
Fin de l'activité. Permissions du personnel.
Reprise de l'activité.
Début CBP ASFOY (95/03).
Ralliement d'un ASFOY CTG.
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MARS
06
17
20
27
31
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Début cours ORSA-DIRFO.
Fin CBP ASFOY (95/03).
Début stage "M/AUDIO".
Début CBP ASFOY (95/04).
Fin stage "M/AUDIO".
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AVRIL
03
14
24
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Début stage au GECM Toulon pour ORSA-DIRFO.
Fin CBP ASFOY (95/04).
Fin CBAT ASFOY.
Fin de l'activité. Permissions du personnel.
Reprise de l'activité.
Début CBP ASFOY (95/05).
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MAI
05
09 au 14 12
15 au 19
16
29
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Fin stage au GECM Toulon pour ORSA-DIRFO.
Stage élève ORSA-DIRFO au CNE Toulon.
Stage élève ORSA-DIRFO au Foyer Centre Malbousquet.
Fin CBP ASFOY (95/05).
Début CBP ASFOY (95/06).
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JUIN
16
19 au 30
26
30
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Fin CBP ASFOY (95/06).
Stage élève ORSA-DIRFO au SLF Brest.
Début CBP ASFOY (95/07).
Départ d'un ASFOY CTG.
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JUILLET
13
28
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Fin CBP ASFOY (95/07).
Fin du cours ORSA-DIRFO.
Fin de l'activité - Gardiennage d'été du CIN.
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AOUT
|
Gardiennage d'été du CIN.
|
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SEPTEMBRE
04
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Reprise de l'activité.
Début de session CBP ASFOY (95/09).
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2.2. Effectifs par types de cours et stages
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EFFECTIFS
Année scolaire de septembre 1994 à août 1995
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COURS ET STAGES
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SESSIONS
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ELEVES
RECUS
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Cours pour ORSA-OSM spécialisé « directeur de foyer »
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1
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1
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Cours du Brevet Supérieur
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|
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Cours du Brevet d’Aptitude Technique
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1
|
6
|
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Cours du Brevet Provisoire
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11
|
165
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Stage de comptabilité informatique de foyer
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1
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4
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Stage d’animateur de radio et télévision de bord
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1
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8
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Stage de réalisation vidéo
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Stage de formation du personnel non spécialisé appelé à diriger les foyers
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TOTAUX
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15
|
184
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3. OBJECTIFS DE FORMATION
3.1. Cours de BP ASFOY
3.1.1. Objectifs de formation
Les matelots brevetés provisoires (BP ASFOY) doivent avoir les connaissances nécessaires pour :
- assister les directeurs de foyer dans les contrôles journaliers des stocks et inventaires ; - assurer l'animation des clubs en contact direct avec l'équipage ; - assurer la permanence de la direction du foyer en cas de besoin. Les matelots assistants de foyer doivent connaître en particulier : - la comptabilité des comptoirs de ventes et activités commerciales ; - les règles de correspondance verbale et téléphonique ; - les règles de conservation des fonds ; - les règles de consommation des boissons alcoolisées dans la marine ; - le fonctionnement du matériel audiovisuel en usage courant dans les foyers ; - le comportement militaire (ordre serré, savoir-vivre...). Ils doivent en outre avoir des notions sur : - les règles d'administration des foyers ; - les techniques d'animation et de vie en groupe ; - les règles de sécurité relative aux locaux recevant du public. Nota : La sélection s'effectue parmi le personnel recruté volontaire au CFM de Hourtin et au CIN de Querqueville. Références : Instruction n° 30/DEF/DPMM/FORM du 23 juin 1995, relative à la formation du personnel des équipages de la flotte relevant de la direction du personnel militaire de la marine. Objectifs et programmes généraux de formation (BOEM 776). 3.2. Cours de BAT ASFOY 3.2.1. Objectifs de formation Les élèves issus du cours du brevet d'aptitude technique doivent être aptes à remplir les fonctions d'adjoint à un directeur de foyer. Pour cela ils doivent connaître : - l'importance des foyers en tant que moyen du commandement pour favoriser les relations humaines, la détente, la qualité de la vie et la culture du personnel dans une conjoncture où la réduction du temps de travail laisse une part non négligeable aux loisirs ; - les règles d'administration, de comptabilité et de gestion d'un foyer ainsi que leurs applications par moyen informatique ; - la législation des droits d'auteur, du travail et des lois en matière sociale et fiscale applicables aux foyers ; - les règlements concernant la fédération des clubs sportifs et artistiques de la défense ; - les règles de sécurité dans les locaux recevant du public, d'hygiène et de sécurité du travail ; - les règles élémentaires des premiers secours aux blessés ; - la création et l'organisation de clubs socio-éducatifs ; - les techniques d'information et de communication ; - les règles de conduite des bateaux à voiles et à moteur ; - l'utilisation du matériel audiovisuel en usage dans les foyers. Ils doivent, en outre, savoir diriger et encadrer du personnel civil et militaire. Nota : Le personnel est recruté parmi les seconds-maîtres, quartiers-maîtres et matelots, engagés ou appelés, en activité de service. Références : Instruction n° 30/DEF/DPMM/FORM du 23 juin 1995, relative à la formation du personnel des équipages de la flotte relevant de la direction du personnel militaire de la marine. Objectifs et programmes généraux de formation (BOEM 776). 3.3. Cours de BS ASFOY 3.3.1. Objectifs de formation Les officiers mariniers assistants de foyer brevetés supérieurs doivent être capables : - d'assurer la direction, la comptabilité et la gestion d'un foyer ; - d'organiser les loisirs de l'équipage. Pour cela ils doivent connaître : - l'importance des foyers, le rôle personnel de l'assistant de foyer et la responsabilité attachée au directeur de foyer ; - la nécessité de développer, au sein de chaque foyer, l'esprit d'équipe et de participation en affirmant simultanément une ferme autorité ; - le rôle de formateur permanent qui incombe au directeur de foyer ; - leur vocation éventuelle à remplir ultérieurement des fonctions d'officiers spécialisés ; - le rôle et le fonctionnement des organismes chargés au niveau du département (bureau PM/ASS et service commun des foyers) des activités socio-éducatives, sportives et de loisirs ; - la réglementation et l'organisation des services locaux des foyers (SLF), clubs nautiques des équipages (CNE) ; - la gestion comptable ; - l'informatisation de la comptabilité et de la gestion des stocks. Ils doivent savoir : - développer l'esprit d'initiative, le sens de l'autorité et les capacités de création ; - organiser les loisirs au niveau régional en cherchant des ouvertures auprès des associations culturelles et sportives civiles, et en provoquant des rencontres entre ces organismes et les équipages. Ils doivent participer : - à des stages d'animation et de communication audiovisuelle ; - à des stages nautiques (permis de navigation B). Références : Instruction n° 300/DEF/DPMM/FORM du 1er janvier 1986, relative à la mise en vigueur des objectifs de formation, des coefficients et des programmes généraux pour les différents cours dispensés au personnel des équipages de la flotte dans les écoles. (A jour de ses dix modificatifs). Nota : L'instruction précitée est abrogée par l'instruction n° 30/DEF/DPMM/FORM du 23 juin 1995 dans laquelle les objectifs de formation et le programme général du cours de BS ASFOY ne seront insérés qu'après étude conduite par le DFPF pour actualiser ces éléments. 3.4. Cours pour officiers 3.4.1. Objectifs de formation Cette formation de spécialité a pour objet de confirmer un esprit et une démarche d'animateur responsable (c'est à dire ayant des compétences techniques et organisationnelles), une culture administrative, commerciale, juridique et sociale, et des connaissances spécifiques dans les domaines de la gestion, de l'informatique, du droit du travail, des techniques financières et comptables, adaptés aux activités des foyers de la marine. Il s'agit de préparer aux fonctions suivantes : A court terme : - directeur d'un foyer de grande unité ; - directeur d'un foyer commun (foyer du marin ; club sportif, artistique et de loisirs). A moyen terme : - chef de service local des foyers. 3.4.1.1. Formation de spécialité Elle se déroule principalement au centre d'instruction naval (CIN) de Querqueviile et, en partie, au groupe des écoles du commissariat de la marine (GECM) à Toulon. Le cycle de formation diffère pour le personnel recruté dans le corps des officiers spécialisés de la marine (OSM), de celui retenu pour le personnel bénéficiant du recrutement des officiers de réserve se destinant à servir en situation d'activité (ORSA). La formation de spécialité s'articule autour de trois domaines : a) Formation de base Savoir diriger le travail d'une équipe pouvant être constituée de civils et de militaires. Connaître : - l'environnement administratif et juridique de la marine ; - les règles d'hygiène et de sécurité du travail ; - l'utilisation du matériel informatique en usage dans les foyers ; - les dispositions réglementaires de sécurité requises dans les locaux recevant du public. b) Formation de spécialiste Savoir : - gérer un foyer en visant à la fois l'équilibre de la gestion et la satisfaction des demandes des usagers ; - rédiger les documents commerciaux ou réglementaires en rapport avec la spécialité ; - garantir la qualité de l'accueil, de l'information et des prestations commerciales et de loisirs ; - réaliser les outils de communication d'un foyer (gazette, dépliant, audiovisuel...) ; - préparer, programmer et organiser des opérations ou des manifestations de nature sportive, artistique ou de loisirs, en liaison si nécessaire avec la fédération des clubs sportifs et artistiques de la défense ; - maintenir les contacts avec les acteurs sportifs ou culturels civils (collectivités locales, ministère de la culture, de la jeunesse et des sports), et, à l'occasion, avec les médias. Connaître : - la réglementation et l'organisation des foyers de la marine ; - la gestion comptable de ces organismes ; - l'utilisation du matériel audiovisuel en usage dans les foyers ; - le fonctionnement du service "foyer" au sein de l'unité, en privilégiant l'étude de l'élaboration du règlement intérieur du foyer ; - les modalités d'exécution des contrôles internes (organismes militaires) ou externes (organismes civils) auxquels sont soumis les foyers dans l'accomplissement de leur mission ; - le rôle des directions et services de la marine en matière d'approvisionnement des marchandises (service d'approvisionnement des marins, service d'approvisionnement des ordinaires), et de soutien logistique des foyers communs (direction du commissariat de la marine, direction des travaux maritimes). c) Formation pratique Basée sur une familiarisation de chaque officier élève à l'organisation des différents types de foyers, et par une réflexion sur un sujet touchant à cette organisation. La formation permet de compléter les acquis en matière de pratique de la voile (navigation sur voilier type Surprise). 3.4.1.2. Formation sportive Développer et entretenir la condition physique des officiers élèves. Références : Instruction n° 40/DEF/DPMM/FORM du 27 juin 1995, relative à la formation des officiers de la marine relevant de la direction du personnel militaire de la marine. Objectifs et programmes généraux de formation. 3.5. Stages 3.5.1. Animateur de radio et télévision de bord a) Objectifs de formation Le stage a pour objectif de donner une qualification suffisante au personnel chargé d'exploiter les radios et télévisions de bord, afin d'animer, en direct : - une émission radio comportant un programme musical et des informations journalistiques ; - un programme télévisuel comportant des informations, reportages, documentaires et séquences diverses. Pour cela les stagiaires doivent connaître : - sur le plan conceptuel : . la maîtrise des attitudes personnelles devant le micro et la caméra ; . l'analyse, la synthèse et la restitution des informations ; . les techniques de l'interview et du reportage ; . la programmation d'antenne ; . la réalisation radio ; - sur le plan technique : . la prise de son et les techniques élémentaires de mixage et de montage image/son ; . la mise en oeuvre d'un ensemble portable vidéo et d'un ensemble de montage VHS. Nota: Le stage est réservé au personnel engagé. Priorité est donnée au personnel des bâtiments. La mention animateur de radio et télévision de bord est délivrée après le stage. 3.5.2. Stage de réalisation vidéo a) Objectifs de formation Le stage a pour objectif de donner une qualification suffisante pour concevoir et réaliser un vidéogramme d'animation ou d'information. Pour cela les stagiaires doivent connaître : - la législation audiovisuelle en vigueur ; et savoir : - maîtriser les outils techniques "grand public" de prise de vue, de prise de son, de montage et de mixage, en service dans les foyers de la marine. Nota : Le stage est réservé au personnel de la spécialité assistant de foyer. 3.5.3. Stage de comptabilité informatique a) Objectifs de formation Le stage a pour objectif de donner une qualification suffisante pour exploiter le matériel informatique, mis en place dans les foyers, dans le respect des procédures comptables définies par les textes en vigueur. Pour cela les stagiaires doivent connaître : - l'environnement matériel et l'installation des logiciels agréés pour les foyers de la marine ; et savoir : - enregistrer les opérations de comptabilité générale avec le logiciel "COMPAQ VI-Marine" de la société AKJ ; - enregistrer les opérations de comptabilité des stocks avec les logiciels "IGOR" et "LOGIMAG" développés par la DCM ; - rapprocher les informations comptables à partir des éditions informatiques, et préparer un rapport comptable destiné à un conseil d'administration. Nota : Le stage est réservé au personnel de la spécialité assistant de foyer et aux officiers mariniers directeurs de foyer. 3.5.4. Stage de formation du personnel non spécialisé a) Objectifs de formation Le stage a pour objectif de donner une qualification administrative de base pour exercer, par ailleurs, les fonctions de directeur de foyer d'une petite unité. Pour cela les stagiaires doivent connaître : - l'organisation et l'administration d'un foyer d'unité ; - les règles de conservation des fonds et du matériel ; - les règles de consommation des boissons alcoolisées dans la marine ; - les mesures d'application relatives aux assurances, aux droits d'auteur et à la redevance audiovisuelle ; et avoir des notions sur : - les règles de sécurité relatives aux locaux recevant du public. Nota: Le stage est réservé au personnel non spécialisé occupant la fonction de directeur de foyer.
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Vue partielle de la salle polyvalente - T.P. Audiovisuel
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Salle arts-décoratifs - Conception d'affiches |
Photos réalisées en 1996, lors de la visite du Vice-Amiral Girard, directeur du personnel militaire de la marine.
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L'Amicale : Récits/Témoignages - Les écrits - par NEMO le 09/04/2009 @ 17:31 |

UNE CARRIERE AU SERVICE DES FOYERSparGeorges Elisée Grandperrin La préhistoireLe Foyer du MarinLes ...
UNE CARRIERE AU SERVICE DES FOYERS par Georges Elisée Grandperrin Partie 1 - La Préhistoire Il m'est demandé de vous parler de ma carrière et de mes expériences dans les Foyers. Je vais tâcher de m'exécuter, avec cet agacement d'être contraint de parler de moi beaucoup plus que je ne voudrais. Mais il se trouve, je n'y peux rien ! que je suis un ancêtre, pour ne pas dire "l'ancêtre" dans les Foyers. Personne n'avait encore fait les expériences qu'il m'a été donné de faire. Aucun chemin déjà tracé ne s'ouvrait devant moi. Personne ne pouvait m'apprendre un métier (j'emploie ce mot, mais il ne me plaît pas) dont vous savez, tous, les multiples aspects et les multiples difficultés. Alors, si vous le voulez bien, commençons par le commencement : Comment je suis venu aux Foyers ? J'avais été très grièvement blessé au chemin des Dames, fin septembre 1914. Huit mois d'hôpital. Réformé n°1 - 30% d'invalidité. Je devais abandonner mon métier d'imprimeur sur ordre du médecin. Mes deux poumons, traversés par une balle, ne sauraient s'accommoder du plomb des caractères qu'il faut manier constamment. Je tenais debout. Je demande à repartir un fusil à la main. J'en avais fait un usage efficace. On me refoule avec pertes et fracas parcequ'il me reste une impotence du bras droit. J'entreprends d'étudier le Droit. On ne sait jamais ! ça peut toujours servir. En décembre 1915, j'apprends que la Direction des Unions chrétiennes de jeunes gens (protestantes) recherche des garçons réformés pour être employés dans des centres d'accueil pour les soldats. J'étais président d'une Union de jeunes gens et jeunes filles, forte d'une trentaine de membres, ayant une action sociale très dynamique. Je suis présenté. J'accepte. J'apprends à ce moment là, que les Unions chrétiennes de France avaient demandé à l'Y.M.C.A. (Young Men Christian Association) américaine le chiffre effarant de 3 millions de francs or pour l'aider à créer des Foyers dans la zône des combats. Les américains ne font rien à moitié. Ils organisent une collecte naionale et envoient 3 millions de dollars. Des Foyers sur le front ! c'est exactement cela qu'il me faut. Je ne sais pas de quoi il s'agit. Mais le mot Foyers me plait. Le front plus encore. La Société des Foyers du soldat, qui se créait, veut tester son personnel. Tout à fait à la fin de 1915, je débarque à Lyon, affecté à un Foyer du soldat, quai de Retz, près du pont Lafayette. Je suis très bien accueilli et je demande des directives. On ne m’en donne que de très vagues. Au fond, à moi de me débrouiller pour faire le meilleur travail possible. Le foyer est une grande baraque en bois, très bien aménagée, avec deux salles, une plus grande avec une petite scène, un piano, un théâtre guignol (nous sommes à Lyon), une plus petite pour la lecture et la correspondance, un bureau pour la direction et des poêles qui chauffent bien. Bon éclairage. Dehors, le long du quai, des jeux de boules. Les garçons qui m’accueillent, tous réformés d’avant-guerre, sont charmants, certains très instruits, mais il leur manque ce qui fait les bons animateurs : (je pense au moment où j’écris à Sénégas, à Griffin, à Lacas, à Anstett, à celle qui est aujourd’hui madame Verne, etc…, qui devaient vingt ans plus tard, travailler avec moi). L’atmosphère du Foyer, bien fréquenté, était un peu morose. Le Béarnais que je suis se déchaîne. Je ne dessinais pas mal à cette époque lointaine (j’ai beaucoup perdu depuis). Je fais des affiches humoristiques, des caricatures. Je me mêle constamment aux « clients ». On trouve que je ne réussis pas trop mal dans des fonctions que je me crée. J’aurais pu rester à Lyon. Mais c’est le front que je veux. Je le fais savoir de plus en plus fort. Et, en mars 1916, j’arrive au Rudlin, dans les Vosges. Tout est sous la neige. Les sapins sont de scintillants fantômes neigeux, d’une seule pièce. Le Foyer vient d’être terminé. Il consiste en une grande salle (6m x 20m) avec tables et bancs, plus deux petites pièces : ma chambre et un magasin-réserve du matériel. Je suppose que les arbres qui ont fourni le bois de construction ont du être abattus cet hiver même car les gravures collées aux murs sont moisies en trois jours. Le plancher est à 50 cm du sol de base et un perron de quelques marches donne accès à la porte d’entrée. L’aspect est assez coquet. J’ai une caisse de livres, une caisse de jeux, un phonographe, des disques, des affiches des chemins de fer (certaines très jolies) et des gravures de l’illustration. Bref, de quoi commencer à travailler. J’ai même un planton pour les gros travaux de propreté. J’ai été bien reçu par le capitaine « major de garnison » (je ne suis pas très certain que c’était son titre exact). Il y a une « auberge » où je puis prendre mes repas, dans le petit hameau du Rudlin. J’ai convenablement arrangé ma petite chambre où j’ai un lit pliant. Le Foyer est chauffé par deux poêles et je trouve une provision de bois. C’est parfait. Je vais pouvoir travailler. Il n’y a qu’un hic : pas un poilu ne monte mon perron ! Pourtant il y a du monde au Rudlin, peu de fantassins, mais des artilleurs, des hommes du génie, des « tringlots », au moins cinq ou six cents poilus en permanence. Les tranchées sont à 4 ou 5 kilomètres. Les canons s’entendent souvent. Et il y a pas mal de passage, au Rudlin. Je me répands dans ce Rudlin, je donne du papier à lettres et des enveloppes aux soldats, je les invite à venir au Foyer. Insuccès total ! Il devait être créé 1 800 Foyers du soldat, sur le front, pendant la guerre, chacun avait un numéro. Le Rudlin avait le n° 11. C’était un des tout premiers du front. Je ne pouvais demander conseil à personne sur la conduite à tenir. Le quatrième ou cinquième jour, des jours très longs, continuant ma tournée de papier à lettre et enveloppes dont j’avais une ample provision, j’avise deux artilleurs qui, à l’entrée de la grange où étaient leurs chevaux, jouaient aux dames avec un damier en bien mauvais état. Je m’intéresse à leur jeu. Ils ne jouaient pas mal. A un moment donné, l’un d’eux ne voit pas un magnifique coup. Je demande la permission de lui indiquer ce qu’il aurait dû faire. Il gagne tout de même et me lance un défi. Je saute sur l’occasion et je lui flanque une pile maison. La revanche accordée tourne à son écrasement. Vous imaginez facilement que ce n’était pas le moment de l’épargner ! Et je dis à mes deux joueurs : « à deux pas, au Foyer tout neuf, il y a des damiers tout neufs et il y fait chaud, venez avec moi…je vais vous montrer ». Ils viennent, s’épatent : « nous ne savions pas »… Le soir, le foyer était plein à refus et j’organise de suite un tournoi de dames, le prix : deux paquets de tabac (50 grammes, 10 sous) avec défi du directeur du Foyer au vainqueur (Oui : j’ai gagné). Le Rudlin était lancé et avec un tel succès que, sur ma proposition, je crée un mois après un deuxième Foyer à Habaurupt, à 2 km, et deux mois plus tard, un troisième à Plainfraing, au bas de la vallée. On me donne du personnel militaire, Paris m’envoie tout le matériel nécessaire pour l’équipement et je me sens enfin utile à quelque chose. Le plus grand service rendu par les Foyers du début était fait des facilités données pour les correspondances : papier à lettres et enveloppes gratuits, encriers avec l’encre dedans et porte-plumes avec des plumes qui marchent. A notre époque évoluée des BIC indéréglables, personne ne peut imaginer quel luxe encriers et porte-plumes représentaient pour les poilus éloignés de ceux qui leur étaient les plus chers et à qui il fallait donner des nouvelles. Donc, dans mes 3 Foyers des Vosges j’ai commencé à apprendre mon métier avec les concours de jeux de dames, d’échecs, de belote, de dominos, de jacquet, avec mes soirées de chansons et celles d’histoires. Evidemment, de ces dernières, il y en avait des vertes et de pas mûres, mais il n’existait pas d’oreilles chastes dans les environs immédiats. Et j’interdisais absolument toutes les obscénités et les scatologies. Je dois dire que mes vigoureuses interventions avaient l’approbation du plus grand nombre. J’ai vu les perce-neige fleurir, la neige fondre, les sapins quitter leur manteau, l’été venir et ma direction m’a demandé d’aller créer les premiers Foyers d’Alsace. Je ne m’étendrai pas sur ces foyers : Oderen, où j’avais mon Foyer principal, Kruth et Wesserling. On m’avait fourni un cinéma KOK, et j’ai même donné des projections, en tournant la manivelle qui fabriquait la lumière, aux poilus de Thann et de Saint-Amarin. J’aurais bien des histoires pittoresques à raconter. Ces Foyers d’Alsace, où je m’étais fait de précieux amis, m’ont laissé un souvenir particulièrement cher. Et lorsque j’ai quitté l’Alsace pour fonder les premiers Foyers de la Meuse, où bouillonnait la fournaise de Verdun, j’ai maudit mes « qualités d’organisateur » qui m’empêchaient de « profiter » moi-même de « mes » Foyers. Devant le Foyer d’Oderen que je quittais pour toujours, j’étais déjà dans l’auto qui venait me prendre, quand j’ai demandé à descendre. Je suis allé revoir tous ces coins que j’avais organisés, la magnifique fresque de plus de dix mètres de long qu’un artiste muletier avait peinte dans le haut de la salle principale, et je suis revenu prendre place dans la voiture pleurant comme un pauvre gosse. De mon arrivée à Rupt-en-Woëvre, à 3 km des Eparges, je veux dire deux mots. Mais, avant de vous la raconter, il me faut préciser que les premiers Foyers du front avaient eu, en définitive, un réel succès auprès des poilus et auprès du commandement. Le Général en chef Pétain, que le moral de l’armée préoccupait, avait demandé à la société des Foyers du soldat, devenue Union Franco Américaine (U.F.A.), en reconnaissance de l’aide des Américains, d’étudier la possibilité de créer des Foyers dans tous les cantonnements de repos de première ligne. On nous avait donné un uniforme, kaki ou réséda, et nous avions des pattes d’épaule avec les deux lettres F.S. (Foyer du Soldat) qui intriguaient fort les populations. Je devais retrouver ces initiales, beaucoup plus tard. Mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai peut-être une autre fois. Des circulaires avaient paru, affectant à la direction des Foyers des volontaires du service auxiliaire et d’autres volontaires ravis de ne pas se trouver dans les tranchées. J’avais à cette époque 26 ans, j’étais donc très jeune. Non, ne calculez pas. Je vous dis moi-même que le mois de mai 1969 est mon quatre-vingtième mois de mai. Je n’en sui pas plus fier, mais pas consterné non plus. Donc, j’étais arrivé à l’état-major de Souilly avec trois directeurs de Foyers tout neufs que je devais superviser. Le Général Pétain m’avait reçu, très impressionnant avec sa haute taille, ses yeux bleus et sa forte moustache. J’avoue que j’étais fort intimidé. Il nous fait donner des ordres d’accueil dans nos postes respectifs, nous souhaite bonne chance, et met des voitures à notre disposition. Chacun de nous quatre rejoint son poste. Il faisait très froid. Me voici donc avec ma peau de bique devant le Capitaine du Train des Equipages, chef de la garnison de Rupt-en-Woëvre. Il regarde mes papiers, grommelle je ne sais quoi, fait une tête hargneuse ; Il avait ordre de me loger, de me nourrir et de faciliter ma mission. Je vous signale que tous les civils avaient été évacués depuis le front jusqu’à Bar-le-Duc, soit sur une profondeur de 40 kilomètres. Donc, pas d’hôtel, pas de restaurant, et les deux-tiers des maisons de Rupt étaient démolies. La première prise de contact avait été désastreuse et je m’en rendais compte. Le Capitaine me demande de l’attendre, et sort sans un mot de plus. J’étais dans ce bureau avec mes valises, mon vélo et ma perplexité. Le poêle était chauffé à blanc. J’enlève ma pelisse en poils de chèvre et je m’assieds. Au bout d’une demi-heure, où je broyais des idées peu joyeuses, le Capitaine revient, plus hargneux que jamais. Ca continue ! Et, tout d’un coup, un miracle. Ma pelisse ôtée, j’étais en uniforme des Foyers. Le Capitaine me fait l’aumône d’un regard et se met à crier : « Mais ça change tout ». « Radieux », il vient vers moi et me secoue comme un prunier. « Mais vous avez la croix de guerre ! Vous n’êtes donc pas un embusqué ! Je me demandais ce que j’allais bien pouvoir dire de vous à mes vieux territoriaux ! » A cette époque-là, une croix de guerre, cela signifiait encore quelque chose… J’ajoute que mes relations ultérieures avec le farouche Capitaine furent les plus agréables et les plus fructueuses du monde. Le Foyer était une baraque Adrian de 30 mètres presque terminée. Je fais fabriquer des tables à pieds pliants, des bancs, une scène. Tout le monde se met à mes ordres et le Foyer ouvre très vite, trop petit dès l’ouverture. Je l’orne avec mes affiches. Dans des culots d’obus (il n’en manquait pas) je mets des fleurs des champs ou des plantes vertes sur chaque table. J’ai trouvé un piano en relativement bon état dans une maison en partie démolie et, naturellement, un accordeur. Mon phono moud sa musique. J’organise des jeux, de petits concours, je découvre des talents de chanteurs et je peux même monter de vrais concerts. Ma vie personnelle s’organisait fort bien. Je reçois la visite de plusieurs généraux : Mangin, Bordeaux (le frère de l’écrivain). Tout le monde est fort aimable pour moi. Un seul pépin : Il fait durant quelques jours, après une tempête de neige, 29° au-dessous de zéro ! Tous mes encriers laissés sur les tables éclatent ! Et c’est salissant, un encrier éclaté !J’en ai une réserve. Les nouveaux passeront les nuits dans le four de ma cuisinière… Et c’est le printemps, les muguets dans le bois au-dessus (les tranchées sont à 2 kilomètres et mes deux plantons territoriaux touchent l’indemnité de tranchée) puis des tapis de fraises des bois… Je vois souvent mes trois collègues, qui réussissent de façons diverses. Leurs foyers sont à 3 et 5 kilomètres de Rupt. Je leur donne des tuyaux. Eux ne m’en apportent guère. Ils n’ont pas la foi ! cette foi qui transporte les montagnes… Je suis heureux mais la direction de l’U.F.A. veille. Il y a trop longtemps que je suis à la même place. On me persuade que mon devoir est d’aller créer le premier foyer dans un camp d’aviation à Cazaux (Gironde). Je ne puis qu’obéir, et puis, l’aviation… Le camp est au bord du lac, très beau, en pleine forêt de pins. Le Foyer est constitué de deux baraques Adrian en équerre avec un grand terrain annexe : du sable partout. J’arrive précédé d’une certaine réputation et tout ce que j’entreprends est facilité au maximum. Très vite, mes deux baraques sont insuffisantes. J’en demande une troisième, de style différent, montée en un temps record et dont je fais ma salle de lecture et de correspondance. Un sergent volontaire est le « patron » de cette salle, même vis-à-vis de moi et cela m’enchante. Les gens ont soif. Je fais creuser un puits foré, il y a de l’eau partout dans le sous-sol. Je fais installer un réservoir avec une batterie de robinets et pour la première fois depuis mon entrée dans les Foyers, je fais du commerce. J’ai comme personnel fixe deux Annamites, merveilleux. Je vends des sirops de ma fabrication : 120 litres de sirop pur par jour. Le sucre m’est procuré par l’intendance. Je résous l’insoluble question des verres par une affiche : « Le verre de sirop 20 c. le quart de sirop 10 c. Apportez vos quarts ! ». Et les aviateurs venaient du camp au foyer avec leur quart pendu à leur patte de ceinturon. Donc plus de verres et plus de vaisselle ! Mes clients se servaient eux-mêmes leur eau aux robinets. L’hiver, c’était le café ! Je commençais ma soirée avec deux cents litres de café faits à l’avance et mis dans une batterie de vastes lessiveuses, et mes lessiveuses percolateurs me donnaient cinquante litres à chaque opération. Il faudrait un dessin pour tout vous expliquer. Essayez de me faire confiance. Il y avait, au Foyer chaque jour, un concours de jeu et, toutes les semaines, un concert. Un chansonnier de Paris, Marc Hely, était mon imprésario-réalisateur-metteur en scène. Un des plus fidèles habitués de nos concerts était l’aumônier du camp, le curé de Cazaux, un homme extraordinaire qui avait été l’aumônier de l’impératrice Eugénie. Au point de vue sport, c’était simple : je mettais un ballon en consommation, ce qui veut dire que, dans mon grand champ de sable, je jetais un ballon de football et je n’ai jamais vu un ballon monter aussi haut ou aller aussi loin. Au point de chute, c’était homérique. Mais le sol était de sable fin. Un ballon neuf devenait inutilisable en une semaine. Autour du Foyer, c’était une complicité générale. (Vous n’ignorez pas que l’on vient toujours au secours du succès). Chacune de mes demandes au Commandement du camp était servie en première priorité. Cazaux est perdue au bord de son lac. La localité la plus proche est la Teste-de-Buch, que les gens du pays appellent le bout du monde. Il y a un petit tortillard entre Cazaux et La Teste séparées par 11 kilomètres. Mon ravitaillement est acheminé gratis. Mieux = l’employé de la gare de Cazaux, à 800 mètres du foyer, m’apporte tout avec une brouette (dans le sable !) et il n’a jamais voulu accepter un pourboire. « C’est mon devoir » bougonnait-il. Mes rapports avec les habitants sont excellents. Je rends quelques petits services aux uns et aux autres. L’eau de mon puits foré est la plus pure et la plus fraîche du village. Par les jours chauds, à midi, c’est le défilé des carafes, des brocs et des cruches ! Bien sûr, en contre partie, malgré mes protestations (sincères) on m’apporte un morceau de charcuterie, un petit plat fin ou quelques douzaines d’huîtres (Arcachon est à deux pas). Et voici qu’arrive la nouvelle de l’Armistice : 11 novembre. C’est fini ! Je bondis au camp, je rameute mes chanteurs, musiciens, comédiens et j’invite tout l’état-major à un grand concert au Foyer, à 15heures. A l’heure dite tout le monde est là. Le commandant est au premier rang, avec à sa droite mon ami, le vieil aumônier. La salle est archi-comble. Je monte sur la scène et je clame notre joie générale. Je n’ai jamais entendu une Marseillaise spontanée plus vibrante, et elle est recommencée deux fois encore. Ce que fut le concert, je ne me souviens plus, Marc Hely avait improvisé un programme extraordinaire… Voilà, c’était le Foyer de Cazaux. Quelques semaines après, je reçois mon remplaçant, car ma direction veut me faire créer le premier Foyer dans une ville de garnison. Je mets ce remplaçant, un garçon très bien, m’a-t-on dit, au courant de tous mes secrets. (Six mois après mon départ, rien n’allait plus au Foyer de Cazaux, ma direction l’a fermé.) Je pars pour Tarbes, la ville choisie. Elle me plaît d’autant plus que c’est à Tarbes que j’ai fait mon service militaire et qu’à Tarbes habitait ma fiancée. J’y ai des amis. Je recherche un local suffisant. Je le trouve enfin. Mais au moment où j’allais tout arrêter, un télégramme m’appelle à Paris. Mon directeur, Monsieur Sautter, était avec John Mot, le grand chef des Y.M.C.A. américains. Un Foyer du marin a été créé à Toulon mais rien ne va bien là-bas, paraît-il. Pourtant un effort énorme a été consenti. J’ignore tout de la Marine. Mais il paraît que je suis le seul à pouvoir tout remettre à flot. Je quitte Tarbes et ma fiancée le 2 mai 1919. Il neigeait. J’arrive en gare de Toulon, il faisait 28° à l’ombre. J’avais bonne mine avec mon gros pardessus kaki ! Voilà donc l’histoire de mon apprentissage. Je prends contact avec la Marine.
C’est un autre chapitre.
Partie 2 - Le Foyer du Marin Donc, j’ignorais tout de la Marine au milieu de laquelle j’étais désormais appelé à vivre et à travailler. Le Capitaine de Frégate Sauvaire-Jourdan, conseiller de Monsieur Sautter pour tout ce qui concernait la Marine et qui avait présidé à la création du Foyer de Toulon, entreprend de m’instruire. J’apprends d’abord qu’il me faut dorénavant supprimer le possessif avant les grades : ne pas dire « mon Amiral », ne pas dire « mon Commandant », « mon Capitaine », etc… Avec une patience infinie, le Commandant Sauvaire-Jourdan m’initie aux appellations et aux mystères des velours qui distinguent les divers corps d’officiers. Il sent bien, mon aimable et savant professeur, que son élève se noie de plus en plus. Il me donne un excellent tuyau : « à partir de 4 galons, si vous vous sentez hésitant, dites toujours « Commandant » ; pour les deux ou trois galons, dites « Lieutenant » ou « Capitaine ». Aucun officier ne vous en tiendra rigueur ». Pendant vingt ans, j’ai suivi cet excellent conseil et je m’en suis bien trouvé. Le commandant Sauvaire-Jourdan me donne enfin des indications plus générales parmi lesquelles il en est une qui me gêne terriblement, moi, depuis l’origine directeur de Foyer du soldat : il vaudra toujours mieux éviter le contact entre les marins et les soldats. En effet, depuis des temps immémoriaux marins et coloniaux cherchent toutes les occasions de s’affronter et il en résulte de fréquentes bagarres dans les rues du vieux Toulon. S’il s’en produisait au Foyer du Marin, ce serait catastrophiques… Et puis, dans un autre domaine, il y aura de sérieuses vérifications comptables à effectuer… et des situations personnelles à examiner de près… Me voici donc sur le trottoir extérieur de la gare de Toulon. Tout va commencer et tout est possible, le meilleur comme le pire. Je charge de ma valise un commissionnaire qui m’amène au Foyer, à trois minutes à peine. Le bâtiment est énorme – en comparaison avec toutes mes baraques Adrian. C’est un ancien magasin des Dames de France. J’entre – l’intérieur est magnifique : au milieu du hall central, il y a un bassin entouré de fleurs, avec, en son centre, un ange souriant projetant un jet d’eau qui gazouille. De part et d’autre du hall, des plantes vertes en caisse encadrent des billards. Des marins de service font la propreté. Je contemple tout cela, émerveillé, et j’essaye de me persuader que je suis le « patron » de cette magnifique réalisation dont je découvre le premier aspect – mais dont j’ignoreencore tant et tant de particularités. Un officier de marine – mais je ne vois aucun galon – vient vers moi : - Vous désirez quelque chose ? - Non, pas pour le moment, je regarde et j’admire. - Mais vous ne pouvez pas rester là ! - Si, je peux. Je suppose que vous appartenez à la direction du Foyer. Voulez-vous prévenir votre directeur que Mr Grandperrin est arrivé ? Une minute après, se penchant sur les balustrades de toutes les galeries, des têtes curieuses considèrent le nouvel arrivant. On attendait (je l’ai su plus tard) un monsieur grand et blond. Et voici qu’apparaissait un monsieur petit, brun, avec une grande barbe et un curieux uniforme kaki. On me présente tout l’état-major du Foyer, dans lequel un ingénieur, un baron, un avocat à la Cour d’Appel de Paris, un capitaine de frégate en retraite, un premier-maître guetteur sémaphorique, un artiste peintre connu, deux autres messieurs et trois dames très distingués. Les messieurs sont en tenue d’officiers de Marine, sans galons et sans attentes (pattes d’épaule). Les dames sont en bleu-marine, coiffées d’un voile gris. Il y a aussi du personnel d’exécution et une vingtaine de marins affectés au Foyer. Avec mes 29 ans (moins 3 semaines) je suis le plus jeune du lot du personnel de direction. Tout le monde s’attend à ce que je chambarde tout. Non ! je ne chambarde rien – pas en tout cas avant que je ne découvre ce qu’il faut chambarder. Il me faudra au moins quinze jours avant que je sache « de quoi il s’agit ». Le problème qui se présente à moi ne ressemble en rien à ceux que j’ai pu résoudre plus ou moins heureusement dans toutes mes expériences précédentes. D’abord le cadre est totalement différent. Dans mes Foyers du front et celui de Cazaux, toute la « clientèle » était dans des locaux d’une seule venue entièrement et constamment sous mes yeux, et sous mavoix, qui avait parfois à s’exprimer. Ici, les locaux étaient multiples et la clientèle dispersée. Le contact humain devenait très difficile à établir… Ensuite, précédemment, j’étais seul à la direction de mes Foyers… Ici je devenait un chef qui devrait faire exécuter ses instructions par d’autres que lui. Je me souvenais (excusez-moi de la rabaisser à mon niveau, mais elle m’avait profondément frappé) de la définition du « Chef » que des journalistes avaient fini par extorquer au Général Joffre, après la Marne : Un "Chef" doit savoir trois choses : 1 - Ne rien faire ; 2 - Fa ire faire ; 3 - Ne pas laisser tout faire. Donc : 1 - Rester toujours disponible ; 2 - Savoir choisir ses exécutants et bien expliciter ses ordres ; 3 - Se tenir au courant des diverses exécutions afin de les maintenir ou de les faire rectifier dans la ligne générale choisie par lui le chef, en définitive seul responsable. C'était, à mon échelle, ce qui devenait "mon problème". Les Anglais disent, en anglais, dans une situation analogue "attendre et voir". Je voulais surtout voir, donc, il me fallait attendre. Je décide de m’entretenir avec chacun des membres du personnel de direction, de bavarder avec lui de ses réalisations, de ses projets et en même temps, de faire la connaissance (je ne trouve pas d'autre mot) du Foyer en tant qu'outil. Cela m'a pris à peu près deux semaines. Si vous le voulez bien, nous ferons ensemble sa connaissance. Mais il me faut, avant, vous parler de mon premier contact avec les autorités maritimes. Le surlendemain de mon arrivée, je suis présenté, par un délégué de la direction des Foyers, au Préfet Maritime de Toulon, le Vice-Amiral Lacaze, qui avait été ministre de la Marine et qui devait devenir Académicien. Mon prédécesseur, encore en place, nous accompagnait. Il faisait très chaud, à Toulon, mais l'accueil fut de glace. A la lettre, moralement, j'en grelottais. L'entrevue dura trois minutes. L'amiral eut tout de même pour moi quelques mots aimables d 'accueil. Rassurez-vous, cela devait très bien s'arranger par la suite. Mais le moment n'est pas venu de vous dire comment. Fermons la parenthèse et visitons le Foyer. Le hall d’entrée était très vaste, avec en son centre, le bassin fleuri dont je vous ai déjà parlé. A droite et à gauche, sous la première galerie circulaire, il y avait trois billards, entourés de plantes vertes en caisse, puis des tables pour les jeux d'intérieur : cartes, dames, échecs, jacquet, etc... Tout était très soigné. Au fond du hall, en haut de quelques marches, il y avait comme une terrasse avec tables et chaises et un bar débitant uniquement des sirops et de la limonade. Un petit magasin fournissait du tabac, des conserves, du chocolat en tablettes, des biscuits et quelques articles d'usage courant. Une vaste cuisine était derrière, mais elle n'était pas terminée et préparait seulement la nourriture du personnel marin du Foyer. Au sous-sol, on trouvait d'abord une grande salle de boxe avec ring, punching-ball, etc, et quelques appareils de gymnastique, puis une salle de théâtre avec une scène bien aménagée et des sièges pour environ 300 spectateurs. Deux autres salles plus petites n'avaient pas encore d’affectation particulière. Le premier étage, vaste galerie bien éclairée, était aménagé en salle de lecture et de correspondance. Les tables et les chaises avaient été confectionnées exprès pour le Foyer : les unes et les autres étaient très belles. Partout, il y avait des plantes vertes en caisse. On aurait pu se croire dans un jardin. Vraiment l’ensemble de la réalisation était splendide. Au premier étage encore! était une vaste salle d'escrime, d’installation parfaite, avec un maître d'armes remarquable. Dans cette salle d'armes, nul ne pouvait entrer sans se découvrir, même moi… mais je ne portais pas de coiffure ! Tout le deuxième étage était consacré au sport, avec des panneaux de basket-ball, un ring de boxe (ce qui en faisait deux au Foyer), une piste de course à pied tracée au pinceau… II y avait aussi un troisième étage, constitué par les magasins des réserves des anciennes Dames de France. Beaucoup de locaux pouvaient être aménagés et recevoir des affectations diverses. Enfin, à l'arrière du bâtiment, donnant sur la rue Victor Clappier étaient les bureaux de la direction et le secrétariat. Evidemment, l'aménagement du Foyer du Marin avait dû coûter des sommes fort importantes. Rien n'avait été négligé pour que le maximum fut fait et l'installation était vraiment une réussite qui m’émerveillait. Les Américains avaient largement donné des fonds, mais ils n'avaient pas donné que de l'argent. Ils avaient envoyé des hommes, des spécialistes des Y.M.C.A. Je fis donc la connaissance des trois Américains détachés à Toulon. C'est eux qui me firent l'accueil le plus chaud. Leur chef, Wayne, G. HANSON, était l'un des hommes les plus remarquables que j'aie rencontrés dans ma vie ; j'en ai peu connus qui étaient d'un idéal aussi élevé. II était un des plus importants personnage des Y.M.C.A. M. Hanson parlait très suffisamment le français, moi pas du tout l'anglais. Evidemment, nous avons essayé l'un et l’autre de savoir à qui nous avions à faire. Il en est résulté de nombreuses conversations qui ont fait naître entre nous une amitié qui devait durer de longues années. De mes entretiens avec mes futurs collaborateurs, je ne vous dirai pas grand chose. Leurs conclusions n'ont rien à faire ici, qu'elles soient favorables ou décevantes. La conversation qui me gênait le plus, était celle que je voulais avoir avec le Commandant Chretien, capitaine de frégate venant de prendre sa retraite, vingt ans d'âge de plus que moi. J'ai donc commencé par elle. Et nous nous sommes tout de suite compris, car ce que j'attendais de lui, et je l'ai senti soulagé, ce n'était pas une subordination, mais une collaboration confiante, avec l'apport de son expérience d'homme et d'officier et ses conseils éventuels. Une solide affection - plus que de l'amitié - est née ce jour-là entre nous. Evidemment, je feuilletais les archives, les livres de comptabilité, je me mettais au courant des travaux en cours ou projetés. Je prenais contact avec fournisseurs et entrepreneurs et je tirais déjà pas mal de conclusions. Le Foyer continuait sa vie, avec une fréquentation qui me paraissait bien maigre, dans une ambiance sans chaleur humaine. Le personnel de direction ne quittait guère ses confortables bureaux se mêlait pas beaucoup à la clientèle. Mon prédécesseur, un quadragénaire très froid, intellectuel planant au-dessus des contingences, ne se pressait pas de me céder son somptueux bureau, jouxtant le secrétariat (Mais je n’étais pas pressé). II me prévient qu'un bal, qu'il a autorisé, va avoir lieu au deuxième étage du Foyer, le samedi suivant. C'est le troisième depuis quelques semaines. Il me renseigne : ces bals, qui durent toute la nuit, sont organisés par divers groupements toulonnais. Le Foyer n'intervient que pour prêter gracieusement le local, ce qui constitue une excellente propagande, en faveur du Foyer, auprès de la population. L’orchestre est fourni par le groupement organisateur et une buvette est installée par un spécialiste des bals publics. Donc, avec le minimum de charges pour le Foyer, c’est une très belle réclame. J’en suis aussi peu convaincu que possible. Je fais une très rapide enquête. Les gens (du Midi encore plus qu’ailleurs) sont très disposés à parler. J’apprends que le contrôle des entrées et des invitations est quasi-inexistant et je suis mis au courant de détails inadmissibles, en tout cas que, moi, je n’admets pas. Par exemple, que des couples, ayant soif d’isolement, descendent du deuxième étage au premier et même plus bas, à la recherche de coins sombres… Je rencontre un organisateur venu pour les dernières dispositions en vue du bal. Il paraît très étonné de mes réticences pour l’avenir et m’avertit que le Préfet-Maritime lui-même est Président d’honneur du bal. Mon sang ne fait qu'un tour… je ne veux pas user dans le Foyer de ce qu'il me semble être mon autorité, puisqu'on réalité je n'en ai pas encore effectivement pris la direction. Mais il me faut sans tarder savoir la position du Préfet Maritime. Je lui fais demander une entrevue, qu'il m'accorde tout de suite. Un quart d'heure plus tard (les distances sont courtes à Toulon) je suis devant un Amiral LACAZE beaucoup moins glacial que l'avant-veille. Il écoute l'exposé de ma position avec une réelle bienveillance. "Je suis de votre avis, me dit-il, je préfère qu'il n'y ait plus de bals au Foyer. Si je suis Président d'honneur du prochain, c'est que le Préfet Maritime est le Président d'honneur, par tradition, de toutes les manifestations toulonnaises de quelque importance, mais ce n'est en rien une marque d'approbation. Je suis content que vous soyez tout de suite venu me voir, et plus content encore que vous soyez venu seul. Je n'aimais pas beaucoup le Directeur que vous remplacez". Le bal eut lieu. J'avais suggéré (officieusement !) quelques dispositions qui s'avérèrent efficaces. Et surtout, désormais, le chemin entre la Préfecture Maritime et le Foyer n'était plus verglacé. En possession des éléments que je voulais, j'écris à ma direction de Paris que je crois pouvoir assumer à Toulon la tâche qui m'est confiée, à la condition que, sans aucune réserve, j'aie carte blanche. Le surlendemain après-midi un télégramme m'arrive avec seulement trois mots : "carte blanche - Sautter". A moi de jouer ! Je monte au bureau du précédent directeur qui se sera incrusté jusqu'au bout. Et voici, à peu près, ce que je lui dis : « Je prends la direction du Foyer demain. Je vous demande de convoquer tout le personnel de direction, dans mon bureau, celui-ci, pour demain matin à 9 heures. Je serai moi-même, demain matin à 8 heures, dans "mon" bureau que vous aurez entièrement débarrassé de ce qui vous est personnel". Je coupe court à ses protestations. "Il y a quinze jours, lui dis-je, que je suis à Toulon. J'ai attendu de vous un geste qui n'est pas venu. Aujourd'hui, il s'agit d'un ordre, le premier que j'aurai donné ici. J'en exige l'exécution immédiate. Vous avez jusqu'à demain matin 8 heures. C'est tout ». Je ne devais jamais revoir mon prédécesseur. Bon vent ! Le lendemain, à 9 heures, tout mon monde était présent, déjà un peu conditionné, car jusque-là on avait fini par conclure que j'étais décidément inoffensif. Je résume le début de mon allocution d'ouverture qui vous fera comprendre la situation que j'avais découverte. "Je commence par les choses désagréables. La fin sera meilleure. Messieurs X, Y, et Z, le Foyer ne réglera pas les uniformes que, sans autorisation écrite, vous avez commandés au tailleur du Foyer. Il vous appartient donc de les payer de vos deniers. Le tailleur est prévenu. Désormais, il n'y aura plus au Foyer ces petites soirées, avec ou sans Champagne, réunissant quelques directeurs et leurs invités. On en a trop parlé en ville. Et, de toutes façons, je les interdis. Madame T., Messieurs C. et H., je ne crois pas pouvoir vous utiliser au Foyer. Vous êtes donc remis à la disposition de la Direction des Foyers. Votre situation sera réglée par elle. Votre présence à cette réunion n'est pas nécessaire. Vous pouvez disposer. (Exit) Ceci dit, je crois que nous pouvons ensemble, faire de l'excellent travail. M. Maury (le Premier-Maître guetteur sémaphorique) sera mon sous-directeur chargé du personnel d'exécution civil et militaire et de l'entretien général du Foyer. Le Commandant Chretien prendra la direction du service éducatif et des bibliothèques. M. S. sera le chef du service récréatif. M. L. s'occupera des activités sportives du foyer. M. O. (le baron) sera chargé du service commercial. Mme G. A. continuera à assurer la direction de l'annexe de Missiessy (une baraque Adrian sur la route du Dépôt) et Mlle Ci. E. poursuivra ses activités à l'Hôpital Ste-Anne. Aux heures d'ouverture du Foyer, la place des directeurs est dans le Foyer et non pas dans leur bureau. Moi-même, je serai successivement présent dans toutes les activités. Nous sommes des maîtres de maison qui reçoivent. Tâchons de bien recevoir nos invités qui sont les marins. Je serait toujours à votre disposition si vous avez quelque chose à me dire ou à me demander". Evidemment, j'en ai dit plus long. Mais, en une seule semaine, l'atmosphère du Foyer avait changé. Sa fréquentation avait plus que doublé. Les liens entre le directeur principal (c'était mon titre) et ses collaborateurs se firent très vite amicaux. Rapidement, nous avons formé une véritable équipe, travaillant dans une agréable bonne humeur. La cuisine du Foyer était très vaste. Je créai dans un petit local annexe, avec mes cuisiniers et sous la gestion de mon sous-directeur, un "carré" pour le personnel de Direction. Les repas pris en commun resserrent les liens d'amitié. Certains de mes collaborateurs étaient de vrais boute-en-train. Je n'étais guère mélancolique. Chacun payait son écot et nous pouvions amener des invités. Je crois que la création du carré a été constamment bénéfique au point de vue moral. Mon ami l'Américain Hanson vint me voir un jour avec, à la main, un papier qu'il me tend : "Prenez. Je n'ai plus besoin". Cette lettre, écrite en français, signée Sautter, donnait à M. Hanson la possibilité de mettre fin à ma mission à Toulon, s'il estimait que je ne donnais pas satisfaction. J'ai longtemps conservé cette lettre qui a disparu avec presque tous les documents que j'avais classés avec tant de soins… mais une autre guerre devait passer par là. Je savais que la cote du Foyer remontait à la Préfecture Maritime. Un événement très sérieux devait la faire remonter plus encore. En Mer Noire, des incidents très graves s'étaient produits. Beaucoup de marins libérables n'acceptaient pas que leur libération ne fût pas faite en même temps que celle des soldats de leur classe. Malgré les efforts des officiers, une révolte se propagea, prenant les allures d'une véritable mutinerie, avec tout ce que cela suppose de violences verbales et matérielles. La révolte gagna Toulon. Les virus de l'indiscipline voyagent vite. Il y eut des cortèges de marins dans les rue de Toulon, des officiers furent insultés, du matériel brisé. Un après-midi, une colonne importante se présenta devant le Foyer, en força la porte et commença à l'envahir, pour ce qu'on appelle aujourd'hui un meeting. Tout de suite avisé, je me précipitai. Du haut de l'escalier du premier étage, je dominais les deux ou trois cents marins déjà entrés. Beaucoup me connaissaient. Par je ne sais quel miracle, je pus me faire entendre. « Je vous interdis l'entrée du Foyer. Au moment où se discutent les conditions de la paix, à Paris, vous faites du mauvais travail. Croyez-moi, moi qui suis votre ami. Vous avez forcé la porte d'entrée du Foyer, mais vous allez la repasser tout de suite. Je suis tout seul. Vous êtes nombreux. Je vous ordonne de sortir. La porte est là, sortez ! ». Le bras tendu vers la porte, je descends lentement deux ou trois marches. L'incroyable se produit. Le flot des marins reflue sur la Place de la Liberté. En dix minutes, je peux refermer la porte du Foyer. La colonne de marins va se concentrer sous les pins des fortifications de Ste-Anne. J'ai su que le Vice-Amiral Lacaze était allé, seul, parler aux protestataires, réunis sous les pins. Ce qu'il leur dit, je l'ignore. Mais la situation s'améliora en très peu de jours. Le Préfet - Maritime avait été mis au courant (par qui ?) de l'incident du Foyer. Il me fait appeler, me félicite pour le succès de mon intervention et me demande de garder le contact téléphonique avec lui personnellement. "J'ai donné des ordres" me dit-il. Je pouvais donc poursuivre mon travail dans les meilleures conditions qui soient. J'ajoute que, au cours de mes vingt-cinq années de foyers à Toulon, tous les Préfets Maritimes, sans aucune exception, ont facilité au maximum mon action. Sans leur compréhension et leur bienveillance je n'aurais rien pu faire. Et, cependant, que de fois ai-je transgressé de sacro-saints règlements et me suis-je placé, le sachant, dans des situations irrégulières. J'avais, avec mon cher Maury, mon sous-directeur (exactement deux fois mon âge) entrepris de faire cesser la mise au pillage des ressources du Foyer par des fournisseurs et des entrepreneurs malhonnêtes. Quelqu'un au courant de mes intentions, crut me décourager en disant : « Ah ! Vous ne connaissez pas certains Toulonnais ». Je répondis : « C'est eux qui ne connaissent pas Grandperrin ». J'avais fait expertiser les mémoires et factures les plus suspects. J'exigeai, sous peine de poursuites correctionnelles, le remboursement des trop-perçus. Je refusai de payer certaines factures abusives. Je ne citerai qu'un exemple particulièrement savoureux : un entrepreneur de peinture avait été chargé de peindre 400 bancs. Le travail avait commencé en décembre 1918. Il durait encore en mai 1919. Quand les 400 bancs étaient peints, on recommençait à les peindre, et cela durait depuis six mois. Cela aurait pu durer six ans ! Bien sûr, des factures étaient régulièrement présentées - et ponctuellement acquittées. Je mis fin à cette plaisanterie et, de peur du scandale (je n'aurais pas hésité), le peintre qui s'était cru astucieux remboursa environ la moitié de ses factures déjà payées. Je dois préciser qu'au cours de mes vingt-quatre années toulonnaises j'ai eu affaire à de très nombreux entrepreneurs, fournisseurs, artisans, etc… Je n'ai qu'à me louer de leurs services et de leur probité. Certains sont encore mes amis. Je n'ai parlé de ce qui précède que pour vous dire quelle remise en ordre s'est imposée à moi dès le début de mon activité toulonnaise. Elle m'a permis de comprendre les raisons de mon envoi à Toulon, celles du mécontentement de l'autorité Maritime et celles aussi d'une opinion fâcheuse sur le Foyer qui s'était répandue dans les milieux toulonnais. Dans mes Foyers précédents, la page sur laquelle j'avais à écrire était blanche. La page de Toulon était déjà en partie déjà bien mal écrite quand on me l'avait passée. Il me fallait effacer. Il en reste toujours des traces. Et cela m'a fait perdre du temps, car on a plus de peine à remonter un courant qu'à le descendre. Le Foyer du Marin de Toulon avait été inauguré fin novembre 1918. Nous mîmes sur pied une grande fête pour son premier anniversaire. Cette fête fut présidée par le Préfet Maritime entouré des hautes personnalités de Toulon. Le Chef du Service Récréatif avait bien fait les choses. Environ 1500 personnes, dont un millier de marins avaient pu prendre place dans le hall (où une scène avait été dressée dans un décor de fleurs et de plantes vertes) et dans les galeries du premier et du deuxième étage. Je prononçai l'inévitable discours programme, moins court que je n'aurais désiré, et la fête se déroula avec un succès complet. La presse locale et régionale en rendit compte avec de très flatteuses appréciations. Sans doute avez-vous trouvé que je me suis trop étendu sur des faits sans intérêt, apparemment, pour les Foyers en général. Mais il me fallait bien vous dire pourquoi et comment en quelques mois, j'étais devenu un homme connu à Toulon et un homme avec qui il fallait compter. J'avais même eu les honneurs de certaines attaques publiques. J'étais encore bien jeune, et j'avoue qu'elles m'avaient fait mal. Mais des amis avaient répondu pour moi. Si je ne vous avais pas expliqué ce que j'étais devenu, comprendriez-vous que le Préfet Maritime fit soumettre, pour avis, au jeune homme que j'étais alors, les plans, datant de 1914, d'un « Abri du Marin », qui devait devenir le Foyer des Equipages de la flotte de Toulon ? Si je n'avais pas été littéralement porté par les circonstances, croyez-vous que mes avis, qui chambardaient tout ce plan, auraient été considérés comme valables et essentiels ? Le moment approchait où le Foyer de l'U.F.A. devrait disparaître pour céder sa place au Foyer des Equipages de la Flotte.
Partie 3 - Les soldats au Foyer du Marin Depuis les premiers jours de mon travail à Toulon, malgré les satisfactions très réelles qu'il m'avait données (la chance aidant, vous l'avez peut-être déjà remarqué) une chose me « turlupinait ». Moi, qui jusqu'à mai 1919, et depuis l'origine, avait été directeur de Foyers du soldat, je devais éviter de faire trop rencontrer marins et soldats dans le Foyer du marin que je dirigeais. Certes, quelques soldats fréquentaient le Foyer. D'autres y entraient ne serait-ce que par curiosité. J'avais donné des instructions à tout le personnel pour qu'ils fussent particulièrement bien accueillis. Mais je ne trouvais pas cela suffisant. Connaissant le point de vue de ma direction de Paris, je ne pouvais m'adresser à elle. C'est au Préfet Maritime, le Vice-Arniral Sagot-Duvauroux, que je demandai et son avis et ses conseils. « En tant que Préfet Maritime, me dit-il, je suis Commandant d'Armes de la Place de Toulon. Donc les régiments de Toulon dépendent de moi. A ce titre, je ne puis que partager votre désir de recevoir encore davantage de soldats dans votre Foyer. Les inquiétudes du Cdt Sauvaire-Jourdan sont explicables. Je suis cependant tout disposé à vous permettre une expérience qui pourra n'être pas sans difficultés.Allez-y ! Je vous fais confiance ! ». Je demandai un rendez-vous aux Colonels des deux régiments casernés à Toulon (le 4ème et le 8ème R.I.C.) et je sollicitai leur accord. Celui-ci me fut accordé immédiatement. Le lendemain, la « Décision » de chaque régiment signalait aux soldats que tous les services du Foyer du marin de la Place de la Liberté leur étaient ouverts. Chaque chef de service du Foyer se fit guide pour la visite du Foyer et les explications désirables. Après les entrées relativement massives des premiers jours, la fréquentation des soldats s'établit et se stabilisa à environ 15% des entrées générales, 20% du service sportif, 20% du service éducatif (cours et bibliothèque), 10% des billards et petits jeux (des statistiques aussi précises que possibles étaient tenues dans chaque service et journellement centralisées au secrétariat du Foyer). Le Foyer s'appelait désormais : Foyer du marin et du soldat. Le Commandant Sauvaire-Jourdan fit une visite inopinée à Toulon. Cet homme fin et intelligent feignit d'oublier les instructions qu'il m'avait données à mon départ de Paris, et me dit sa satisfaction de l'atmosphère générale du Foyer, qui était en pleine activité ce jour-là. « Je suis prêt à tout croire, me dit-il en riant. Mais ce que je vois là aurait été inimaginable il n'y a pas si longtemps. J'avoue que je n'en crois pas mes yeux ». Ce que les yeux du Cdt Sauvaire-Jourdan ne pouvaient croire, c'était une partie de billard mettant aux prises deux matelots et deux gendarmes. Quelques mois après, une affaire lamentable, dont j'ai eu un écho assez vague, m'amène chez le Préfet Maritime que je veux informer. L'Amiral, déjà au courant, me donne sa carte avec un mot pour que le Directeur de la Police d'Etat, s'il l'accepte, me renseigne complètement, car je suis en mesure de régler cette affaire sans que personne n'en sache rien. Monsieur Blanc me reçoit très aimablement. Il me donne toutes les précisions désirables. Il approuve que je veuille une solution discrète. Il s'amuse en me prouvant que pas un de mes gestes, ni un seul de mes déplacements n'est passé inaperçu de la police pendant mes premiers mois toulonnais. Et tout-à-coup, il sort un dossier d'un classeur. « Voici mon rapport annuel. Je vous en livre un passage : Depuis au moins six mois aucune bagarre entre soldats et marins ne s'est produite à Toulon. J'en attribue le mérite à l'action du Foyer du marin de Toulon, où matelots et soldats apprennent à se connaître ». J'avoue que ce témoignage, que je signalai à Paris, me fit un extrême plaisir. Quelques mois après, Monsieur Blanc fut assassiné par un bandit qu'il voulait appréhender. L'assassin, un nommé Delval, fut guillotiné. Etant, en prison, l'homme de confiance n°1 des prisonniers et des gardiens, j'eus l'occasion de feuilleter les archives de l'établissement. Je découvris le nom de Delval. A la case de la levée d'écrou je lus ces mots terribles : « remis à Monsieur l'exécuteur des Hautes-Œuvres… pour être exécuté » et la signature du bourreau. Delval avait expié son crime, mais il avait privé le Foyer et son directeur d'un bien précieux ami.
Partie 4 - La naissance du Foyer des Equipages Les plans que le Préfet Maritime m'avait fait demander d'étudier étaient ceux établis au moment où Monsieur Bazil Zaharof avait fait don à la Marine, en 1912, je crois, de 300 000 francs or, pour la construction d'un bâtiment ouvert aux matelots. Le donateur avait été scandalisé par la vue de tant de cols bleus, déambulant dans les rues de Toulon sans autre possibilité d'accueil que les bistrots de la vieille ville. Les plans avaient été établis par un architecte grec. Monsieur Zahos, imposé par Monsieur Bazil Zaharof. L'emplacement du futur "Abri du Marin" avait été choisi sur ce qu'on appelait alors l'Ilôt A, place St-Roch, à proximité immédiate et au Nord de la Porte de l'Arsenal dite de Casligneau. Bien que les 300 000 francs or du donateur aient dégringolé à 300 000 francs papier, soit au maximum le dixième de la somme primitive, la Marine avait décidé de construire l'Abri du Marin et j'en avais les plans, datant du début de 1914. Evidemment, l'architecte, Monsieur Zahos, n'avait pas reçu de directives précises sinon peut-être celle de loger, dans le nouveau bâtiment, au moins trois membres du personnel de direction. Trois appartements étaient prévus, mais aussi des petites salles sans affectations particulières autour d'une salle de spectacle, ces petites salles étant destinées à la réception des matelots qui ne feraient sans doute qu'y passer. Enfin, il y avait une cour intérieure avec un bassin central entouré de parterres. L'ensemble avait une certaine allure, l'extérieur étant particulièrement soigné. Mais, dès mes premières études, je ne trouvai dans cet Abri du Marin rien qui pouvait attirer le matelot. Sans doute y avait-il une salle de spectacle, mais elle servirait au maximum une fois par semaine. Pas de bar, pas de sport, même pas un emplacement pour un jeu de boules. Par contre trois appartements, cossus, pour trois personnages de la direction de l'Abri… tenant à eux trois la moitié des surfaces utiles. Je fis part de mes réflexions au Préfet Maritime, le Vice-Amiral Sagot-Duvauroux, qui avait remplacé le Vice-Amiral Lacaze, et j'insistai surtout sur la nécessité de prévoir un terrain de sports attenant au Foyer. L'Amiral, qui me fut toujours bienveillant, fit siennes mes conclusions. L'architecte, Monsieur Zahos, mis au courant par le Ministère, fit le voyage de Toulon pour étudier ce qu'était le Foyer du Marin de l'Union Franco Américaine. Il vint me voir. C'était un homme charmant et nous devions devenir des amis. Il passa deux jours dans le Foyer, examinant tous les aspects de ses activités. Je lui expliquai mon point de vue et répondis à toutes ses questions. Il me posait des colles, auxquelles je répondais de mon mieux. Il finissait par être très intéressé. Je me souviens avoir organisé, sur sa demande, pour lui, en un quart d'heure, un tournoi de boxe sur le ring du deuxième étage. A ce tournoi; annoncé par haut-parleur, assistaient au moins 200 marins spectateurs passionnés. Je précise que, ce jour-là, j'avais une vingtaine de boxeurs à l'entraînement dans le sous-sol du Foyer. Bref, Monsieur Zahos savait désormais ce qu'était un Foyer. Je le persuadai de ne prévoir dans ses plans futurs qu'un seul appartement de personnel de direction. Il s'inspira des remarques toulonnaises et établit des plans entièrement nouveaux. Ce sont ceux du premier Foyer des Equipages de la Flotte, tel qu'il fut construit. J'avais levé un lièvre très encombrant avec cette nécessité, sur laquelle je ne cessais d'insister, d'un terrain de sport attenant au foyer. Où caser ce terrain de sport et où le trouver ? L'Ilôt A, d'abord prévu, était par trop exigu. Il y eut, à bien des échelons, d'interminables discutions. Dans ce Toulon enserré par ses fortifications, rien n'était possible… à moins… que l'on n'attaque ces fortifications condamnées depuis bien des années. Et puis, le Foyer, le mettrait-on à l'Est ou à l'Ouest ? Le centre d'attraction des villes se déplaçant en France de l'Est à l'Ouest, ce fut l'Ouest qui fut choisi, d'autant que le nouvel emplacement était près d'une des portes principales de l'arsenal et sur le chemin du 5ème Dépôt des Equipages. Par une coïncidence heureuse, l'endroit qui emporta la décision, définitive était précisément celui que j'avais suggéré au début des discussions qui durèrent plusieurs mois. Donc en 1922, le premier coup de pioche (lequel fut un coup de mine) était donné aux remparts de Toulon pour le Foyer des Equipages de la Flotte et son stade. En 1923, Monsieur Millerand, Président de la République, vint poser la première pierre du Foyer. Le stade attenant fut construit. J'aurais cent histoires pittoresques à raconter à ce sujet, mais cela nous mènerait trop loin. Finalement en 1926, le Foyer fut inauguré et ce fut une bien belle cérémonie.
Partie 5 - Le sabordage de la flotte à Toulon, l'occupation du Foyer du Marin Les Allemands avaient occupé la zone libre. Mais il avait été créé, autour du port de Toulon, de sa rade et de sa flotte, un camp retranché où les ennemis ne devaient en aucun cas pénétrer. Les clauses de l'armistice de 1940 demeuraient ainsi respectées. La Flotte de guerre française resterait neutre et ne serait jamais mise à la disposition de l'un ou de l'autre des belligérants. Cependant, la confiance étant loin d'être complète dans la bonne foi des occupants de la zone libre, des exercices de sabordage avaient été ostensiblement prévus et exécutés, les équipages étaient consignés à bord, toutes mesures connues et aussi peu secrètes que possible. Par ailleurs, personne n'avait oublié à Toulon le drame de Mers-el-Kebir et l'intervention de la Flotte anglaise contre les bâtiments au mouillage n'était pas une hypothèse absurde. Elle était certainement envisagée par le Commandement, comme je sais qu'elle l'était par la population toulonnaise. L'atmosphère était donc fortement tendue à Toulon. Le matin du 27 Novembre 1942, une terrible détonation réveille Toulon. Il était 4h50. J'avais toujours dans l'oreille les caractéristiques des canonnades de la précédente guerre. Pas de doute, ce n'était pas un « départ » c'était une « arrivée ». Je bondis hors de mon lit. Je vais à la fenêtre de ma chambre et je distingue de très vives lumières dans le ciel dans la direction de la rade. Je m'habille succinctement et je descends sur la place de Castigneau devant le Foyer. J'y suis seul. Je vois mieux les fusées éclairantes descendant du ciel, lâchées par des avions invisibles. De quoi peut-il s'agir, après cette seule et unique explosion ? Un gros véhicule passe derrière moi et s'arrête devant la porte de l'Arsenal, à cinquante mètres de moi, il y avait du trafic toute la nuit, c'était normal. D'autres véhicules suivent. Je me retourne, le premier véhicule était un tank, et les autres, des chenillettes pleines de soldats allemands. La porte de l'Arsenal s'ouvre au premier coup de klaxon, et les chenillettes s'engouffrent dans l'Arsenal à une vitesse de 30 à 40 kilomètres à l'heure. Pour celui qui sait quel labyrinthe est un arsenal, cette vitesse était stupéfiante. Plus de doute, les Allemands en veulent à la flotte. Sans presser le pas, rentre au Foyer. Mon premier ordre "surtout pas de lumière". Une trentaine de marins sont couchés au dortoir, permissionnaires rentrés par les trains de la veille. Je leur dit : « les Allemands sont en train d'occuper l'Arsenal. Prenez vos cliques et vos claques. Filez par le stade et tâchez de vous perdre dans la nature. Faites-vous prêter des vêtements civils. Bonne chance ! » Je monte prévenir ma femme : « les Allemands sont là. La flotte va sa saborder. Il y aura du bruit tout à l'heure ! » A propos de bruit, on devait l'apprendre plus tard, la formidable détonation qui avait réveillé Toulon était celle produite par une des mines magnétiques que les avions allemands mouillaient à l'entrée de la rade et qui, au lieu de tomber dans l'eau, avait chu sur l'extrémité de la grande digue et explosé, brisant des centaines de vitres au Mourillon et à la Mitre. J'ordonnai à mon personnel militaire de ne pas se montrer au dehors et, à toute éventualité, je demandai à un de nos matelots alsacien, parlant parfaitement l'allemand, de se tenir constamment à portée de ma voix. Quelques détonations d'armes légères et même une courte rafale de mitrailleuse se firent entendre, bientôt suivies de formidables explosions. Dans le jour naissant, d'énormes volutes de fumée noire s'élevaient au dessus de l'Arsenal et le ciel en fut vite tout entier obscurci. Sur la place de l'Arsenal, le tank avait pris position près de la porte. Des ouvriers commençaient à arriver, immédiatement groupés par les Allemands de part et d'autre de cette porte. Les officiers étaient rassemblés sur la place Saint Roch, précisément sur cet Ilôt A où, à l'origine, devait être construit le Foyer. Et pendant ce temps-là, d'énormes détonations ponctuaient le suicide de la flotte. Vers 9 heures, un officier allemand se présente au Foyer et m'annonce l'arrivée d'une cinquantaine de soldats qui y demeureront. Il est fort poli et parle un français suffisant. Je lui assigne le dortoir du premier étage qu'il trouve à son gré. J'en profite pour lui demander d'intervenir pour que soient enlevées, du stade, plusieurs chenillettes qui sont venues se garer sur la pelouse. Un rnatch de football (civil) est prévu pour le surlendemain dimanche et j'insiste pour que ce match ait lieu devant son public habituel. L'officier me promet une réponse officielle qu'il me rapporte très rapidement : « accord », mais le stade devra être évacué à 17 heures. Je demande des laissez-passer pour tout mon personnel, civil et militaire et pour moi-même. Satisfaction immédiatement donnée. Le Foyer demeurera ouvert aux marins des services français devant être maintenus à Toulon. La flotte continuait son agonie qui devait durer quatre jours. Le match de football eut lieu le dimanche, devant un public assez restreint. Au moment où s'achevait l'évacuation du terrain, que je surveille, je suis appelé au Foyer. Je me trouve en présence d'un groupe d'officiers allemands entourant un chef, dont j'ai su plus tard qu'il était un amiral. Celui-ci, qui parle un français impeccable, me dit que le. Foyer va être intégralement occupé par les Allemands, sauf les bureaux, mon appartement et le dortoir des marins du personnel du Foyer. II m'indique certaines modalités de cette occupation, puis il ajoute, nos regards rivés l'un dans l'autre : - Qu'avez-vous à dire ? Rien à réclamer ? - Moi, Rien, puisque vous commandez. Il me regarde fixement dans mes yeux qui ne se baissent pas. - Lui : Monsieur ! nous avons fait de l'occupation en Hollande, au Danemark, en Norvège. C'est seulement en France que nous trouvons des gens qui conservent leur dignité. Vous avez fait la guerre mondiale, Monsieur ? - Oui ! et je l'ai bien faite. Les Allemands aussi l'ont bien faite en ce qui me concerne. Ils m'ont envoyé huit mois dans un hôpital. A cet instant, une explosion très forte s'entend. Lui : Quel dommage, ces beaux bateaux ! Moi : Mais vous aviez fait la même chose à Scapa-Flow ! Lui : Oh ! nous comprenons ! mais quel dommage ! Puis, d'une voix forte, il prononce une phrase en allemand et quitte le Foyer, suivi de tout son Etat-Major. Je demande à mon marin alsacien, toujours assez près de moi, ce qu'était cette phrase : « II a donné l'ordre à tout le inonde de vous respecter ». La coexistence avec les allemands était fort difficile et le foyer ne pouvait plus rendre les services pour lesquels il avait été créé. Je déplaçai nos bureaux dans une petite villa proche, car nous conservions la direction du stade et des autres terrains. Je quittai mon appartement. Les matelots affectés au Foyer rejoignirent le 5ème Dépôt. Les Allemands occupèrent la totalité du bâtiment, dans lequel ils apportèrent certaines modification. Et puis ce furent les bombardements de Toulon qui bouleversèrent le stade Amiral Jauréguiberry et détruisirent en partie le Foyer. Le 15 Août 1944, l'armée de libération aborda la côte de Provence. Après d'âpres combats Toulon fut libéré. J'eus à peine le temps de hisser nos trois couleurs au fronton du Foyer. Je fus arrêté dès le premier jour de la libération pour, paraît-il, faits de collaboration. Je ne devais revenir à Toulon que vingt ans plus tard.
Partie 6 - Le Foyer des Equipages de la Flotte de Toulon Si ces déjà trop longues lignes étaient destinées à d'autres lecteurs que ceux du Bulletin de notre Amicale, il me faudrait sans doute parler très en détail de l'organisation du Foyer des Equipages de la Flotte de Toulon. Mais tous les anciens et aussi les nouveaux savent ce qu'elle a été. L'Ecole des ASFO, sous la direction d'abord de mes amis Guy Senegas et Henri Lacas, puis de Madame Verne, a, de façon précise (j'ai eu des documents sous les yeux tout dernièrement avec même des plans à l'appui), dit l'essentiel de ce qu'il était intéressant de savoir. Je me bornerai donc à une simple énumération, avec un minimum de commentaires, uniquement pour remettre en mémoire ce que fut ce Foyer de Toulon qui ne devait pas survivre à la dernière guerre. Tout d'abord, qu'était matériellement le Foyer, dont les plans avaient été conçus par l'architecte grec M. Zahos ? Le bâtiment, avait, vu en plan, à peu près la forme d'un avion, les ailes de 80 mètres d'envergure, un fuselage long de 40 mètres et une queue de 30 mètres de long. Tous ces chiffres sont approximatifs, mais donnent une idée des dimensions. Le Foyer se composait de : 1 - Un sous-sol, ou plutôt un rez-de-chaussée, à demi enterré ; 2 - Un rez-de-chaussée dont le plancher était surélevé de 2 mètres par rapport au sol extérieur ; 3 - Un premier étage ; 4 - Sur les ailes et la queue, un deuxième étage, avec, entre les deux, une terrasse accessible. En outre, des caves avaient été aménagées sous certaines parties du sous-sol (chaufferie, réserves, etc…). La circulation se faisait par des couloirs extérieurs, ouverts, à l'origine, M. Zahos ayant traité l'immeuble comme une villa coloniale, mais qu'après le premier hiver nous avons fait vitrer. Voilà donc l'ossature du Foyer. Nous en verrons la disposition intérieure en bavardant de ses activités. Commençons par les activités matérielles. Le Foyer des Equipages de la Flotte de Toulon était ouvert 24 heures par jour. En effet, en plus de ses multiples services, le Foyer était, la nuit, un hôtel qui offrait 160 lits aux marins de sortie ou permissionnaires. Nous en parlerons tout à l'heure. Le bar Le Foyer avait un bar, aménagé dans l'aile droite, au rez-de-chaussée. Ce bar débitait des boissons froides et chaudes, limonade, bière, viandox, café et tous les apéritifs de moins de 20° d'alcool (Cinzano, Martini, etc…). On trouvait au bar des croissants, du pain, des sariwiches divers, de la charcuterie, des boites de conserves pour casse-croûte, etc… Le bar vendait du tabac et des cigarettes. Il ouvrait le matin à 5 h30 pour servir, aux marins ayant couché au Foyer, du café et des croissants chauds, que le boulanger livrait tous les matins à cinq heures. Le bar accueillait les permissionnaires rentrant à Toulon par tous les trains de la journée. Il ne fermait qu'à la fin des activités du Foyer, soit à 21 heures en semaine et à minuit les soirs de concerts du samedi ou de bals du dimanche. Il va sans dire que ces heures d'ouverture nécessitaient un personnel de roulement assez important. Les dortoirs Je vous disais il y a un instant que le Foyer était un hôtel avec 160 lits. A l'ouverture du Foyer, un seul dortoir était prévu par l'architecte, au premier étage du fuselage, dans lequel nous avions pu mettre 80 lits, en trois rangées, les lits ayant une chaise à leur chevet et étant séparés les uns des autres par le minimum d'espace, soit environ 50 centimètres. Nous avions, dès le début, renoncé à installer de petits placards individuels à la tête de chaque lit, ces placards n'offrant qu'une trompeuse sécurité et nécessitant une clef individuelle dont la remise et la récupération aurait compliqué un service que nous désirions d'une extrême simplicité. Les « clients » rangeraient donc leurs vêtements sur la chaise et, éventuellement, mettraient leur fortune sous leur traversin. Ainsi a-t-il été pratiqué jusqu'au bout et, s'il est arrivé aux femmes de service de trouver un portefeuille sous un traversin, ce portefeuille retournait à son propriétaire par les voies les plus rapides. Il n'a jamais été signalé un seul vol dans les dortoirs du Foyer. Après le premier mois de fonctionnement, le dortoir du Foyer était plein tous les soirs dès son ouverture. Mais nous allions trouver un local inattendu pour doubler notre nombre de lits. L'architecte avait prévu un théâtre-cinéma au rez-de-chaussée du fuselage. La scène et la cabine étaient fort bien installées mais… l'acoustique était déplorable dans cette salle de 40 mètres de longueur et la technique de l'insonorisation n'était guère au point en 1926. Par ailleurs, avec seulement cinq mètres sous plafond, et la traversée du compact nuage de la fumée des cigarettes et des pipes, la brillance des images du cinéma était catastrophiquement ternie. D'où un double échec qui nous a paru sans remède. Nous avons donc sacrifié la salle de théâtre-cinéma et nous en avons fait un second dortoir qui, doublant celui du premier étage nous donnait 160 lits. Je précise tout de suite que la totalité des lits du Foyer a toujours été occupée au moins vingt nuits par mois et que la moyenne des autres nuits n'a jamais été inférieure à 100 lits. Je rassure enfin les amateurs de théâtre et de concerts. Ils auront leur compte s'ils poursuivent leur lecture. Revenons aux dortoirs. Les lits étaient à sommier métallique très souple, avec matelas de laine. Les deux draps, repassés, étaient changés tous les jours. Les couvertures étaient blanches, de laine l'hiver et de coton l'été. Nous les avions voulues blanches pour que la moindre malpropreté soit décelée immédiatement. Chaque lit avait à sa tête son numéro (de 1 à 160). I,e prix de la nuit était de 5 francs en 1939, couvrant les frais de blanchissage, l'amortissement de la lingerie, la réfection des matelas, etc… Nous avions environ 2000 draps en roulement et autant en réserve. Ils étaient blanchis par une entreprise toulonnaise qui nous les retournait dans les 48 heures. Nous avions avec elle un contrat spécial, la quasi-totalité des draps étant en réalité des draps propres. Tous les samedis et tous les dimanches, les dortoirs étaient complets. Cela supposait (le camion de l'entreprise de blanchissage ne passant pas le dimanche) 640 draps à enlever le lundi matin. La propreté des lits, leur alignement impeccable et la netteté des locaux étaient tels qu'ils sont demeurés dans la mémoire des usagers après plusieurs dizaines d'années depuis la disparition du Foyer. (L'année dernière, visitant avec un de mes neveux, à l'Ile de Ré, une organisation sociale des P.T.T. le chef cuisinier, largement quinquagénaire, m'a reconnu : « j'étais à Toulon avant la guerre. Il y a plus de trente ans, mais je me souviens très bien de vous et de votre Foyer. Ah ! Votre dortoir ! J'y ai couché au moins cent fois. Quelle propreté ! etc… etc… etc…). Je dirai quelques mots de l'organisation du dortoir. Dans chacun des deux dortoirs, il y avait un veilleur de nuit. Dès 20 heures, il recevait les candidats dormeurs, marins et quartiers-martres. Les lits étaient attribués strictement dans l'ordre des numéros. Sur un registre ad-hoc le veilleur notait : le nom et le prénom du marin, son grade, sa spécialité, son matricule, son unité, l'heure d'inscription et celle choisie pour le réveil. Le branle-bas général avait lieu à 6 heures et le dortoir, en semaine, devait être évacué à 6h30. Le dimanche à 8 heures. Le veilleur de nuit réveillait les dormeurs, à l'heure particulière choisie par eux. Dix minutes après, il repassait pour vérifier s'ils se levaient, car "à 5 heures, quand vous appelez un garçon de 20 ans et qu'il vous réponde, vous avez seulement la preuve qu'il n'est pas mort, mais non celle qu'il est bien réveillé ». Donc, quand le veilleur repassait ; il ramenait d'un coup drap et couverture au pied du lit, empoignait les jambes du marin et le mettait assis. II n'est pas d'exemple que le « réveillé », se grattant la tête des deux mains, n'ait pas dit « merci ». Foyer avait obtenu des autorités maritimes que le marin qui avait raté l'ouverture des portes de l'Arsenal ou l'embarcation qui devait le ramener à bord et qui avait couché au Foyer soit considéré comme étant dans une situation régulière. Les marins pouvaient donc demander au veilleur de nuit un bulletin portant les heures de leur entrée au dortoir et de leur sortie. Aucun bulletin de complaisance (la consigne était très sévère) n'ayant jamais été délivré, les diverses autorités ont toujours accordé une confiance totale à ces bulletins. Mais, presque journellement, une confirmation des mentions portées sur un bulletin était demandée au secrétariat du Foyer où le registre du dortoir était déposé et il y était immédiatement répondu. « Vos bulletins, me disait un jour pittoresquement un usager du Foyer, ont évité à l'ensemble des cols bleus des siècles de prison ». Je n'ai jamais fait le calcul ! Enfin précisons que des malins - il en existe aussi dans la Marine - se faisaient inscrire au début de la soirée et, croyant s'être ménagé, mettons un… alibi, s'en allaient passer la nuit ailleurs. Or, vers 1 heure, toutes les nuits, chaque veilleur faisait le tour de son dortoir pour vérifier que tous les lits inscrits étaient bien occupés. S'ils ne l'étaient pas, il les attribuait aux premiers noctambules qui se présentaient, et inscrivait en face du nom de l'absent : « n'a pas couché ». Cette mention n'a pas manqué - hélas - de causer quelques ennuis à des garçons trop astucieux. La réfection des lits, l'entretien du dortoir et celui de la literie étaient assurés par trois lingères - d'âge canonique - attachées au service commercial du Foyer. Garde des colis Je ne parlerai de ce service qu'à titre rétrospectif. Les raisons qui l'ont fait créer en 1928 n'existent plus actuellement. Je les avais découvertes au cours de conversations avec nos marins. Les marins - comme tous les militaire d'ailleurs - sont recrutés dans le civil (ô cher La Palisse !), ce qui signifie qu'ils arrivent en civil au Dépôt, où l'on s'empresse de les habiller en matelots. Les effets civils étaient indésirables au Dépôt. Il appartenait à l'intéressé de s'en débarrasser. Mais où les déposer ? Bien sûr dans quelque complaisant bistrot, qui trouvera le moyen d'endetter le marin (son colis est la garantie du payement). En définitive, le gage des dettes qui ne pourront pas toujours être payées, c'est le colis de vêtements. Plus complaisant que jamais, le bistrot éponge les dettes… en conservant le colis. Pour mettre fin à ces pratiques, le Foyer avait organisé un service de garde des colis d'effets. Il fournissait, au prix coûtant, le papier d'emballage et la ficelle, quand le marin tout neuf n'avait pas de valise. Pour 2 francs (de l'époque) le Foyer gardait le colis pendant un maximum de 13 mois (un an et un mois). Sur demande des intéressés, le Foyer se chargeait de l'expédition des colis à la famille. Un long magasin à multiples étagères avait été installé au sous-sol, dans le couloir de circulation à droite du fuselage, couloir condamné, bien entendu, la circulation étant assurée par ailleurs. A certaines époques, ce magasin gardait plus de mille colis. Au bout du temps convenu, il restait un certain nombre de paquets abandonnés par leur propriétaire. Leur contenu, après inventaire, était remis à des oeuvres toulonnaises d'assistance aux vieillards (Petites sœurs des pauvres et Armée du Salut). Je vais aborder maintenant les activités essentielles du Foyer des Equipages de la Flotte de Toulon. Je n'ai rien dit de celles du Foyer du Marin de l'Union Franco-Américaine parce que nous allons les retrouver toutes au nouveau Foyer, qui a été la continuation du premier. Seule aura disparu - faute d'un local assez vaste - la salle d'escrime superbement installée Place de la Liberté, avec son maître d'armes, ses trois pistes et son très beau matériel. Tout le monde n'y aura pas perdu. Sur le conseil de nos amis américains et avec un peu leur aide, le Maître d'armes Cabijos, est parti installer une salle d'escrime à New-York. Son succès a été immédiat - ce qui veut dire que sa fortune a été vite faite. II sait combien je m'en suis réjouis. Le SERVICE RECREATIF Un chef de service en dirigeait toutes les activités qui étaient multiples et assez dispersées dans le Foyer. Les Petits Jeux - (cartes, dames, échecs, jacquets, etc...) étaient offerts dans la salle du Bar où avaient lieu les concours réguliers de ces jeux. Dans la saille de Bar étaient, en outre, quatre billards russes et quatre baby-foot (j'emploie le mot actuel). Au sous-sol, il y avait (queue de l'avion) deux salles de ping-pong avec, en tout, quatre tables. La salle de billards français tenait, avec ses 40 mètres de long, tout le fuselage du sous-sol. Elle contenait onze excellents billards dont un grand billard de match. Ces billards étaient maintenus en parfait état, les billes étaient en ivoire véritable et les tapis de la meilleure qualité. 44 queues, vérifiées journellement, étaient dans les râteliers aux heures d'ouverture. Un nombre égal était en réserve ou en révision à l'atelier du Foyer. Il était prélevé une légère cotisation (1 franc par demi-heure et par joueur en 1939) simplement pour obtenir que les joueurs se renouvellent car, très souvent, et plus particulièrement le samedi et le dimanche, ping-pong et billards étaient tous occupés. Les raquettes et les balles de ping-pong, des meilleures marques, étaient prêtées par le Foyer. Toute balle cassée devait être remboursée à son prix d'achat. Une comptabilité simple était tenue par le matelot de service aux ping-pong et aux billards. Le théâtre et les concerts - n’avaient pas souffert de la transformation en dortoir de la salle de spectacles primitivement prévue. Une scène avec tous ses décors et son rideau pouvait être montée en moins d'une demi-heure dans le fond de la salle de Bar, laquelle, débarrassée de ses tables et garnie de chaises, pouvait recevoir environ trois cents spectateurs. Le service du Bar était évidemment interrompu pendant les représentations elles-mêmes, mais il reprenait durant les entractes et à la fin de la séance. Le chef du service Récréatif organisait tous les samedis des concerts, des séances théâtrales ou récréatives, des crochets, etc… Il avait une troupe de comédiens, chanteurs, musiciens, presque tous marins et soldats, mais les concours civils, à la condition qu'ils soient bénévoles, étaient très volontiers accueillis. Les jazz des bâtiments, leurs chorales, leurs troupes théâtrales étaient invitées à se produire au Foyer. Des concours de chorales de bord avaient été organisées avec succès. Certains artistes parmi les plus célèbres sont venus se produire devant les marins. C'est ainsi que Mayol, au faîte de sa célébrité, venait tous les ans, bénévolement, roder son tour de chant nouveau sur la scène du Foyer. Bien d'excellents artistes ont fait leurs premières armes au Foyer du Marin de Toulon, devant leurs camarades. L'hiver dernier, j'ai rencontré dans un restaurant niçois, un ex-marin qui fut pendant deux ans l'extraordinaire animateur de la troupe du Foyer : Pierre Destailles, acteur, chanteur, chansonnier, comédien que la télévision présente souvent. Nous ne nous étions pas revus depuis les années avant la dernière guerre. Nous nous sommes tout de même reconnus et nous avons parlé du « bon vieux temps », dont mon ami Destailles avait conservé quantité de souvenirs précis. En semaine, le Foyer organisait souvent des concerts de disques de musique classique remarquablement suivis. Pourtant le microsillon n'existait pas encore ! Bals - Tous les dimanches soir, un bal avait lieu dans la salle de Bar du Foyer, disposée spécialement. S'y produisait l'orchestre du Foyer ou celui d'un bâtiment ou parfois le très réputé jazz de la Musique des Equipages de la Flotte… Tous ces concours étaient bénévoles, et pourtant une certaine rivalité s'était créée entre ces diverses formations musicales auxquelles il avait fallu donner une sorte de tour de roulement. Il faut parfois se défendre contre un excès de bonne volonté et de dévouement ! Tous les marins et soldats étaient évidemment chez eux au Foyer. Les danseuses devaient demander au chef du Service Récréatif une carte d'accès. Ces cartes étaient retirées sans explication en cas de tenue si peu que ce soit équivoque. Les danseuses étaient souvent accompagnées de leur maman ou d'une personne de leur famille, reçues sans carte d'accès et... faisant tapisserie. Les danseurs non-militaires n'étaient jamais admis aux bals du Foyer. A la belle saison, les bals avaient lieu en plein air, sur une aire bétonnée aménagée spécialement et entourée de bancs de jardin. Détail amusant : sur la route longeant le Foyer, à proximité immédiate, un deuxième bal, civil cette fois, se déroulait souvent spontanément, les danseurs profitant, pour leurs ébats, de la musique des orchestres du Bal du Foyer. Les bals duraient de 21 heures à minuit. Ils étaient très suivis et ont toujours été d'une remarquable tenue. En principe, chaque mois, avait lieu un concours de danse, le jury étant constitué par les mamans des danseuses. Deux fois par an étaient organisés des bals travestis. Certains de ces derniers ont été exceptionnellement brillants. Des cours de danse - étaient donnés deux soirs par semaine dans un espace dégagé de la salle de bar. Le professeur - une dame - était appointée par le Foyer, et elle se faisait assister par deux ou trois de ses élèves féminines. Les leçons étaient gratuites, mais il fallait se faire inscrire au préalable auprès du chef du Service Récréatif. Une collection de disques était à la disposition du professeur. Les cours de danse constituaient un spectacle amusant et contribuaient à donner à la salle de bar, avec leur musique, une ambiance particulièrement joyeuse. Je désire aussi mentionner une activité qui, à notre époque de motorisation à outrance, paraîtra bien périmée. Je veux parler des excursions d'équipages organisées par le Foyer, au cours des mois de la belle saison. Elles se faisaient soit par camions de la Marine, soit par chemin de fer avec billets collectifs, la S.N.C.F. ayant toujours été compréhensive et très obligeante. Les excursionnistes, qui venaient de bâtiments ou services très divers, recevaient un ou deux repas froids, toujours copieux et même « améliorés », fournis par l'ordinaire de leur unité. Certaines des excursions ont réuni plus de cent participants. Le chef du Service Récréatif les dirigeait personnellement et leur donnait toujours pour objectif un lieu, un site ou une organisation remarquables, parfois à quelques dizaines de kilomètres de Toulon. II n'avait garde d'oublier au départ les jeux, les ballons, les gants de boxe, etc… pour les distractions d'après le pique-nique. Les emplacement de celui-ci étaient évidemment repérés à l'avance en accord avec les propriétaires ou les maires des localités choisies, qui se montraient toujours enchantés de recevoir des marins, lesquels mettaient un point d'honneur à se tenir en garçon de bonne éducation. Enfin, je ne peux oublier de vous parler des nuits du réveillon de Noël au Foyer. La soirée commençait par une veillée. A minuit, les assistants qui le désiraient - en réalité à peu près tous - se rendaient dans l'Eglise proche pour assister à la messe traditionnelle. Ensuite un repas très copieux, avec Champagne à la fin, était offert par le Foyer. Les convives avaient dû se faire inscrire et payer une cotisation de principe : 5 francs au Noël de 1939, si j'ai bonne mémoire, et cela pour éviter les inscriptions fantaisistes et l'on chantait jusqu'au petit matin après avoir trinqué à la santé des famille lointaines. Personnellement, j'ai chaque fois présidé ces réveillons. Je devais continuer jusqu'à ma retraite, au Foyer de Paris, qui avait poursuivi la tradition des Réveillons au Foyer. Le SERVICE EDUCATIF Sous la direction d'un chef de service, il comprenait deux grands services différents : les bibliothèques ; les cours éducatifs. Les bibliothèques Le Foyer avait deux bibliothèques, indépendantes l'une de l'autre pour des buts entièrement distincts : celle des prêts de livres individuels et celle alimentant les bibliothèques circulantes. La bibliothèque de prêt : Elle comprenait environ 5000 volumes, dont les plus demandés, les Dumas, les Jules Verne, les Delly (oui !) etc… étaient à plusieurs exemplaires. Tous les livres étaient reliés avec des dos de couleurs vives diverses et toutes les fois que cela était possible, des plats illustrés. Lorsque le livre broché à relier avait une couverture avec une illustration, cette couverture était collée sur le carton de la reliure. Les vides des rayons étaient comblés par des livres présentés de face et non de champ. Il en résultait un aspect d'ensemble aux multiples couleurs très différent de celui un peu triste et austère des bibliothèques habituelles. Les livres étaient tout simplement classés par ordre alphabétique des noms d'auteurs. Les lecteurs se servaient eux-mêmes. Ils se faisaient inscrire à la table de la bibliothécaire qui les conseillait fréquemment. Le prêt des livres était gratuit et il n'était demandé aucune consignation. La durée du prêt était de huit jours, avec une amende de 1 franc par jour de retard. Après 15 jours de retard, sauf appareillage du bâtiment, une lettre était adressée au lecteur, et une copie envoyée une semaine plus tard au commandant de l'unité (lettre et copie étaient imprimées). Les pertes de livres ne dépassaient pas vingt par an. La moyenne de sorties de livres était de 100 à 150 par jour. Un tiers des livres de la bibliothèque était constamment en lecture. Le centre de la salle de bibliothèque était occupé par une grande table entourée de fauteuils confortables, pour la lecture des principaux magazines et illustrés de la semaine ou du mois. Autour de la salle, entre la table et les rayons de la bibliothèque, de petites tables servaient à la correspondance. Le papier à lettres et les enveloppes étaient fournis gratuitement, feuille par feuille, enveloppe par enveloppe. Une boîte à lettres, vidée avant la dernière levée postale, et dont le contenu était apporté à la poste principale de Toulon par le vaguemestre du Foyer acheminait sans retard les correspondances. La salle de bibliothèque et de correspondance était au centre de la queue de l'avion, au premier étage. Les bibliothèques circulantes (deuxième étage, queue de l'avion) : Le Foyer mettait à la disposition des bâtiments et services des caisses-bibliothèques contenant de 50 à 200 volumes. Leur prix de location était, en 1939, de 5 francs par volume et par an, avec faculté de changer tout ou partie de la bibliothèque quatre fois dans l'année de prêt. Un bordereau-catalogue accompagnait chaque caisse-bibliothèque. II portait le titre de tous les livres et leur prix de remplacement. Lorsqu'une unité rendait une bibliothèque incomplète, elle savait exactement ce qu'elle devait. Aucune difficulté ne s'est jamais produite pour ce règlement. La Bibliothèque circulante mère avait, en moyenne, 30 caisses-bibliothèques en service. Le maximum fut 53 caisses. Elle disposait d'environ 8000 volumes reliés très solidement avec des dos en jute toile écrue. La guerre fut fatale à la plupart des bibliothèques de bord en service. Un certain nombre alla par le fond à Dunkerque et ailleurs. La plupart des autres partagèrent le sort des bâtiments lors du drame du sabordage. Les cours éducatifs. (Premier étage, la totalité des ailes) : Ces cours étaient donnés dans cinq salles de cours qui tenaient tout le premier étage. Leur succès avait été tel, et nous nous étions trouvés tellement à l'étroit, que nous avions obtenu des crédits pour aménager cinq autres salles de cours en un deuxième étage construit au-dessus des salles déjà existantes. Les travaux étaient juste terminés à la déclaration de la guerre de 1939, c'est vous dire que ces salles neuves n'ont jamais servi qu'aux Allemands qui leur avaient donné des affectations particulières pendant leur occupation du Foyer. Et, finalement, les bombardements de Toulon devaient les détruire, comme le Foyer lui-même. Les cours du Foyer étaient payants. Nous avions fait, en 1919 au Foyer de l'Union Franco-Américaine, une curieuse expérience. Riches que nous étions, grâce au concours américain, nous avions, en octobre 1919, annoncé la création de cours éducatifs gratuits : Français, Anglais, Arithmétique, Algèbre, Géométrie. Nous avons eu, à l'ouverture des cours, un grand nombre d'inscriptions. Mais au bout de deux mois ce nombre s'était amenuisé à tel point que nous avions suspendu les cours. En octobre 192O, nous avons annoncé l'ouverture de cours payants des mêmes matières que l'année précédente. Nous avons eu sensiblement le même nombre d'inscriptions qu'en 1919 mais, cette fois, les élèves furent assidus, et les cours purent continuer, toute l'année scolaire. Nous avions pressenti la raison de ce phénomène, à savoir que dans le raisonnement simpliste des élèves : 1 - Si les cours étaient payants, c'est qu'ils devaient avoir une valeur (en espèces) ; 2 - Quand on avait payé pour cette valeur, on en voulait pour son argent et on y venait régulièrement. Les cours avaient lieu, chacun, trois jours par semaine pour les uns, le lundi, le mercredi et le vendredi, de 18h00 à 19h00 ou de 19h00 à 20h00 ; pour les autres, le mardi, le jeudi et le samedi, aux mêmes heures. Les jours et les heures étaient calculés de telle façon qu'un même élève puisse suivre au moins deux cours : Français et Arithmétique, par exemple. Les élèves recevaient une carte de carton fort. Leur présence au cours était constatée par une perforation dans des cases sur le pourtour de la carte. Les pinces à perforer avaient un dispositif permettant de fréquents et inopinés changements du dessin de la perforation. Nous avions obtenu du Commandement que les élèves des cours du Foyer puissent se voir autoriser une modification de leur tour de service pour qu'ils puissent assister aux cours. Les cartes et leurs perforations permettaient aux unités de vérifier si la sortie autorisée avait bien eu le cours pour objet. Les professeurs appointés par le Foyer étaient recrutés parmi des techniciens de l'Arsenal, Ingénieurs, Agents Techniques ou des Enseignants des établissements scolaires de Toulon. Au début de l'hiver 1938-1939, 23 cours étaient professés au Foyer de Toulon. Français, Algèbre, Arithmétique, Géométrie (2 degrés chacun), Mécanique, Electricité, Dessin industriel, Anglais, Allemand, Italien, Comptabilité, Dactylographie, etc... Les cours totalisaient en 1939 plus de 1000 (je dis bien MILLE) inscriptions. Bien des officiers mariniers et des officiers des équipages ont été aidés, dans les débuts de leur carrière, par les cours du Foyer et particulièrement par les cours spéciaux d'instruction générale pour la préparation au B.S. Les cours étaient très suivis et avaient un très grand succès. Il n'y a pas si longtemps, il y avait encore, dans la Marine, aux plus hauts grades de leur corps, d'anciens élèves des cours du Foyer des Equipages de Toulon. LE SERVICE SPORTIF Le Service Sportif avait des moyens d'action considérables. Dans le Foyer même il disposait (au sous-sol, ailes) d'une salle de boxe avec ring, punching-ball, etc… d'une salle d'escrime avec trois pistes, d'un très important vestiaire (200 têtes de porte-manteaux), et d'une salle de douches avec eau froide et chaude. A l'extérieur, jouxtant le Foyer, un vaste stade, et, dans la banlieue de Toulon, trois autres terrains : - La Marquisanne, avec deux terrains de football ou de rugby, - Saurin, avec un terrain de football, - et La Chapelle, avec un terrain de football ; plus un terrain, près du 5ème Dépôt, de moindre qualité, Malbousquet, avec un terrain de football. Le stade jouxtant le Foyer était le stade Amiral Jauréguiberry qui existe toujours. II avait une piste de course à pied de 440 mètres de tour, lice en ciment, six couloirs individuels, cendrée fine, ceinturant une pelouse pour le football ou le rugby, plus des sautoirs en longueur, en hauteur et à la perche, et des terrains de lancer. A l'entour existaient quatre terrains de basket-bail, un fronton de pelote basque, des portiques avec tous les agrès de gymnastique, barres de suspension, poutres d'équilibre, etc… Un stand de tir réduit occupait un des côtés du stade. Une tribune couverte en ciment et des gradins entourant la piste, permettaient de recevoir plusieurs milliers de spectateurs. Enfin le Foyer disposait au Petit-Rang, sur la Petite Rade, d'un centre de natation en eau ouverte avec un bassin de 25 mètres, un bassin de 50 mètres, un plongeoir olympique - vestiaire avec douches, bien entendu. Quelle était la clientèle que le Service Sportif du Foyer avait à satisfaire ? Je vais donner des chiffres qui soulèveront sans doute quelque incrédulité : 140 équipes de football. 40 équipes de rugby, 400 équipes de basket-ball (l'Ecole des Mécaniciens, à elle seule, en avait 160) et les coureurs de cross-country, les athlètes, les boxeurs, les escrimeurs, les nageurs, les joueurs de water-polo, etc… Avec ses seuls moyens et les seuls six terrains qui lui appartenaient, le Foyer n'aurait pas pu satisfaire à toutes les demandes. Mais il avait réussi à s'assurer la disposition, le samedi après-midi, de tous les terrains des clubs civils dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de Toulon. En contre-partie, sur leur demande, il leur assurait toujours le match d'ouverture des championnats officiels ou leur envoyait des équipes pour leurs matches d'entraînement du dimanche. En pleine saison des matches d'équipes, il est souvent arrivé que, le samedi, à la même heure, le Service Sportif fasse disputer des rencontres sur 17 terrains différents : deux matches par terrain, donc 4 équipes, cela faisait 68 équipes satisfaites… et on jouait aussi, le dimanche matin et après midi. Le Foyer faisait disputer ses coupes de football, de rugby, de basket-ball, etc… Pour le football seul, quatre coupes étaient mises en compétition : - Celle des Grands bâtiments ou services de plus de 300 unités d'effectif ; - Moyens : de 150 à 300 ; - Petits bâtiments et services à terre de 75 à 150 ; - Tout-Petits : « bateaux allant sur l'eau » de moins de 75 unités d'effectif. La coupe des Tout-Petits de la saison 1938-1939 avait réuni 32 équipes, qui comprenaient souvent plusieurs officiers du bord. En athlétisme, le Foyer avait créé son Challenge des 17 qui se dispute toujours dans tous les ports. Le but de ce challenge était de permettre à des garçons sans moyens physiques exceptionnels de disputer leur chance dans une compétition officielle. Le seul classement qui comptait était celui de l'équipe. Donc, toute recherche du champion de telle ou telle spécialité était volontairement exclue. En 1937, 33 équipes de 17 (56l athlètes) se disputèrent le challenge de septembre. Les éliminatoires des concours avaient eu lieu le matin. L'après-midi, il y eu 17 finales de 100 mètres (99 coureurs sur une piste à 6 couloirs), 17 finales de 400 mètres, 8 finales de 1500 mètres, les meilleurs sauts et les meilleurs lancers, plus le fameux relais par 12 coureurs de chaque équipe. La réunion, commencée à l'heure exacte, comme toutes les organisations du Foyer, dura moins de trois heures devant une foule que rien n'avait lassé. Les diverses manifestations sportives du Foyer groupaient un nombreux public. La boxe, en particulier, attirait des milliers de spectateurs. Ce succès était connu, et le concours du Service Sportif du Foyer fut souvent mis à contribution pour des manifestations civiles, à Toulon et hors de Toulon. C'est ainsi que, sollicité par un grand quotidien de Marseille, le Foyer prit en charge l'organisation, la mise au point et la direction d'une grande réunion d'athlétisme avec les champions olympiques américains, de retour de Berlin, qui se déroula sur le terrain de l'Olympique de Marseille devant 12000 spectateurs. Ce fut un succès considérable. Les bourses des matches avaient lieu au Foyer tous les lundis soirs pour le football et le rugby, tous les mercredis soirs pour le basket-ball. Plus d'une centaine de capitaines ou officiers des sports assistaient aux réunions du lundi, pour le football et le rugby. La bourse des matches proprement dite commençait à 18h30 précises. Elle était précédée par une causerie sur les règlements qui, elle, commençait à 18h00. Or, tout le monde était en place dès 18 heures. Ces causeries, faites avec bonne humeur, étaient très prisées. Grâce à elles, les incidents sur les terrains entre joueurs et arbitres étaient rarissimes. Les terrains étaient répartis par tirage au sort public. Les équipes civiles qui demandaient la venue d'équipes maritimes étaient satisfaites sans difficulté, les volontaires étant nombreux pour des déplacements, souvent assez importants. Toutes les bourses des matches étaient terminées, au plus tard à 19h30. Le chef du Service Sportif, tout de suite après, dans le silence de son bureau, mettait au point le tableau des matches de la semaine qu'il remettait à un secrétaire chargé d'établir les convocations des équipes (souvent plus de 100 par semaine) qui devaient être rédigées le soir même. Ces convocations étaient signées le mardi matin à 7h30 par délégation de l'Officier des sports de la 3ème Région. Elles étaient réparties, par le vaguemestre du Foyer, à la Préfecture Maritime, dans les cases postales des bâtiments et services ; elles arrivaient donc aux officiers des sports par le premier courrier du matin. Il y avait, dans cette rapidité, une certaine dose de bluff, mais l'effet était irrésistible. Le même procédé était employé pour le basket-ball. Dans la matinée, le chef du Service Sportif établissait, pour les affichages et la Presse, le programme de la semaine avec les résultats des matches de la semaine précédente. Ce programme était polycopié. Il était inséré dans les principaux journaux de Provence et aussi dans les grands quotidiens de Cherbourg, de Brest, de Lorient, de Bordeaux qui avaient demandé à en recevoir un exemplaire. "La semaine du Foyer des Equipages de Toulon", qui occupait souvent toute une colonne du journal, jouissait ainsi d'une extraordinaire diffusion. Les clubs civils des environs de Toulon apprenaient ainsi, par la Presse, si leurs terrains étaient retenus et quelles seraient les équipes qu'ils recevraient. Nos marins étaient partout très bien accueillis. Ils trouvaient à leur arrivée les terrains tracés et les vestiaires ouverts, et un petit public de retraités ou d'anciens qui leur offrait souvent le verre de l'amitié dans le "Bar des sports" du voisinage. Le Service Sportif du Foyer avait réussi à grouper autour de lui à peu près tous les arbitres et officiels de tous les sports qui lui apportaient bénévolement leur concours. Chaque semaine, les arbitres officiels se réunissaient au Foyer, sous la présidence du chef du Service Sportif, pour la répartition des matches de la semaine. Des cours d'arbitrage suivaient leurs réunions. II n'y a jamais eu, au Foyer de Toulon, de commissions sportives. Le chef du Service Sportif à toujours assumé, seul, toutes les organisations et toutes les responsabilités. Il était d'ailleurs arbitre officiel de football, de rugby, de basket-ball, de water-polo, juge-arbitre d'athlétisme, arbitre de boxe, juge de gymnastique, etc… Et comme, au cours de cet exposé, il m'est demandé de passer aux derniers aveux, je vous confierai que ce chef du Service Sportif, qui avait par ailleurs la lourde tâche de directeur effectif et d'administrateur du Foyer des Equipages de Toulon, était le signataire de ces lignes. LE PERSONNEL DU FOYER DES EQUIPAGES EN 1939 1. Personnel de direction Le directeur : capitaine de vaisseau en retraite. Le sous-directeur : directeur et administrateur effectif du Foyer, chef du Service Sportif. Le chef du Service Educatif. Le chef du Service Récréatif. 2. Personnel d’exécution civil Le secrétaire de la direction. Le chef des Services d'entretien. Le bibliothécaire - comptable (bibliothèque circulante). La bibliothécaire (bibliothèque de prêts). La barmaid. La lingère en chef et ses deux adjointes. Les deux veilleurs de nuit. Le chef d'atelier (ouvrier en fer et bois). 3. Personnel d’exécution militaire 1 officier marinier. 2 quartiers-maîtres. 15 matelots. 6 tirailleurs sénégalais.
Partie 7 - Ma carrière dans la Marine II semblait être entendu, avant même que la construction du Foyer des Equipages de la Flotte de Toulon ait été entreprise, que la Société des Foyers de l'Union Franco-Américaine en prendrait la direction, avec son personnel du Foyer du Marin et du Soldat. La Marine et l'U.F.A. avaient collaboré à la création du Foyer nouveau et je vous ai dit la part que j'y avais prise. Mais certaines difficultés surgirent entre la Marine et l'U.F.A. Leur exposé n'a pas sa place ici. Le fait est qu'en 1924 les pourparlers furent rompus, mais il fut décidé que l'U.F.A. maintiendrait simplement son Foyer ouvert jusqu'à l'inauguration du Foyer des Equipages, la Marine prenant en charge la majeure partie des frais de fonctionnement du Foyer de l'U.F.A. En ce qui me concerne personnellement, après quelques épisodes un peu pénibles, je fus laissé libre de choisir entre la Marine et l'U.F.A.. J'avais déjà, pendant quatre ans, entrepris trop de choses à Toulon pour hésiter sur mon choix, d'autant moins que les autorités maritimes me faisaient l'honneur d'insister pour que je leur conserve mon concours. Mais comment me rattacher à la Marine moi, civil et réformé de guerre ? Il n'y avait pas de précédent ! Il me fût finalement établi un contrat de collaborateur civil, de contractuel, rédigé en l'étude d'un notaire, fixant les conditions de ma collaboration et les obligations de la Marine à mon égard, et décidant, pour des questions de préséance, mon assimilation au grade de Lieutenant de Vaisseau du plus haut échelon. Je devais m'engager à habiter le Foyer, dans le seul appartement - d'ailleurs confortable - qui y avait été prévu. Mon ami, le futur Commandant Jauréguiberry, à l'époque Officier des sports de la 3ème Région Maritime, fut l'artisan principal de ce contrat d'un type inhabituel. Le contrat était établi pour 3 ans, avec renouvellement automatique, par tacite reconduction, pour une nouvelle période de 3 ans, et c'est ce contrat qui fixa mon statut jusqu'à la fin de mon séjour à Toulon. Les appointements qui me furent donnés étaient un peu inférieurs à ceux d'un lieutenant de vaisseau, mais je jouissais au Foyer d'avantages non négligeables. Le Foyer des Equipages devenant une organisation Marine, le Département décida de mettre à sa tête un capitaine de vaisseau de réserve qui prendrait le titre de directeur du Foyer. Sous l'appellation de sous-directeur, j'assurais la direction et l'administration du Foyer avec un personnel dont le recrutement m'était confié. Ce dernier problème était aisé à résoudre : mes principaux collaborateurs et le personnel du Foyer du Marin me suivaient au Foyer des Equipages. La coexistence d'un directeur qui, représentant l'autorité maritime, ne dirigeait pas matériellement et d'un sous-directeur, qui, lui, dirigeait effectivement, pouvait créer des situations embarrassantes. Or, il ne s'en produisit jamais. Je ne puis penser sans émotion à l'esprit de compréhension, au concours et à l'affection que m'ont apportés le Capitaine de Vaisseau Monaque, père du Médecin Général de la Marine et du Vice-Amiral d'Escadre qui fut Sous-Chef d'Etat-Major de la Marine, et son successeur, mon cher Capitaine de Vaisseau Grison qui devait devenir, pour moi, l'ami le plus effectif que j'aie jamais trouvé. Je ne parlerai pas des autres Directeurs qui ne furent que des passants, mais qui m'aidèrent toujours de leur mieux. Et ce fut la guerre. Je devins seul directeur du Foyer très diminué et en partie détruit. Et puis ce fut la prison - trois mois - d'où devait me faire sortir le Vice-Amiral Lambert, Préfet Maritime, après une enquête de la Sécurité Navale dont j'avais expressément demandé qu'elle fût menée sans la moindre indulgence à mon égard. Après quelques semaines de récupération en Béarn (la prison est plutôt… anémiante), je reçus l'ordre de me rendre à Paris pour étudier la création d'un Foyer du Marin dans la Capitale. Un nouveau contrat me fut octroyé, avec assimilation au grade de capitaine de corvette. J'écrivis des articles dans les premiers numéros de Cols Bleus pour exposer ce que pourrait être un Foyer du Marin à Paris. J'avais même envisagé l'acquisition d'un bel immeuble disponible, à toucher la Place de la Concorde, l'Hôtel Gabriel, où pourrait également être organisé un Cercle Naval. Hélas ! Il y eut trop de tergiversations et ce fut l'Ambassade des Etats-Unis, toute proche, qui acheta l'Hôtel Gabriel. J'avais - il fallait bien que j'emploie mon temps - rédigé un long exposé sur ce que me semblait devoir être une Direction des Foyers de la Marine. Ce rapport, remis au Vice-Amiral Reboul-Hector-Berlioz dont je dépendais, intéressa le Ministre de la Marine, Monsieur Jacquinot, qui me convoqua dans son bureau. Il me communiqua son point de vue sur les Foyers et sur les Sports et me dit son intention de placer à la tête des uns et des autres, des techniciens civils : je serais Chef du Service des Foyers et Raymond Boisset, professeur agrégé des lycées de Paris, recordman de France du 400 m. plat, serait le Chef du Service Sportif. Le Service Central des Foyers et des Sports était ainsi créé. Un amiral fut désigné pour en être le chef. Las ! Il s'aperçut tout de suite que, à notre époque des initiales et des sigles, il devenait l'Amiral d'F.S., ce qui lui parut - on le comprend ! – intolérable. Et voilà pourquoi (petites causes, grands effets) le Service Central des Foyers et des Sports devint le Service des Sports et Foyers, et voilà pourquoi, à la tête de ce Service, on vit presque toujours uniquement des sportifs, certains remarquables, mais qui n'avaient que de lointaines idées sur ce que devaient devenir les Foyers ou mieux et bien pire, croyaient en avoir de beaucoup plus précises que ceux qui, eux, savaient de quoi il s'agissait. Je suis persuadé que j'ai totalement raté ce que j'aurais pu faire à la tête des Foyers. Transporté d'un coup dans un service ministériel, je ne savais comment m'y prendre pour matérialiser mes idées. J'ajoute que rien ni personne ne facilitait mon initiation. Raymond Boisset dut faire les mêmes expériences que moi. Bref, nous fûmes remerciés l'un et l'autre. J'appris la chose par un papier officiel qu'un matin je trouvai sur mon bureau : cinq lignes, pas une de plus. Mais je fus « repêché » pour créer le Foyer Central et prendre sa direction, que je devais garder jusqu'à ma retraite, en 1955. Au Foyer Central, j'ai eu à organiser le Fonds Commun des Foyers et l'administration du personnel de direction. J'ai eu le privilège d'être professeur technique à la première école des Assistants de Foyer à Marly-le-Roi. J'ai participé à la création du S.L.M. qu'il a fallu, parfois, défendre avec la dernière énergie et qui ne se porte pas mal, à l'heure actuelle. J'ai aidé à la création du Foyer de Paris, à la mise au point des Foyers de Mimizan, Hourtin, Pont-Réan, Rochefort (Ecole d'Aviation, Ecole des Fourriers, Hôpital Maritime), Les Mureaux, Lorient, Lann-Bihoué, et les contacts, les plus nombreux possible, avec les Assistants et Directeurs de ces Foyers, ont été fructueux pour eux comme pour moi. J'ai eu la chance de pouvoir intervenir à la Caisse des Dépôts et Consignations pour l'acceptation du Personnel de Direction des Foyers à l'F.P.A.C.T.E. et j'ai ainsi découvert de jeunes et dynamiques inspecteurs des finances avec qui régler des questions embrouillées devient presque un plaisir. J'avais finalement été assimilé au grade de capitaine de frégate. Mais ma rémunération n'atteignait pas le traitement de base d'un capitaine de frégate, sans en être trop éloignée. De ma propre initiative, comme gérant du Fonds Commun, je m'attribuai ce traitement de base, ce qui avait l'avantage d'indexer mes appointements. Je créais ainsi un précédent pour tous ceux qui viendraient après moi. Devant le fait accompli, tout le monde voulut bien s'incliner et vous savez ce qu'il en est maintenant pour vous tous. Si mon initiative a servi à quelque chose, je m'en réjouis aujourd'hui. Au cours de mes quarante année de Foyers, j'ai certainement apporté de moi-même tout ce que j'ai pu. Mais j'en ai été royalement, somptueusement récompensé. La Marine a d'abord fait de moi, en janvier 1931, sans que je fasse la moindre démarche, un Chevalier de la Légion d'Honneur. En février 1950, j'étais fait Officier de notre Ordre National. Ma croix d'officier m'a été remise au cours d'une prise d'Armes, dans la Cour des Invalides, par le Ministre de la Marine Monsieur Johannes Dupraz lui-même. J'ai été fait Officier d'Académie. J'ai eu successivement les médailles de bronze, d'argent et d'or de l'Education Physique et des Sports. J'ai reçu la grande médaille d'or de la Ligue Maritime et Coloniale… et quelques autres hochets. Oui, j'ai été très gâté. Lors de mes dernières visites aux unités dont je supervisais les Foyers, les Commandants ont organisé des repas d'adieu extraordinaires dont le caractère amical, je dirais même affectueux m'émeut encore. Et voilà ! Ma carrière finissait avec ma 65ème année. J'ai enfin - enfin ! - fini de parler de moi...
Partie 8 - Quelques histoires, des remerciements, des réflexions Nous avons, dans nos Foyers, fait des expériences qui n'ont sans doute jamais été pratiquées avant nous, car le Marin que nous avons reçu semble n'être pas celui que tout le monde croit connaître. Et c'est tant mieux pour nous. J'ai donc enfilé un petit chapelet de faits au moins pittoresques. Tout à fait au début du Foyer des Equipages, l'Amiral, très bienveillant, qui s'occupait de nous au Ministère, vint visiter le Foyer. II était censé bien le connaître, mais tout paraissait l'étonner. Impressionné par la taille et l'allure de notre salle aux onze billards, il me demanda : « Mais vraiment les marins jouent au billard ? » Et sur ma réponse que souvent les onze billards étaient occupés en même temps, il eut ce mot : « Cela renverse toutes mes notions sur le Marin ! Je croyais qu'il ne jouait qu'aux dominos !». Rentrant du cinéma, un soir, je croise dans l'entrée du Foyer un marin déjà inscrit au dortoir. C'était un sportif. Nous parlons sport. Et tout à coup, montrant le dortoir, dont la porte est grande ouverte, il me dit : « Qui croirait qu'il y a 80 rnatafs, là-dedans ? - Mais c'est normal, lui dis-je - Ah ! vous trouvez ça normal ? - Mais oui ! Toi, tu viens au Foyer pour dormir. C'est très simple, les autres aussi, et ça roupille et ça ronfle ! ». Un lieutenant de vaisseau ami vient bavarder avec moi. Je lui parle de l'impeccable tenue générale des Marins au Foyer : jamais de batailles de polochons (ma hantise pendant des années) pas d'inscriptions dans les WC, jamais rien d'abîmé volontairement et je lui expose une de mes marottes l'éducation par le cadre. Depuis un moment, je distinguais une douce rigolade au coin de ses paupières. « Mon cher Monsieur Grandperrin, votre petit discours est très bien, mais ne me le faites pas à moi, je connais les marins, je vis au milieu d'eux. Parlez à d'autres de votre éducation par le cadre ! ». Nous continuons à nous promener dans le Foyer et nous arrivons à la salle de Lecture et de correspondance pleine à refus et où règne un silence de cathédrale. Etonné, mon ami me dit à voix basse : « Vous avez toujours autant de monde, ici ? » A voix basse je lui réponds : « Oui, toujours. Mais ne vous sentez-vous pas incapable de parler ici à voix haute ? Education par le cadre ! ». Un autre lieutenant de vaisseau, encore un ami, que j'accompagne au Foyer de Paris, tombe sur un fascicule de Tintin et Milou. « Vous êtes cinglés ! me dit-il. Pas un marin ne lira ça ! Mais c'est très bien, lui dis-je. Les marins aiment beaucoup ça, précisément. Asseyez-vous ; lisez et regardez-en les deux premières pages ». Vingt minutes après, mon lieutenant de vaisseau émergeait de Tintin et Milou. « Et alors ? » fut mon seul triomphe. Aux premiers jours du Foyer Central, nous venions d'expédier quelques centaines de livres, de notre choix, à l'Ecole des Mécaniciens de Toulon – St-Mandrier. L'Amiral chef du Service des Foyers demande à en consulter la liste. Et tout à coup il explose « on va nous prendre pour des (ici un mot très court). Vous allez tout de suite écrire à l'E.M.C. que c'est par erreur que nous lui avons envoyé des Comtesses de Ségur. Qu'ils nous les renvoient. Nous les remplacerons par d'autres auteurs ». Exécution. Par retour, le directeur de l'E.M.C. écrit : « C'est avec plaisir que nous recevrons de nouveaux livres, mais je demande à conserver les Comtesse de Ségur qui sont constamment en lecture ». La salle de concert transformée en dortoir avait été, à l'origine, ornée par de très belles toiles des peintres de la Marine, autant qu'il me souvienne : quatre très beaux Fouqueray, un Dauphin père (qui est actuellement, je crois, dans la salle de réception du C.F.M. Hourtin) un Dauphin fils, un Barbaroux, etc… Les Marins semblaient parfaitement s'accommoder de cette artistique compagnie. Mais un jour arrive une délégation du Ministère, moitié en uniforme, moitié en civil. Les cheveux de ces messieurs ont dû se dresser droits sur leur tête à l'idée des périls que couraient ces oeuvres, vraiment très belles, en la proximité de matelots laissés sans presque de surveillance. J'eus beau protester, rien n'y fit. Dans les délais les plus courts, les toiles furent « démarouflées » et expédiées à Paris. En deux ans, pas une n'avait été même effleurée par la main d'un marin. Mais j'en sais qui, à Paris, durent pousser un vaste soupir de soulagement en attendant une médaille de sauvetage bien méritée ! Pour remplacer un chef de service momentanément empêché, on désigne au Foyer un officier des équipages, un très brave homme très sympathique. Il prend à cœur son travail et, dès le lendemain de son arrivée, je vois fleurir partout des pancartes : « Défense de … » « II est interdit ... ». J'en fait immédiatement la cueillette et j'explique au suppléant qu'au Foyer rien n'est défendu, qu'il n'y a nulle part une discipline imposée parce que les Marins se l'imposent à eux-mêmes. Absolument écœuré et totalement incompréhensif il se hâta de quitter cette maison de fous. Un tas de gens qui connaissent bien le marin m'avait dit, au moment de l'inauguration du Foyer : « Jamais les Marins n'entreront dans votre Palace (que n'eut-il été le mien ! ). Ce qu'ils préfèrent à tout, ce sont les petits bistrots bien enfumés du port et la basse-ville ». Evidemment, nous ne pouvions espérer des visites massives dans un immeuble trop neuf. Nous avons donc demandé au Commandant du 5ème Dépôt de nous faire amener, tous les samedis après-midi, les recrues habillées dans la semaine. Puisque, dit le proverbe, il n'y a que le premier pas qui compte, ce premier pas, nous les aiderions à le faire vers le Foyer. Les marins tout neufs, de 50 à 200 chaque semaine, étaient rassemblés dans la cour Est du Foyer. Du haut du perron, je leur souhaitais la bienvenue au Foyer et je leur expliquais tout ce qu'ils trouveraient à l'intérieur et à l'extérieur. Pendant deux heures, ils pourraient donc circuler librement dans le Foyer, monter sur la terrasse, parcourir le stade, tout visiter en un mot. L'expérience à montré qu'ils revenaient ensuite individuellement au Foyer, d'autant que celui-ci était sur la route menant du Dépôt au Centre Ville. Le plus dramatique exemple de l'incompréhension des buts du Foyer, je devais le découvrir le jour même de la déclaration de la guerre. Levé de bonne heure à mon habitude, je vis sur la pelouse du stade des équipes d'ouvriers en train de planter des piquets. Je m'informe. C'était le tracé des tranchées à creuser. Je donne l'ordre d'arrêter immédiatement ce travail et je me précipite à la Préfecture Maritime où je me fais introduire auprès de l'Amiral. Je lui expose ce que je viens de voir et je lui rappelle que les Foyers sont nés de la guerre 1914-1918 et qu’au point de vue du moral le Foyer des Equipages et son stade seront le meilleur instrument qu'il puisse désirer pour ses équipages. Je n'eus pas besoin d'insister longtemps, l'Amiral avait compris avant même que je finisse de parler. II ignorait les travaux prévus sur le stade et donna l'ordre de les stopper immédiatement, ce qui fut fait. Foyer et stade rendirent d'immenses services jusqu'au moment où les bombardements abîmèrent considérablement la pelouse et le reste. Des remerciements J'ai le devoir de remercier ceux qui m'ont aidé dans les sentiers nouveaux que je devais débroussailler. En tête, je place le Commandant Jauréguiberry, mon cher Jauré, l'homme qui a le plus fait pour les Foyers. D'une lumineuse intelligence, d'une vaste culture, sportif de qualité, excellent joueur de football, champion de France militaire de tennis, après avoir battu les meilleures raquettes de l'Armée et de l'Aviation, il avait vécu les événements et les mutineries de la Mer Noire et en avait tiré des conclusions écrites qui furent à la base de la doctrine des Foyers et des Sports dans la Marine. Ami de tous les instants, il fut à mes côtés, de près ou de loin, tout au long de ma carrière. C'est lui qui négocia les achats pour la Marine des terrains de la Marquisanne, de Saurin et de la Chapelle. C'est lui qui fit, de ses deniers, don à la Marine du fronton de pelote basque du stade « Amiral Jauréguiberry ». C'est lui qui, après mon départ de Toulon, prit la direction des Foyers et créa à peu près tous les Foyers annexes actuels qui existent encore là et comme il les a voulus. Jusqu'à sa mort, et malgré que je sois à la retraite, nous ne perdions pas contact et nous dînions ensemble plusieurs fois tous les hivers, qu'il passait à Monte-Carlo. Sa mort a été pour moi une véritable amputation morale. Je salue ici sa mémoire. Ensuite, je place quatre jeunes enseignes, qui, régulièrement, vers 192O-1922, envahissaient mon bureau pour, disaient-ils déposer une réclamation qu'ils ne déposaient jamais. Ils fourmillaient de suggestions. Deux d'entre eux sont resté plus particulièrement mes amis. Celui qui, devenu le Capitaine de Vaisseau Bourgoin et pendant deux ans Chef du Service Central des Sports et Foyers, est resté mon meilleur ami dans la Marine et dans la vie. Le second, qui devait devenir Général d'Armée Aérienne, était mon cher Chassin, une véritable force de la nature, que je devais revoir l'an dernier sur un lit de clinique où le clouait une paralysie presque totale. Ils m'ont puissamment épaulé dans mes débuts à Toulon et par la suite. Je ne puis pas ne pas parler de ces hommes hors-série que sont mes amis le Capitaine de Vaisseau Loïc-Petit et le Capitaine de Vaisseau Hainguerlot qui m'ont apporté tant et tant d'idées. Leur amitié est une de mes fiertés, comme celles qu'ont bien voulu me conserver les Amiraux Jubelin et Evenou, qui furent des assidus du Foyer de Toulon. Je n'aurai garde d'oublier cet homme de cœur qu'est le Capitaine de Vaisseau Morazzani. Lui et le Capitaine de Vaisseau Bourgoin furent les seuls qui, comme Chefs du Service Central des Sports et Foyers, aient su manifester aux hommes des Foyers une intelligente et affectueuse compréhension. Des réflexions Et maintenant, en l'an de grâce 1969, après cette plongée dans le passé, il me faut bien conclure. L'enfant né en 1919 était bien viable. La tournée que j'ai faite en juillet dernier avec l'ami Senegas, tournée amicale et sans aucun caractère officiel, dans la Charente-Maritime et à Hourtin, m'a montré que sa vitalité est extrême. Je connaissais tous les Foyers que j'ai visités. Ils ont tous fait des progrès étonnants depuis 1955 où je les ai quittés. Certains mêmes m'ont émerveillé et confondu. Je n'aurais jamais espéré, avec les moyens que nous avions il y a quinze ans, réaliser un jour, même lointain, ce qui a été obtenu à Rochefort et à Hourtin par exemple. La réception qui a été faite à l'ancien que je suis, et dont la chaleur a été particulière, m'a montré quelle place occupent désormais les Foyers dans la Marine. Les Foyers effectivement « de la Marine ». Je ne saurais trop complimenter le Chef du bureau des Cercles et Foyers, Monsieur l'Administrateur en Chef Fabrikant, pour avoir su donner un visage, un insigne, un uniforme et un statut à ce corps du Personnel Civil de Direction des Foyers qui cherchait sa place naguère. Cette place, elle est bien reconnue, et elle m'a, partout, parue solide. Un des Chefs qui m'ont si amicalement accueilli m'a dit « actuellement, on ne peut pas concevoir une unité de quelque importance sans son Foyer ». Je me suis senti tout à coup angoissé. Car, qui dirigera les Foyers de demain ? et ceux d'après-demain ? où sont les jeunes pousses ? II aurait sans nul doute fallu fermer plusieurs Foyers sans le précieux apport des Assistants de Foyers militaires. J'en ai vu plusieurs. Certains sont de grande qualité. Mais ils ne sont que des passants. Pour être Directeur de Foyer, il faut y consacrer sa vie, tout ce qu'on a de meilleur en soi. Il faut des années avant de bien connaître son métier. Ce métier, il faut l'aimer, il faut y croire. II faut au moins un peu de ce mot qu'avec tant de délicatesse et de pudeur Madame Verne, dans ses cours aux élèves Assistants de Foyer, s'engage à n'employer qu'une seule fois, ce mot qui est « vocation ». Le problème des Foyers sera, un jour plus proche peut être qu'on ne le croit, un problème d'hommes. C'est le problème que n'arrivent pas à résoudre les Maisons de Jeunes et les Maisons de la Culture. Tant vaut le Chef, tant vaut l’œuvre ! J'ai lu avec un extrême intérêt le Mini-Bulletin (qu'il dit) de l'ami Le Bras. Pour la première fois peut-être il me donne de l'espoir pour les Foyers. J'ai été touché par la compréhension amicale (le ton est vraiment amical) de Monsieur l'Administrateur Général Menne, que j'ai connu par notre ami commun, cet homme exquis qu'était Monsieur Broust. Il faudra qu'on s'attelle à la recherche des hommes de demain. Il les faudra de grande qualité. Il faudra se presser. « II est plus tard que tu ne le crois ». Quant à vous, mes amis des Foyers, aimez votre travail. Il vous a déjà donné des joies : il vous en réserve encore davantage. Si j'ai été récompensé officiellement, votre affection à vous, l'affection de milliers de marins et de leurs chefs, la fidélité de leur souvenir est une récompense d'une bien plus haute qualité. Au 1er janvier dernier, je recevais encore une lettre de vœux d'un marin d'avant 1939 qui n'a jamais raté un jour de l'An. Et je me disais : « Cela en valait tout de même la peine ! ». --===--
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L'Histoire des Foyers : Récits/Témoignages - Les écrits - par NEMO le 09/04/2009 @ 17:23 |

1958 – 1961LES EVENEMENTS DE BIZERTETUNISIE Vécus par le Personnel de direction des foyersde la Mari ...
1958 – 1961 LES EVENEMENTS DE BIZERTE TUNISIE Vécus par le Personnel de direction des foyers de la Marine nationale L’ACTION DES FOYERS A BIZERTE
L’affaire Sakiet Sidi Youssef ou la consigne de quatre mois à la B.A.N. Karouba Récit du D.F. Larcher à Karouba
Les journées de juillet 1961 Récit du D.F. Lagneau à La Pêcherie
De juillet 61 à septembre 63 Récit du D.F. Fernandez à Sidi-Abdallah
PREAMBULE BIZERTE I. La nature a fait de Bizerte un site remarquable 
Une rade immense d’une douzaine de kilomètres de diamètre, profonde de neuf à douze mètres d’eau dans sa partie centrale, convenant aux mouillages dispersés de forces navales ou de convois. Des plaines immédiatement voisines de cette rade propices au creusement de bassins et à l’installation d’aéroports. Des collines et des blocs rocheux favorables par leur structure géologique à la construction de dépôts de magasins et d’abris souterrains. 2. Les installations militaires Elles comprennent : a) Un avant port protégé Le canal est balayé par un courant de deux à trois nœuds. Pendant la guerre 39-45 les français et à leur tour les Allemands tentèrent d’embouteiller le canal en ycoulant des cargos ; ils échouèrent car le courant drossant les épaves vers les berges du Goulet laisse toujours un passage suffisant. b) Un complexe opérationnel regroupant : . une base aéronavale (BAN) : La Pêcherie – Karouba, . une base aérienne : Sidi-Ahmed ; où stationnent une importante flottille de bâtiments de guerre et des formations aériennes de surveillance et d’attaque. Par ailleurs, des installations de commandement, transmissions, détection, défense, sont réparties en baie Ponty, au Messlem, au Kébir, au Nador, au Cap Bizerte, au Roumadia.
L’affaire Sakiet Sidi Youssef ou la consigne de quatre mois à la B.A.N. Karouba En 1957, la position de la France à Bizerte reposait sur une bonne harmonie des rapports entre français et tunisiens. La France engagée dans le problème algérien cherchait des solutions politiques à cet affrontement. L’Algérie, théâtre d’opérations militaires, était pour les Tunisiens le pays frère et voisin dans l’épreuve. Un accord de non-intervention militaire en provenance du territoire tunisien avait été signé entre la France et la Tunisie. La Tunisie souhaitait rompre les accords antérieurs qui la liait avec la France et demandait l’évacuation des troupes françaises hors de la Tunisie. Le samedi 9 février 1958, à la suite d’un incident de frontière, des éléments non contrôlés harcelaient les positions françaises du village tunisien de Sakiet Sidi Youssef. La riposte française ne tarda pas. Ce fut alors l’incident diplomatique. Dès le dimanche 10 février, les militaires tunisiens interdisaient l’entrée des enceintes militaires françaises au personnel permissionnaire. Les bons rapports que les Français et les Tunisiens de Bizerte, surtout, entretenaient dans tous les domaines permirent à ces mesures inattendues de ne pas prendre cette situation bien au tragique. Chacun trouva un moyen plus ou moins original de rentrer dans son unité en passant des barrages qui n’étaient pas »méchants ». Certains se firent passer pour des médecins, ambulanciers, pompiers, livreurs, d’autres se déguisèrent en femme, en jardinier venant à pied avec la brouette ou se cachèrent dans les coffres des voitures conduites par les épouses. Puis brusquement, les Jeunesses Destouriennes de Tunis envahirent Bizerte et vinrent donner un ton plus sérieux aux évènements. Les militaires se virent consignés définitivement dans leurs casernes et bases, sans contact possible avec les familles restées en ville. Seuls pouvaient sortir comme « civils » aux yeux des Tunisiens : l’aumônier, les assistantes sociales, les directeurs de Foyer, le personnel civil des ateliers. Après la mise en place au sein des unités du système de défense et au bout de plusieurs jours d’incertitude, le Commandement décida de ne pas laisser le personnel dans l’inaction. Monsieur Shall, utilisant rapidement ses moyens administratifs et commerciaux nous fit parvenir par l’intermédiaire du précieux S.L.M., des matériels de distraction, de sport et des jeux, ainsi que l’indispensable approvisionnement des coopératives. Comme ses directeurs de Foyer l’ont bousculé, inquiété avec leurs idées folles et leurs réalisations financièrement scabreuses ! Il a su nous guider, nous tempérer, nous retenir quelque fois, avec scrupule, sagesse, fermeté et bienveillance. L’équipage de la B.A.N. Karouba, au sens le plus large du terme, comprenait environ 1500 personnes. Le Foyer fut le catalyseur des possibilités offertes par les chefs de service, les commandants de flottille, les officiers des sports, les présidents de Poste et de Carré. L’action des Foyers devint prépondérantes dès que le personnel « consigné » ressentit l’impérieux besoin de s’occuper et de se distraire, et dès que le commandement mis tout en œuvre pour y répondre. J’avais le plaisir d’avoir, comme adjoint le plus emballé, le plus fougueux, le meilleur des animateurs : l’Assistant de Foyer (ASFOY) Lagneau François. Bien rôdée depuis plusieurs mois par une première St-Eloi 1957, notre équipe très homogène attrapa au vol, en février 1958, le souhait des équipages et le feu vert du Commandant. En quelques jours, nous avions mis sur pied : - 8 à 10 séances de cinéma par semaine, avec projections dans les Postes et au Carré : 8000 entrées par mois ; - des soirées ciné-club avec des films qu’il fallait aller prendre à Tunis avec nos voitures civiles ; - des tournois inter-Foyers et Postes, des jeux et des concours de toutes sortes où l’on trouvait réunis les triplettes de l’E.P.A.N., des officiers supérieurs, des quartiers-maîtres de 1ère classe (plus de 100 triplettes) ; - des soirées récréatives improvisées avec le concours de musiciens de la Base aérienne de La Pêcherie, de la chorale dirigée par l’Enseigne de Vaisseau Caroff. Grâce aux succès remportés par toutes ces activités traditionnelles et devant l’étonnante participation de toutes les communautés de la Base, il fallait innover. Alors que nous étions entassés dans nos unités, la ville et, par conséquent, les cinémas de Bizerte, étaient déserts. Au programme de fin février 1958, l’un de nos amis, breton, directeur de trois cinémas, avait affiché la grande nouveauté parisienne : « Le pont de la rivière Kwaï ». Sur ma demande et avec un certain courage vis à vis des Tunisiens, il accepta de nous louer son programme, ses appareils de 35 mm démontés de sa cabine et les services de son opérateur. Après avoir installé le tout sur une remorque de l’E.P.A.N., dégagé le hangar de la 12F, confectionné un écran scope de 12 mètres de base et installé 1000 sièges, les 1er, 2 et 3 mars, nous étions prêts. Deux films furent présentés en trois séances et vus par 2500 spectateurs de Karouba, La Pêcherie, Sidi-Ahmed et le Kébir (venus par hélicoptère). Plus de 600 spectateurs y assistèrent gratuitement. Cette opération eut un certain retentissement car, à titre de représailles, les Tunisiens fermèrent les cinémas de notre ami pendant plusieurs semaines. L’effet moral fut considérable pour le personnel enfermé. Hélas, quelques jours plus tard, la 11F perdait un pilote au cours d’un vol de nuit : le Lieutenant de Vaisseau Nicolas. La Base fut plongée dans une immense tristesse. Le moral était très bas et l’inaction pesait lourdement. L’ASFOY Lagneau eut alors d’excellentes idées que nous réalisèrent avec l’aide de tous : - Un grand prix cycliste. En quelques jours, 36 coureurs de plusieurs Unités étaient réunis et munis comme par miracle de magnifiques bicyclettes de course empruntées ou louées un peu partout. Cette course à caractère sportif nous permit surtout de relancer, sans blesser la 11F, « la machine à occuper le maximum de personnes ». - Une très belle compétition de sports de combat Judo, Aïkido et Karaté. Avec l’aide du second-maître Falourd, organisée à La Pêcherie. - Puis à Karouba, l’Officier des équipages Maillard et le Maître Circou aidaient l’Assistant de Foyer à préparer et à organiser les rencontres pour les Coupes sportives Foyers de tous les sports collectifs : basket-ball, volley-ball, football, rugby, water-polo, natation, voile, par équipes constituées dans les Carrés et les Postes, et non dans les Services. Obligation à l’équipe gagnante d’inviter l’équipe perdante à prendre un « pot ». C’est ainsi que l’on vit, spectacle rare, des officiers mariniers et des matelots invités au Carré pour un vin d’honneur. - Un cirque. Avec le concours des P.M. Herteler et Soulanet, L.V. Besset distingué chanteur et guitariste, E.V. Siat et Guitard, les O.E. Dalmas, Coulm, Schuster, le S.M. Esnault magnifique Monsieur Loyal, et combien d’autres. Imaginez ! Apporter sur un stade nu : 120 bidons d’essence pour la lice, 80 caisses emballage moteur d’avion pour faire 5 hauteurs de gradins, 700 sièges, 5 bennes de sable et pas de vedette, mais… des moutons, des ânes ! et des dizaines d’acteurs qui vinrent constituer un spectacle d’une gaieté peu commune, applaudis par plus de mille spectateurs, dont les familles venues rendre visite aux consignés. Entre temps, les Assistants et Directeurs devenaient de précieux messagers pouvant sortir en ville. Ils portaient des dizaines de lettres à domicile, rapportaient des nouvelles rassurantes des familles, des médicaments des pharmacies et rendaient de nombreux services autour d’eux. Hélas, la situation se détériorait avec les évènements politiques. - En Tunisie : La consigne des militaires dans leurs cantonnements devenait insoutenable. - En Algérie : Le 13 mai avait apporté un vent d’espoir et de folie qui gagnait nos équipages en mission journalière à Alger. - En France : L’inquiétude régnait jusqu’à l’arrivée du Général de Gaulle. On pouvait s’attendre à tout instant à un incident entraînant de nouveau une réaction militaire française ou tunisienne grave. A la suite des évènements de Remada, le dimanche 25 mai, l’équipage en alerte souhaitait une réaction marquante envers les Tunisiens. C’est ainsi que dans la soirée de ce jour mémorable, après l’appel de 19heures, sur une Marseillaise entonnée spontanément, le personnel rassemblé se dirigea vers le Carré pour voir le Commandant. Très habilement, le Capitaine de Corvette Thorette leur donna rendez-vous le lendemain matin avec le Commandant et l’Amiral Ponchardier. L’Amiral venu tout spécialement d’Alger fit « grosse impression » devant le personnel assemblé par son langage direct de combattant. L’essentiel de son allocution peut se résumer ainsi : « Vous m’avez demandé, je suis venu ». « Je connais vos problèmes et je comprends votre lassitude et votre impatience ». « Vous êtes comme un blessé sans défense, mais je n’ai jamais abandonné un blessé sur le terrain ». « Vous avez tous des amis Tunisiens ». « Ne compliquez pas une situation difficile en train de se dénouer d’elle-même ». « Au travail ». Plusieurs jours après, la situation se dénouait effectivement. Les militaires rentraient dans leurs familles, puis prenaient leurs permissions en France dans un climat de détente bien mérité. Par la suite, notre Assistant se surpassa une dernière fois à Karouba, lorsqu’il eut l’idée un jour de faire une course cycliste plus importante : « Les six jours cyclistes de Karouba ». Le Capitaine de Vaisseau Behic avait donné son accord pour utiliser les cinquante vélos Marine, type débarquement. Pourtant, il fallut un ordre écrit pour que les maîtres chargés cèdent leurs biens aux coureurs, tous les jours de la course de 11 heures à 14 heures. Leur inquiétude fut justifiée dès le lendemain où, récupérant leur « charge », ils la trouvèrent allégée ; plus de garde-boue, cadres modifiés, modernisés ! Il ne restait que la plaque Marine intouchable. Mais la coupe battait son plein et les fanas mangeaient aux rations pour voir l’étape de 12h45 à 13h45. Avec maillots jaune, vert, primes aux passages des Carrés et des Postes, prix par équipe, caravanes et supporters, junker balai, ambulance. Tout y était, y compris le Georges Briquet, Lagneau, disparaissant derrière son porte-voix, le Lieutenant de Vaisseau Legall, officier des sports, infatigable entraîneur, les photographes et, surtout, les caméras. En effet, le Lieutenant de Vaisseau Turc, chef du Service Photo, faisait filmer en 16 mm noir et blanc à 13 heures, développer à 15 heures, sonoriser à 18 heures avec l’ASFOY, et projeter tous les soirs à 20 heures le film de l’étape. Les maîtres chargés vus sur l’écran applaudissant à tout rompre, jurèrent leurs grands dieux qu’ils n’applaudissaient pas le coureur, mais leur vélo. Après la consigne d’octobre 1958 à octobre 1960 L’élan donné par les conséquences des évènements de SAKIET fut conservé dans les unités pour distraire au maximum le personnel. - Les circuits de films furent connus dans la Base aérienne et la Marine. - Des programmes récents venaient de Métropole, transportés par l’Armée de l’Air. L’année 1958 se terminait sur une St-Eloi interarmes imposante : - Tombola avec « permission exceptionnelle » à passer en France plus 100 francs d’argent de poche (6000 billets vendus à 020) ; - Concours et défilé de 20 chars et groupes comprenant plus de 200 personnages costumés ; - Un pot général de 1500 personnes ; - Budget autonome équilibrant 400 000 francs de dépenses ; Le Noël de l’équipage réunissait 80 familles de matelots et quartiers-maîtres, avec goûter, clowns et jouets offerts par le Foyer. 1959 - 1960 - De nombreuses excursions furent organisées pour des permissionnaires, en civil, vers Tunis, Carthage, Nabeul, Bella Reggia, Dougga, et autres sites typiquement tunisiens. - Des joutes, des régates, des fêtes et des jeux nautiques eurent un grand succès. - Pâques 1959 connu le Grand prix cycliste de la Marine en Tunisie. - Un match international « France-Bretagne » se disputa devant plus de 2 000 spectateurs dans une ambiance terrible sur le stade de La Pêcherie. La S-Eloi 1959 fut sans doute la plus brillante de toutes les St-Eloi que j’ai connues. Le Lieutenant de Vaisseau Malatre avait réuni des moyens interarmées étonnants : chars et groupes de toutes les flottilles et services de la Marine en Baie Ponty, du Kébir, de la Base Aérienne, le musique des zouaves de quatre-vingts exécutants déguisés et, clou de la fête, rétrospective de la cavalerie par dix-huit cavaliers formés en groupes de trois représentant différentes époques. Le tout dans une ambiance de fusée, phoscars, feux de Bengale et pétards, de quoi inquiéter les chevaux mais de quoi ravir les milliers de familles et invités venus assister à l’une des dernières grandes fêtes françaises en Tunisie. La détente se confirme par l’inauguration par l’Amiral des installations de plein-air des Foyers : - A Sidi-Abdallah, agrandissement du cinéma de plein-air ouvert aussi aux familles. - A Karouba, aménagement de jardins en tonnelle près du Foyer. - A La Pêcherie, aménagement du cinéma en plain air et inauguration de nouvelles salles de jeux. En septembre 1959, l’Amiral Antoine, Préfet maritime, remet au nouveau Directeur du Foyer de La Pêcherie, Monsieur Lagneau, les clefs d’un nouveau bâtiment : salle de jeux et de réunions. ENFIN, EN JUIN 1960, SEULEMENT Les autorités tunisiennes et françaises autorisèrent la présentation d’un excellent spectacle de danses et de chants tunisiens devant 700 matelots et quartiers-maîtres de la Base.
Les journées de juillet 1961 (19 au 23 juillet) Le D.F. Lagneau semble avoir été le plus touché, mais aussi celui qui a « plongé » le plus près, dans cette situation militaire inattendue et dans la vie menée par les équipages pendant le combat. Extraits d’une lettre de François Lagneau (directeur du Foyer de La Pêcherie en1961) A La Pêcherie, en 1961, le programme de cinéma change chaque soir. Une troupe de variétés, un orchestre, des clubs de billard français, de ping-pong, de baby-foot, etc… constituent les distractions les plus appréciées. Le stade, avec piste d’athlétisme est compris dans l’enceinte du Foyer. Il permet, avec l’amicale collaboration du Service des Sports de la région, l’organisation de plusieurs championnats inter-armées et des démonstrations des sports de combat (Escrime- Judo – Karaté – Clos-combat – Lutte bretonne – Tournoi de boxe) ainsi que la constitution de groupes de supporters pour chaque équipe de sports collectifs. Le chiffre d’affaires passe de 20 à 100 millions A.F. en 1961. Cette année, il est vrai, amène la guerre ouverte et plus de dix mille hommes vivent sur une très petite surface. Le Foyer de La Pêcherie devient le lieu de rencontre quotidien pour plus de cinq mille hommes ! Vers la mi-juillet 1961, la tension monte rapidement avec l’arrivée massive de plusieurs milliers de Néo-Destouriens défilant autour des Bases et criant des slogans anti-français. Ayant besoin de me rendre à Tunis, grâce à ma carte d’« étranger » en règle (notre position civile aidant bien les choses), je ne remarque rien d’anormal, malgré les rumeurs et les préparatifs des hôpitaux de Bizerte. Pourtant, la défense s’organise et l’Officier en Chef des Equipages Pothier voyant les points faibles de la clôture du stade, installe six cents mètres de barbelés et deux mitrailleuses sur le toit du Foyer. Le Foyer ferme et on ne me laisse que mon fidèle Artilleur Poujol. Me sentant inutile ici, je fais la tournée des hommes à leurs postes en leur apportant plusieurs fois par jour, des revues, des jeux, et surtout à boire. En juillet, à Bizerte, sous un harnais inconfortable, c’est une richesse ! Je distribue aussi gratuitement des dizaines de transistors. Dans l’après-midi du 19 juillet, les Tunisiens ouvrent le feu sur nos avions. Cette fois, ça sent le roussi ! En effet, dans la soirée, les renforts de parachutistes français sautent sous le feu des armes automatiques tunisiennes. Dans la nuit, les paras viennent visiter les alentours du Foyer et contrôler sa défense. Le 20 juillet, les Corsairs rasent les toits et bombardent une colonne de véhicules tunisiens remplis de munitions, laissant une énorme fumée noire monter dans le magnifique ciel bleu de Bizerte. Ne sachant à quel saint se vouer, j’ai demandé au Médecin-Major de bien vouloir m’accepter comme infirmier auxiliaire volontaire. Me voilà nanti d’un brassard et d’un fanion pour la 4 CV que l’Aumônier m’avait prêtée. Entre deux accalmies, je décide de faire porter mon précieux stock à l’infirmerie proche. Une rafale de mitraillette tirée de la gare, arrête momentanément l’enthousiasme de mes aides bénévoles. Des blessés arrivent. Des balles viennent s ‘écraser contre l’un des murs ; une vitre se brise ; c’est impressionnant. Le médecin Simon réclame du personnel pour faire des compresses. Je file à l’Etat-Major en face, ramène des secrétaires inoccupées et nous plions ensemble quelques milliers de compresses. Les paras arrivent. Ils ont fière allure et nous les applaudissons. Ils vont donner l’assaut à la Cimenterie. Arrêtés un moment près de nous, je leur fais servir à boire en vitesse, sous l’œil goguenard de quelques-uns. Certes, cela n’avait rien de grandiose de déboucher des bouteilles, mais ces hommes qui partaient au combat en éprouvèrent un plaisir profond. A partir de ce moment, je ravitaille les postes de combat. C’est ainsi que je vois le Maître Gendarme Martin blessé à l’épaule, près de La Pêcherie. De l’autre côté de la porte, dans la rue principale de La Pêcherie, des femmes et des enfants cachent des combattants qui s’approchent. Nos observateurs qui ne se méfient pas reçoivent donc les « pruneaux » sans répondre car ils risquent de tirer sur des femmes et des enfants désarmés. Mais, aux premiers coups de feu, ces femmes et ces enfants se dispersent en hurlant, de chaque côté, si bien que quelques combattants tunisiens sont rapidement abattus. Je n’ai pas eu le toupet de prendre des photos et je le regrette sincèrement. Je reviens donc à l’infirmerie où le Maître Martin est aussitôt soigné. Des matelots qui viennent d’être remplacés à Sidi-Salah par des parachutistes, se dirigent ver moi : »Nous avons soif Monsieur Lagneau ». Ah, quelle joie, mes amis, d’avoir le moyen de réconforter ces garçons. L’un des matelots a tous les doigts brûlés pour avoir pris sans précaution le canon de son fusil mitrailleur. Je le fais boire comme un bébé. Il en est tellement heureux qu’il veut me remercier… mais ses doigts lui font trop mal. Le Commandant de la Baie Ponty me convoque à son bureau. « Il y a une centaine de femmes qui sont entrées, avec leurs enfants. Nous n’avons pas de quoi les loger et encore moins de les nourrir. Votre mission est simple. Il faut les ramener chez elles ; le danger est écarté maintenant ». Déjà ces femmes et ces enfants sont au Poste des Maîtres. Je leur demande de m’écouter : « Vous allez venir avec moi. Vous savez bien que je suis à votre service et que je ferai le maximum pour aider ». Et nous voilà partis… vers la porte de sortie. A quelques mètres de là, tandis que le canon tonne, les avions tournoient ; les mitrailleuses, fusils-mitrailleurs, mitraillettes crépitent ; l’une de ces femmes pose sa valise par terre et crie très fort : « Mais il veut nous mettre dehors ! Pas question, nous ne sortiront pas ». Et toutes les femmes de retourner au Poste des Maîtres ! Je rends compte au Commandant qui me dit : « Tant pis. Débrouillez-vous pour les nourrir ». Je reviens au Poste des Maîtres. Le problème des familles est déjà en cours de règlement. Un Officier en Chef des Equipages, dont j’ai oublié le nom, et je le regrette car il joua un r^le discret mais efficace, a pris l’affaire en main et je n’ai plus pour ce jour-là à m’en occuper. Les familles affluent de partout C’est finalement Madame Amman, l’épouse de l’Amiral, qui avec un dévouement peu connu, organise les secours aux familles. Poussé par la nécessité de voir ce qui se passe au Foyer, je reviens jusqu’à la porte de celui-ci. Plusieurs balles ont traversé volets et fenêtres de la salle de lecture, mais il n’y a eu aucun blessé de notre côté. Par contre, les Tunisiens ont deux morts et cinq blessés que les ambulances de croissant rouge sont venues ramasser. Le bruit de la bataille est à son maximum autour de la Cimenterie toute proche. Je pousse jusque chez moi. Quelle n’est pas ma surprise de trouver mon appartement complètement envahi de familles réfugiées tremblantes autour de ma femme et d’un Officier des Equipages en retraite qui eux, par contre, commencent à être sérieusement excédés par leurs jérémiades. Tout le monde vient du Presbytère et se trouve là depuis que la porte a été ouverte après la bataille du matin. Toute la nuit, autour du Presbytère, des soldats tunisiens ont rôdé. Certains sont montés dans le clocher de l’église pour mieux tirer à l’intérieur de la Base, puis ont reculé dès la première sortie des troupes françaises. Je comprends mieux maintenant pourquoi toutes les femmes ont tenu à se réfugier à l’intérieur de la Baie de Ponty. A l’infirmerie, le nombre des blessés français et tunisiens devient très important. Le Maître Infirmier me demande de prendre le nom de tous les blessés pendant que les médecins donnent les premiers soins. Le Maître Infirmier n’a pas de problèmes avec les Français bien sûr, mais les Tunisiens refusent farouchement de dire quoi que ce soit. Eux aussi meurent de soif. J’ai aussitôt recours au sérum de vérité, en l’occurrence les sodas ou la bière.. Tous disent leur nom et leur grade sans plus de difficulté. Ouf ! C’est quand même puissant la « bibine » ! Mais mon stock s’épuise et le combat continue ; j’ai distribué gratuitement depuis la veille près de 450 000 francs de marchandise. Inquiet, j’en informe le Commandant de la Baie de Ponty, Président du conseil d’administration du Foyer. Celui-ci, enchanté, me félicite. Me voilà soulagé. Vous pouvez aller jusqu’à un million ; je le prends sur moi dit-il et il tiendra parole. Je n’ai plus rien et si les bateaux ne rentrent pas, la situation sera désastreuse, car les bateaux ne rentraient pas et cela nous ne comprenions pas pourquoi. Je me rends donc à l’Etat-Major solliciter le feu vert du Commandant Fiacre. Après avoir entendu mes explications, celui-ci envoie un message express à Marine Bône pour que la bière destinée au Foyer soit acheminée en priorité. Cette journée du 22 juillet commençait. Elle devait être « historique » professionnellement parlant. Un bateau contenant 25 000 cartons de bière destinés au Foyer de La Pêcherie était arrivé… Je craignais un moment la catastrophe… Je n’avais plus un seul homme placé directement sous mes ordres et, déjà, des milliers de combattants attendaient non seulement de boire mais absolument tout du Foyer et de son Directeur bien entendu… Aux grands maux, les grands remèdes, j’appelle le Colonel Commandant les Armées de Terre Aéroportées. « Mon Colonel dis-je, je m’appelle Lagneau, je suis marin et directeur de Foyer, je n’ai plus personne à ma disposition. Or, voilà ce qui m’arrive : un bateau contenant 25 000 cartons de bière – Pouvez-vous m’aider ? Il me faudrait 15 camions avec cinq hommes dans chaque véhicule. Je sais ce que vous avez fait pour mes hommes. Accordé. » Ouf ! J’organise moi-même le débarquement et mes braves paras pendant l’heure de midi me fauchent un camion tout entier. Monsieur Schall me le pardonnera sans toutefois me féliciter. La perte ne passait pas au total le million et comme les SAO prirent le surplus de ma réserve, tout rentra dans l’ordre administrativement… En attendant, le Foyer fit face à cet énorme besoin que représentaient pour tous la soif et le plaisir d’une bière fraîche. Les paras me rendirent un coup de chapeau à leur manière en me ramenant pour les familles, deux camions 6x6 pleins de lait, de sardines, de riz, de pâtes et de biscuits. C’étaient des stocks des casernes tunisiennes qu’ils étaient heureux de nous offrir…D’ailleurs, curieusement, personne ne chercha à savoir d’où elles venaient… En guise de conclusion, j’ai vécu des heures brûlantes pendant les cinq jours. Je garde à la fois une certaine amertume de n’avoir pas été considéré comme « civil professionnellement utilisable » et une grande fierté d’avoir vécu près des hommes, de les avoir aidés, réconfortés, rafraîchis. Cette affectation à Bizerte fut une expérience vivifiante, enrichissante et aussi exténuante.
De juillet 61 à septembre 63 Notre ami Larcher me demande de participer au récit de ce que fut l’action des Foyers à Bizerte durant les dernières années d’existence de cette Base et les conditions parfois difficiles dans lesquelles nous avons continué à servir. Je vous livre quelques souvenirs, avant qu’ils ne s’estompent complètement de cette période où les Assistants et Directeurs de Foyers ont particulièrement su faire leur métier. Après le cessez-le-feu de ce que l’on appelle la bataille de Bizerte, les conditions de vie étaient très dures et la menace imminente de reprise des combats maintenait une tension très désagréable car, comme toujours en ces cas-là, les bobards les plus ahurissants circulaient ; on parlait de l’arrivée à Tunis d’avions russes venant combattre avec les Tunisiens et tant d’autres divagations créées par des esprits surexcités de la bataille de juillet. Quand l’Arsenal fut dégagé, les civils dont j’étais, avaient la possibilité de circuler dans la ville tout en étant contrôlés tous les 50 mètres par les militaires tunisiens. Dès le lendemain du cessez-le-feu, un Commissaire politique du Néo-Destour s’était installé à la Poste de Ferryville et, à l’aide d’un cachet, mentionnait sur chaque lettre destinée aux militaires la mention : DECEDE RETOUR A L’ENVOYEUR (tout le courrier transitait alors par la Poste civile). Cette situation inquiétait beaucoup le personnel, jetant le désarroi dans les familles en France. Le receveur des Postes, un Tunisien sympathique, qui était le Président de la Société Sportive de Ferryville et que j’avais aidé, m’octroyait tous les ans une splendide carte de membre bienfaiteur des Jeunes Sportifs Tunisiens. C’est à ce titre que je lui demandais s’il m’était possible d’expédier des télégrammes aux familles. Le Service des Télégrammes n’étant pas contrôlé, il me donna son accord (il prenait lui aussi des risques…) et c’est ainsi que je rédigeais des centaines de télégrammes dont le texte standard rassurait les familles, alors que dans la pièce à côté, j’entendais le bruit sec du tampon DECEDE RETOUR A L’ENVOYEUR qu’un soldat tunisien plaquait consciencieusement sur chaque lettre. C’est à cette période également que se déclencha l’opération « pastèque ». Nos jeunes étaient constamment sur la brèche, car, de l’avis même du Commandement, la reprise des combats était imminente et tous les fortins improvisés pour protéger les installations étaient en alerte permanente ; l’intendance suivait, bien sûr, mais nos jeunes gens, par une chaleur accablante, étaient nourris de conserves. L’accès à l’Hôpital maritime était libre car nos médecins soignaient également les blessés tunisiens. Le mur de l’Hôpital était mitoyen avec une caserne (Le C.A.S.A.F.Y.) et par dessus ce mur, Dieu seul sait combien de tonnes de pastèques sont passées pour être distribuées à tous les postes ! Le transport des ces pastèques se faisait sur les calèches qui stationnaient devant le marché central de Ferryville car, bien entendu, aucun véhicule militaire ne pouvait circuler dans la ville contrôlée par les Tunisiens. Quelques jours plus tard, j’avais pu réaliser la même opération avec les barres de glace alimentaire qui transitaient également par-dessus le mur de l’Hôpital pour être distribuées dans les fortins. Tout cela était assez difficile à coordonner car il fallait rester discret, mais j’ai eu de la chance ; bien d’autres se sont retrouvés internés par les Tunisiens pour beaucoup moins. Quelle satisfaction aussi, par cet été torride, de voir les Matelots mordre à belles dents dans une tranche de pastèque ! Quelques fois pourtant, les circonstances ne m’ont pas aidé et le Chef d’Etat-Major de la Majorité m’a proprement fichu dehors lorsque je suis allé lui demander son accord pour la reprise du cinéma. Il m’a d’abord regardé d’un air bizarre lorsque j’ai fait cette démarche, puis, subitement furieux, m’a indiqué la porte sans dire un mot (J’ai su par la suite que ce jour-là précisément la situation n’était pas brillante et que le Commandement était inquiet). J’ai passé ma journée à essayer de convaincre tous les Officiers que je rencontrais pour m’aider à obtenir cet accord et j’ai fini par l’avoir. La seule mesure que je demandais, c’était une patrouille pour surveiller le mur de l’Arsenal : notre cinéma de plein air étant situé près du mur d’enceinte et une grenade jetée pardessus le mur aurait pu faire beaucoup de dégâts. Bref, nanti de cet accord, le cinéma démarré et l’effet moral fut incalculable. Les civils se disaient que si les militaires allaient au cinéma, c’est que la situation était stable. Les Tunisiens eux aussi étaient rassurés par ce fait et nos militaires, pendant un instant, oubliaient cette pénible situation. Cette initiative du Foyer fut payante sur bien des points et contribua pour beaucoup à un apaisement des esprits. Notre ami Lagneau avait mis sur pied, avec les moyens du bord, un excellent spectacle de variétés qu’il m’expédia par bateau en zone sud (la route était coupée par un barrage tunisien) et il me fallait pour cette soirée un piano. J’en trouvais un en ville et, avec l’aide d’un jeune Tunisien à qui je proposais une gratification, je me dirigeais vers l’Arsenal, marchant au milieu de la rue dans une ville absolument déserte, poussant une charrette grinçante et en piteux état. Arrivés vers le milieu de l’Avenue de France, une rafale de mitraillette, partie on ne sait d’où, vint nous siffler aux oreilles. Je lâchais la charrette qui bascula ; le piano glissa jusqu’à terre, s’ouvrit comme une fleur. Je me jetais à terre ; une seconde rafale siffla. Les balles n’ont pas du passer loin car certaines cordes du piano ont vibré donnant un très joli accord… Des soldats tunisiens sont venus m’aider à recharger sur la charrette les restes du piano pour dégager la chaussée et m’ont aidé à pousser cette infâme carriole presque jusqu’au premier poste français car mon aide avait disparu affolé sans doute par le bruit des balles. Quand je franchissais la chicane du premier barrage français, les factionnaires me regardaient d’un air bizarre. L’un des matelots du poste qui me connaissait me cria : « ça va bien ? Oui, Monsieur l’Assistant ». Je lui répondis oui, mais tout compte fait, le ton sur lequel il me posa cette question me sembla un peu curieux. Nous avons continué ainsi jusqu’au départ définitif de Bizerte, en septembre 1963. La veille de l’appareillage, encore deux salles de cinéma fonctionnaient (Karouba et La Pêcherie). Les projecteurs à arc ont été embarqués à la fin de la séance, sur le dernier bateau, ù l’on pouvait encore trouver un peu de place. Chaque activité maintenue le plus tard possible dans les Foyers posait des problèmes énormes. Le passage sur le stade de La Pêcherie du « Grand Cirque de Paris » avec ses 12 lions, ses chiens savants, la cavalerie, etc…, a groupé je crois le maximum de problèmes car les autorités locales tunisiennes s’opposaient au tout dernier moment à l’entrée du Cirque sur la Base. Le Commandement a dû faire intervenir l’Ambassadeur de France à Tunis auprès du Ministre tunisien des Affaires Etrangères pour faire annuler cette décision. Quand tous ces problèmes furent aplanis non sans mal et qu’avec des moyens de fortune nous avions installé des sièges en quantité suffisante pour regrouper une dernière fois toute la population civile et militaire de Bizerte, un orage subit, d’une violence inouïe, éclata. Nous nous réfugiâmes, Pizay et moi, sous la tribune du stade. On se regardait, sans mot dire, pensant que c’en était trop ! Pizay, sous un déluge incroyable, partit demander à la Météo les prévisions pour les heures à venir. Il revint très vite me disant que normalement cela devait s’arrêter… Effectivement, une accalmie qui dura le temps du spectacle nous permit de faire passer une soirée agréable à tout le personnel, 3000 personnes environ, en les groupant une dernière fois sur le stade de La Pêcherie. -==-
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L'Amicale : L'Amicale à Toulon - La lettre de liaison - par NEMO le 20/08/2010 @ 10:33 |

Lettre de liaison n°1-2010
Lettre de liaison n°2-2010
Lettre de liaison n°3-2010
Lettre d ...
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Lettre de liaison n°1-2010
Chers Amis,
Notre dernière rencontre de l’année 2009 avait, outre le plaisir mensuel des retrouvailles, pour objet de réunir le conseil d’administration puis l’assemblée générale de notre association à l’initiative de notre président national, Jean–Philippe Noblet.
Nous étions nombreux en ce 14 décembre, à Toulon et Lorient pour y assister puisque que nos camarades de la façade Atlantique étaient en liaison téléphonique depuis le cercle mixte de Lorient. Nous avons pu ainsi délibérer et acter les décisions inscrites à l’ordre du jour. Ce fut aussi l’occasion de communiquer en direct et d’échanger des nouvelles sur les uns et les autres, présents ou absents.
2010 sera, je le souhaite expressément, une année faste pour notre amicale et ses membres. A l’heure des changements importants que connaissent notre ministère et notre institution cercles et foyers, l’APCFM doit confirmer l’importance des liens existants et aider, au travers de la section histoire des foyers du CSAM, à enrichir le patrimoine culturel et historique des Foyers, témoignant ainsi des actions réalisées à travers le temps.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Avant la traditionnelle galette des rois que nous partagerons comme chaque début d’année nouvelle, j’aurais le plaisir de convier les membres de l’amicale à mon pot de départ en retraite auquel je convie également des autorités et collègues de la préfecture maritime ainsi que des amis chers avec qui j’ai eu plaisir à partager des moments forts au sein de ma marine.
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°2-2010
Chers Amis,
Notre précédente rencontre, fin janvier au club house du club nautique de la marine, a permis d’une part de réunir les membres de la section de Toulon autour de la galette des rois (qui, contrairement à ce qui se pratique dans certains milieux dits autorisés, enfermait bien la fève et le santon) et d’autre part de réunir mes amis civils et militaires, actifs et retraités, autour d’un pot à l’occasion de mon départ de l’institution. J’ai été particulièrement touché par vos marques de sympathies et la convivialité que nous avons pu partager en ces quelques instants.
L’occasion m’a été donnée d’évoquer « ma marine » et ce qu’elle m’aura apportée : « Je me plais à dire que, si j’ai beaucoup donné à la Marine, la Marine m’a beaucoup donné. Il est difficile de dire réellement pourquoi à 17 ans j’ai choisi de m’engager dans la marine, mais au fil des ans, j’ai su pourquoi j’ai voulu y rester. (…/…). Elle m’a donné l’occasion d’occuper des emplois qui du plus modeste au plus important ne m’auront apporté que satisfaction et plaisir.
Elle m’a donné l’occasion d’exercer des métiers ou des fonctions parfois totalement décalées ou à l’opposé les unes des autres.
Pendant 36 ans, j’ai ainsi été tout à la fois ou tour à tour militaire, marin, opérateur, directeur, commandant, gestionnaire, animateur de radio télé, producteur de spectacle, excursionniste, magasinier, agent de voyage, débitant de tabac, projectionniste, amuseur public, éducateur, assistant social, réalisateur télé, journaliste, instructeur, trésorier, président de club, assistant de commandement, organisateur de tournoi sportif, hôtelier, restaurateur, organisateur d’événement. (…/…) ».
Un camarade, dans l’assistance, a ajouté : l’homme-orchestre. C’est sans doute le terme qui qualifie le mieux la spécialité d’assistant de foyer et de directeur de foyer. Plaise à la marine que ce métier aussi atypique puisse continuer à s’exercer, que les cercles et foyers continuent d’exister et qu’ils constituent toujours un pilier autour duquel se renforce la cohésion de nos marins, civils et militaires.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°3-2010
Chers Amis,
Pour notre précédent rendez-vous, le LV Grégory Demoutiez, directeur du cercle, nous a accueilli avec sa gentillesse habituelle et nous avons regretté que ses occupations ne lui ai pas permis de se joindre à nous pour le déjeuner. Entre le fromage et le dessert, Bernard Porcon n’a pas hésité à surprendre nos amicalistes par ses tours de magie et nous rappeler ses talents d’illusionniste.
Pour les amateurs d’aéronautique, sachez que la marine va fêter le centenaire de l’aéronautique navale. Notre camarade Richard Bresson a remis la casquette de CF® et fait partie de l’équipe chargé de l’organisation de l’événement (voir le site de l’APCFM : information dans la rubrique petites annonces et comme billet du Blog avec lien vers le site défense. gouv).
En pièce jointe de cette lettre de liaison, vous trouverez le compte-rendu de l’assemblée générale de l’APCFM qui s’était tenue en décembre dernier.
Pour celles et ceux qui n’avaient pu être présent, vous pourrez ainsi prendre connaissance des points évoqués en cette occasion. Enfin, ci-joint le bulletin d’adhésion à l’amicale pour nos retardataires…
A l’issue du repas, nous étions quelques-uns à nous réunir à l’Oratoire, dans le local de la section bibliothèque-histoire des foyers.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°4-2010
Chers Amis,
Pour notre rendez-vous d’avril, au cercle des officiers-mariniers, l’amicale accueillait un invité de marque en la personne du capitaine de vaisseau Benoit Coppin, actuel président du conseil d’administration de l’EPA Cercle de la marine à Toulon.
Ce fut l’occasion de lui présenter plus en détail notre association « amicale du personnel des cercles et foyers de la marine » ainsi que la section « bibliothèque-histoire des foyers » attachée au club sportif et artistique de la marine ; deux entités juridiquement bien distinctes mais étroitement liées par leur attachement aux valeurs humaines et maritimes dispensées dans nos cercles et foyers, leurs rôles dans la préservation des données historiques de nos établissements et la valorisation de notre patrimoine auprès des plus jeunes et du public. Jean-Philippe et Raymond ont également présenté le site de l’amicale www.amicale-foyers-marine.org à notre invité mais aussi à nos adhérents de disposant pas d’internet. Tous ont souligné la richesse de ce site et l’importance du travail réalisé par nos camarades.
Ces échanges particulièrement conviviaux se sont longuement poursuivis au cours du déjeuner durant lequel nous avons pu apprécier le réel intérêt du CV Coppin pour l’implication et l’investissement des directeurs en activité dans l’accomplissement de leurs missions, malgré un contexte difficile, pour la conviction et l’ardeur des directeurs en retraite qui ont contribué à l’édification de la « maison foyer » et qui œuvrent en coulisses pour que sa flamme continue de briller.
PS : A l’invitation du président du CA, l’amicale interviendra à l’occasion de la prochaine réunion du conseil d’administration pour présenter ses actions.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°5-2010
Cher(e)s Ami(e)s,
En raison d’une météo plus qu’exécrable et plutôt inhabituelle en cette période de l’année, j’ai préféré appliquer le dicton « horizon pas net, marin, reste à la buvette » et reporter au 18 mai dernier notre rendez-vous au cercle naval de Saint-Tropez. Bien que peu nombreux, nous avons pu profiter d’un temps idéal qui aura permis aux plus courageux de réaliser une boucle en VTT sur la presqu’île, à d’autres de s’amariner sur la lagune de Port Grimaud, aux derniers de se présenter à l’heure de « l’apéro ». Et tous ont apprécié l’accueil et la restauration du cercle dont la réputation n’est plus à faire.
- Jeudi 10 juin en soirée au casino d’Hyères, la musique des équipages de la flotte de Toulon donnera un concert à l’occasion du centenaire de l’aéronautique navale. Prévenez-moi très rapidement pour que je puisse vous inscrire sur les listes d’accès et vous adresser les cartons d’invitation ;
- Dimanche 13 juin de 10h00 à 20h00 à la BAN d’Hyères, meeting du centenaire de l’aéronautique navale ;
- Jeudi 09 septembre, déjeuner et rencontre avec une délégation de l’amicale des anciens marins et de représentants de la municipalité d’Orthez, ville natale de Georges Elysée Granperrin, fondateur des foyers de la marine. J’aurais l’occasion de vous détailler le projet lors de notre prochain rendez-vous.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon
Lettre de liaison n°6-2010
Cher(e)s Ami(e)s,
Notre précédente et dernière rencontre avant l’été et les périodes estivales s’est déroulée au Fort Saint Louis le 21 juin dernier et fut particulièrement agréable et conviviale. Nous avions eu le plaisir de compter parmi nous Ueva Salmon qui, hasard du calendrier, était présent à Toulon pour le rendez-vous mensuel de l’amicale. Une très belle occasion d’évoquer la Polynésie - que nombre de PCDF, d’Asfoy et Dirfo ont su apprécier - où il réside depuis son départ des foyers…
Un nouveau membre à APCFM-section de Toulon, Alain Labbé ; témoin que le site de l’amicale permet de recréer le lien avec des camarades plus éloignés.
Dans le calendrier à venir de l’APCFM section de Toulon, j’avais évoqué la date du jeudi 09 septembre :
Une délégation de l’amicale des anciens marins et de représentants de la municipalité d’Orthez, ville natale de Georges Elysée Granperrin, fondateur des foyers de la marine, sera en effet présente à Toulon durant la semaine. Le LV Grégory Demoutiez, directeur du cercle du marin, et le nouveau commandant de la formation CSF, nous accueilleront en salon Méditerranée pour une rencontre amicale durant laquelle il remettra au président de l’association d’Orthez une tape de bouche des foyers. Soyons nombreux pour témoigner notre attachement à l’institution « cercles et foyers » et faire connaissance de la nouvelle équipe de CSF, fraîchement mutée à l’été.
Notre prochain rendez vous est fixé au (...).
Bien amicalement et à bientôt.
Signé : Bernard Hipault
Président de la section de Toulon

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L'Amicale : Archives 2008 - Lettres de liaison Amicale Toulon - par NEMO le 11/01/2010 @ 12:58 |

Lettre de liaison n°1-2008
Lettre de liaison n°2-2008
Lettre de liaison n°3-2008
Lettre de liai ...
Nota : Ces archives de la Lettre de liaison peuvent ne pas reproduire l'intégralité des textes et ne restituent pas les photos éventuellement contenues dans les documents d'origine adressés directement aux adhérents de l'Amicale.. Ces photos sont toutefois visibles à la rubrique "L'Amicale", sous-rubrique "Photos" de la boite "Médiathèque"
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Lettre de liaison n°1-2008
Chers Amis,
Selon l’usage établi au sein de notre Amicale, nous nous sommes retrouvés une nouvelle fois au Cercle du marin pour fêter l’année nouvelle.
En ce mardi 22 janvier 2008, beaucoup de monde était présent à midi en salle « Mistral » comme en témoigne la photo ci-contre.
Belle opportunité de rencontre entre « amicalistes » et personnel ASFOY et DIRFO de la région Méditerranée (non encore adhérents !) qui aura permis de distribuer à chacun la lettre de « mobilisation », co-signée par plusieurs d’entre nous, en vue de relancer l’Amicale au plan national.
Cette lettre sera adressée dans les autres ports et outre-mer à l’ensemble du personnel portant l’insigne des Foyers et aux anciens dont nous connaissons les adresses.
Au cours du très beau (et excellent) buffet préparé par le Cercle du marin, le jury du concours « photos pour rire » a décerné la « bulle d’or 2007 » à Pierre Vieuville, la « bulle d’argent » à Evelyne Valet, et la « bulle de bronze » à Nicole Risacher. Ensuite, le vote du public a permis d’attribuer « Le Phylactère » à Bernard Hipault. Encore bravo aux talentueux lauréats.
En 2008, le jury vous proposera une seule session par trimestre. La première photo soumise à votre créativité humoristique figure en annexe.
Autres talentueux adhérents qu’il convient de citer : Raymond Mourcel pour la réalisation du diaporama consacré aux réunions de l’Amicale en 2007, et Bernard Porcon pour son « magic show » en fin de repas. Merci à tous les deux pour ces surprises !
Sachez aussi que l’équipe dirigeante de la section de Toulon a été reconduite (à l’unanimité) dans ses fonctions pour un an. Jean-Philippe Noblet (Président) – Patrick Chenevard (Vice-Président) – Bernard Hipault (Secrétaire) – Nicolas Chamoulaud (Trésorier) vous remercient de votre confiance.
Vous trouverez au verso le calendrier prévisionnel des activités programmées cette année. Des dates restent à préciser, elles seront communiquées dès que possible. J’espère que les sorties prévues hors du cadre Marine vous séduiront.
Jean-Philippe Noblet
Président de l’amicale des foyers – Région sud

Lettre de liaison n°2-2008
Chers Amis,
Le Cercle Officiers Mariniers de Toulon constituait la seconde escale prévue dans la feuille de route de l’Amicale pour 2008.
L’escale de ce lundi 3 mars, préparée par le LV Jean-Vincent Ladislas, directeur délégué du Cercle, fut des plus agréable et conviviale.
Au café, chacun a pu (longuement) apprécier le confort du nouveau mobilier disposé sur la terrasse rénovée du Cercle avec en arrière plan le massif du Faron baigné de soleil.
Cette escale fut également l’occasion d’officialiser la création du site Internet de l’Amicale.
L’adresse est la suivante : www.amicale-foyers-marine.org
Précipitez-vous, si ce n’est déjà fait, à la découverte de ce site, qui répond à deux objectifs :
- Présenter et traiter de la vie de notre Amicale ;
- Faire connaître l'histoire des Foyers de la Marine nationale.
Comme annoncé au repas, je vous confirme la visite d’un sous-marin nucléaire d’attaque, le samedi 5 avril 2008, au profit des adhérents de l’amicale (à jour de leur cotisation), leur conjoint et enfant(s) de 10 ans minimum.
Vous voudrez bien noter par ailleurs que, compte tenu de cette visite, le déplacement au Cercle de l’ALAT au Luc, initialement prévu courant avril, est remis à plus tard.
Bien amicalement et à bientôt.
Jean-Philippe Noblet
Président de l’amicale des foyers – Région sud

Lettre de liaison n°3-2008
Cher Amis,
Cette fois-ci, une photo d’un format inhabituel pour la lettre de liaison afin de rapporter le rendez-vous tout aussi inhabituel qui nous a permis de monter à bord du sous-marin nucléaire d’attaque Casabianca, le 5 avril dernier.
Je crois pouvoir affirmer que tous ceux présents, qu’ils soient jeunes ou plus anciens, garderont longtemps en mémoire des images fortes de leur passage dans les entrailles de cette « machine de guerre ».
En parlant d’images, le jury du concours « photos pour rire » a le regret de vous faire savoir que faute d’une participation « significative » au premier trimestre, le concours est annulé pour 2008.
Dommage… Si vous avez une nouvelle idée d’animation participative, je suis preneur !
Sur un autre plan, votre soutien individuel faisant notre force collective, je vous engage à vous inscrire au site www.amicale-foyers-marine.org et à vous abonner à sa « newsletter » (c’est gratuit). Vous aurez ainsi accès à toutes les fonctionnalités du site et recevrez régulièrement des nouvelles concernant sa mise à jour.
Notre prochain rendez-vous est fixé au Cercle Naval de Toulon, le lundi 5 mai 2008, pour un repas à midi.
(...)
Bien amicalement et à bientôt.
Jean-Philippe Noblet
Président de l’amicale des foyers – Région sud

Lettre de liaison n°4-2008
Chers Amis,
Notre rendez-vous au Cercle Naval de Toulon, le lundi 5 mai 2008, a permis de réunir à table une vingtaine de convives comme en témoigne la photo ci-contre.
A cette occasion, ce fut un réel plaisir de rencontrer Robert et Jacqueline Pizay qui ont décidé de rallier nos rangs et d’apporter leur soutien au travail de mémoire sur l’histoire des Foyers (plusieurs textes de Robert Pizay figurent déjà sur le site www.amicale-foyers-marine.org.
Pour avoir permis ce sympathique rendez-vous, il convient, bien entendu, de remercier l’EV1 Lydie Castore, directrice déléguée du Cercle Naval.
Suite à l’invitation lancée au cours du repas au Cercle Naval, nous étions quelques-uns, le vendredi 16 mai, à l’espace Bazeilles du Club Sportif et Artistique Méditerranée (CSAM) pour inaugurer le local de la section « Histoire des Foyers ». Cette structure va considérablement faciliter le travail d’exploitation des documents historiques et en faciliter l’archivage. Actuellement forte de six membres, la section est ouverte à tous ceux ou celles que le travail sur les archives des Foyers intéresse… Avis aux amateurs et amatrices !
Notre prochain rendez-vous est fixé au Centre de détente du Cap Brun, le mardi 3 juin 2008, pour un repas à midi.
A cette occasion, j’aurais l’occasion de faire le point sur l’avancée des contacts avec la section de Lorient en vue de valider conjointement les statuts modifiés de notre Amicale. Des postes sont à pouvoir pour constituer le Comité de direction provisoire (4 places). Il serait logique que des « toulonnais » figurent dans cette instance nationale, n’hésitez donc pas à me faire connaître votre candidature.
Bien amicalement et à bientôt.
Jean-Philippe Noblet
Président de l’amicale des foyers – Région sud

Lettre de liaison n°5-2008
Chers Amis,
Convivialité, plaisir de se retrouver, d’échanger, et bien entendu d’apprécier les crêpes avec une bolée de cidre, notre rendez-vous au Cap Brun, le mardi 3 juin 2008, fut un moment fort sympathique passé dans un endroit qui ne manque pas de charme.
Pour avoir préparé à notre profit ce rendez-vous rituel à l’approche de l’été, il convient, bien entendu, de remercier le PM ASFOY Guillaume Depauw, responsable du Centre de détente.
Cette année, notre réunion comportait également un autre aspect, plus studieux, consacré à l’approbation de l’organisation future de notre Amicale et à son fonctionnement, tant national que local.
Vos votes, approuvant à la majorité absolue les nouveaux statuts de l’Amicale modifiant ceux de 1994, sont une réelle satisfaction pour moi qui porte ce projet depuis plus d’un an. Je tiens à remercier ceux, qui, notamment en 2007 à travers un groupe de travail ad-hoc, m’ont apporté leur temps et leur réflexion.
Le délai pris pour rédiger cette lettre de liaison me permet de vous faire connaître que nos camarades de Lorient ont également approuvé (à l’unanimité) les nouveaux statuts. Pierre Vieuville et moi-même allons donc rallier le Conseil d’administration de l’Amicale.
Comme je l’ai expliqué au Cap Brun, ne pouvant cumuler présidence « nationale » et présidence « locale », j’ai eu l’honneur et le plaisir de vous proposer de coopter le LV Bernard Hipault comme nouveau Président de la Section locale de Toulon. Elu à l’unanimité, vous ne pouviez faire meilleur choix. Merci Bernard d’avoir accepté cette suite. C’est aussi un beau symbole pour l’Amicale…
En vous souhaitant de passer un très agréable été.
Jean-Philippe Noblet
Président de l’amicale des foyers – Région sud

Lettre de laison n°6-2008
Chers Amis,
Les 24 juin et 17 juillet dernier ont été l’occasion de réunir les personnels militaires et civils de Toulon CSF, ainsi que les amis et amicalistes, d’une part pour mon pot de départ de la formation cercles, sport et foyers, et d’autre part pour assister à la cérémonie de prise de commandement de mon successeur, le capitaine de frégate François Monteil.
Deux moments forts qu’il m’a été très agréable de partager avec mon équipe des cercles de la marine et ceux d’entre vous, amis de l’amicale, qui avez pu être présents physiquement.
Dans quelques jours, après quelques semaines très appréciées de vacances familiales, je rejoindrai CECMED dans de nouvelles fonctions de chef du bureau Conditions du personnel de la marine. Et si je m’éloigne un peu de notre « maison », je n’en oublie pas les hôtes des lieux que vous êtes.
Notre prochain rendez-vous est fixé au lundi 08 septembre. Le fort Saint Louis, annexe du cercle naval, nous accueillera à quelques jours de la fin de saison pour un déjeuner en terrasse.
(...)
Bernard Hipault
Président de l’amicale des cercles et foyers
Section de Toulon

Lettre de liaison n°7-2008
Chers Amis,
Le 08 septembre dernier, nous nous sommes retrouvés sur la terrasse du Fort Saint Louis, résidence d’été des habitués du cercle naval de Toulon que certains de nos camarades ont eu le plaisir de découvrir.
Nous avons été chaleureusement accueillie par le premier-maître Christelle Arcelin, nouvelle directrice adjointe du cercle naval en compagnie de son prédécesseur, le maître principal Rodolphe Ancian, la directrice déléguée, Lydie Castore, étant temporairement absente en raison d’une maternité dont l’échéance est désormais très proche.
Vous remarquerez à l’horizon la ligne élégante du superbe navire école « Amerigo Vespucci » qui nous a fait l’honneur de mouiller au large du fort le temps de notre repas.
Notre prochain rendez-vous est fixé au lundi 06 octobre au cercle du marin de Toulon.
(...)
Bien amicalement et à bientôt.
Bernard Hipault
Président de l’amicale des cercles et foyers
Section de Toulon

Lettre de liaison n°8-2008
Chers Amis,
Notre dernier rendez-vous au cercle du marin, s’il fut comme à l’accoutumée très cordial et animé, aura été marqué par l’absence de notre photographe attitré (Raymond) et de son suppléant (Richard) qui auront succombé à la même date, pour le premier aux charmes du Tyrol et, pour le second à l’exotisme de la Chine.
Je ne peux donc joindre à la lettre de liaison la preuve de notre plaisir à se retrouver entre amicalistes et amis mais nous y étions nombreux et joyeux.
Nous pourrons cependant reprendre la pose lors de notre prochain rendez-vous, fixé au mercredi 12 novembre 11h15 au cercle des officiers-mariniers.
Avant le traditionnel apéro/déjeuner, nous nous retrouverons en assemblée générale dans l’une des salles que Jean-Vincent Ladislas, directeur du cercle, mettra à notre disposition. Vous recevrez par envoi ou mail le dossier préparatoire à cette assemblée pour laquelle je nous espère nombreux.
(...)
Bernard Hipault
Président de l’amicale des cercles et foyers
Section de Toulon

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